25/10/2013

Le CEIA (Lognes) 2013: autour de l'accompagnement pastoral

AFFEV6032-521DDA2A55588.jpgCréé en 1948 sous l'impulsion des pasteurs Jacques Blocher et Jules-Marcel Nicole, le CEIA, Centre Evangélique d'Information et d'Action, est devenu le principal "hub" protestant évangélique en France. Réuni chaque année à Lognes (77), il rassemble la plupart des églises, oeuvres, éditeurs, réseaux évangéliques et permet, en trois jours, d'avoir un aperçu complet de la mosaïque évangélique.

Cette année, le CEIA déploirera ses 180 stands et ses animations des 17 au 19 novembre 2013, autour du thème "L'accompagnement pastoral, un défi pour aujourd'hui".

Lien ici.

Commentaires

bjr,

Sans connaître encore le contenu de cette thématique fort actuelle, et même criante d'actualité, j'aimerais en souligner l'urgence sur 3 points, parmi quantité d'autres:
externalisation de la relation d'aide; appauvrissement des outils d'analyse des faits culturels; rigidité et étiolement des traitements des ruptures personnelles.
1)L'aide aux personnes en souffrances, au prétexte que, bien évidemment, le circuit externe, "en ville", où chacun irait à son "rendez-vous", serait inadéquat, est de plus en plus véritablement captée et organisée comme public captif par nombre d'officines bien intentionnées, pas toujours incompétentes, mais soucieuses de maintenir le public "chrétien" dans son champ, dans lequel on observe du coup de véritables schèmes de professionnalisation, y compris de "pasteurs" reconvertis en VRP-thérapeutes. J'invite le lecteur éventuel à essayer de se documenter sur ces dérives; on lui répondra que ces "polémiques" ne sont pas "spirituelles". Mais décaler indéfiniment la décision de travailler sur soi sans complaisance, aux yeux de ces officines, ce n'est que sollicitude, "aide" et donc doit échapper à toute critique. Il faut bien que vivent stages et sessions, dès lors que qualifiées d'"évangéliques".
2)Dans le même temps les aspects sociologiques de la diversité culturelle des chrétiens – pour moi une véritable bénédiction – sont essentiellement traités sur le mode de l'euphorie et de l'enchantement, sans recul aucun, comme s'il suffisait de "valoriser" et d'accueillir" absolument tout, au prétexte que c'est "culturel". L'erreur majeure est ici celle de la réification, de l'essentialisation de personnes et de groupes, là où nous sommes tous pluriels, métissés, composites et que nos "pratiques culturelles" ne peuvent être confondues avec une "appartenance" culturelle, qui relève d'une tout autre problématique.
3)Que dire par ailleurs de l'incurie des accompagnements pour les couples en rupture, souvent en partie victimes d'une hyperspiritualisation-écran cachant et encourageant des méprises profondes sur soi?
Je ne pense pas que la "relation d'aide" in extremis, pour utile qu'elle puisse être dans certains cas (pou moi limités) soit suffisante, voire adéquate. C'est dans une véritable ascèse sans complaisance, guidée par des pasteurs soucieux de faire prévaloir le message de grâce sur le souci de conformité et d'idéalisation, qui serait utile. la psychologie n'y serait pas ignorée ou niée, mais dépassée dans ses catégorisations [ et je parle là comme partisan de la psychanalyse, discipline devenue trop dévoyée, rendue prothétique à vie, aujourd'hui, ce qui n'est pas sa vocation épistémologique ]
Bref, il faudrait sur tout celà un colloque assez long, mais il me paraît clair que le pastorat se trouve aujourd'hui affaibli, voire vidé de sa substance par externalisation de trop de ses composantes. En réaction, on assiste alors à des surgissements de "gourous", qui prétendent cumuler toutes les compétences dans leurs charismes bien orchestrés.
Le problème gît dans la formation: le dédain posé sur les sciences humaines [ alors même que bien les connaître permet aussi de les contrôler] et dans la véritable "naturalisation" des publics chrétiens en "marchés" qui ne disent pas leurs mots.
Par exemple, que lit un chrétien? Commence-t-l par s'assurer du "bon" éditeur, autorisé? Ou bien cherche-til à mettre sa foi à l'épreuve de l'expression commune, sachant qu'elle ne risque que de s'affiner de cette confrontation et qu'il ne l'édulcore pas en pensant tout résolu dès lors que le label "chrétien" est posé, sur un livre, une revue, une session, un personnage, sur soi.
Redéfinir la "cure d'âme", loin d'être un recul, serait aujourd'hui une urgence et un bienfait sur tous les plans. Car l'épaisseur anthropologique qu'interpelle la Bible, qui est sa "pâte" même, va bien plus loin et profond que le traitement catégorisant des "officines" chrétiennes en quête de publics.
Fraternellement,
gef

Écrit par : gef | 25/10/2013

Bonjour Gef.

C'est très intéressant votre commentaire.

Pour l'instant, je dirai juste ceci :
"Quelle formation, sur quelles bases culturelles, que celle des "chrétiens", pasteurs ou non, assimilés à aussi (avec tous les dangers possibles - les conséquences et les dégâts ensuite)" ?

Il me semble que de sérieuses réflexions devraient menées à ce niveau...

Bon courage dans les activités que vous semblez avoir.

Écrit par : LeeberT | 27/10/2013

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