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29/12/2006

Sectes et enfance: regard sur le rapport parlementaire

medium_images.30.jpgLes fêtes de Noël et Nouvel An ne sont-elle pas sous le signe de l’enfant? Ce contexte me semble bien choisi pour quelques commentaires sur le dernier rapport parlementaire intitulé «L’enfance volée. Les mineurs victimes des sectes» (remis à l’Assemblée Nationale le 12 décembre 2006), que j’ai lu de près. Présidé par le député Georges Fenech (photo ci-contre), ce travail de 213 pages tire profit de 65 auditions, conduites par 30 parlementaires, dans le cadre d’une commission qui a commencé son travail le 28 juin 2006. Je me bornerai à trois remarques.


Première remarque, un rapport utile.


Beaucoup d’acteurs hostiles à la politique anti-secte de la France répètent, parfois avec virulence (certains commentaires postés sur ce blog en témoignent) qu’un tel rapport est inutile, et qu’on perd beaucoup trop d’énergie et d’argent à des affaires qui restent circonscrites. Je ne suis pas d’accord.

Pour les milliers d’enfants concernés par une éducation «sectaire», qui dira qu’une sensibilisation du public est «inutile»? J’approuve ce constat liminaire du rapport: "Leur vulnérabilité physique, leur perméabilité psychologique et intellectuelle à des discours simplistes, leur dépendance matérielle désignent en effet les enfants comme des proies faciles pour des mouvements que l'on a coutume de qualifier de sectaires". (p.9)

 

Autant on ne peut pas prendre pour argent comptant tout ce que racontent les ex-adeptes (qui ont, par définition, des comptes à régler), autant on ne peut pas non plus tenir leurs propos pour quantité négligeable. Les souffrances induites par une éducation sectaire ne sont pas un mythe, et dans une logique républicaine, il est normal que les enfants, proies vulnérables, puissent autant que possible être prémunis contre le formatage sectaire si celui-ci revient à couper l’enfant du monde extérieur.

Que la République française se soucie des plus faibles est une excellente chose. De ce point de vue, ce rapport copieux est utile, d’autant qu’il est fouillé, assez méticuleux et manifestement respectueux du souci d’équilibre éducatif dont l’enfant doit bénéficier dans un contexte laïque. Parmi ses accents, son appel à une meilleure formation de l’Administration en matière religieuse et sectaire me paraît particulièrement bienvenu, mais d’autres observations ou propositions méritent aussi notre intérêt, car elles renforcent ce miel dont les Français sont fiers : la laïcité.

 

Ce rapport constitue et constituera un outil et un jalon appréciable pour toute réflexion ultérieure sur le sujet, et on peut s’en réjouir, dans l’intérêt des enfants de France.

medium_d_21.jpg

 

Seconde remarque, un rapport incomplet.


Ce qui m’a frappé aussi à la lecture du rapport, c’est son caractère incomplet. On a manifestement choisi de «taper» sur quelques cibles prioritaires (cf. dessin ci-dessus), à commencer par les Témoins de Jéhovah, en négligeant de nombreux autres groupes qui mériteraient pourtant aussi un coup d’œil critique. Les protestants, sur lesquels je travaille, ne sont pas totalement prémunis contre les dérives sectaires, y compris dans la manière dont on socialise les enfants. Ils apparaissent très peu dans le rapport, hormis une mention des Frères de Plymouth n°4.

On peut faire exactement la même remarque pour les catholiques intégristes, dont certaines modalités d’encadrement des enfants peuvent aussi poser question. Idem en ce qui concerne les juifs ultra-orthodoxes et certains cercles islamistes (combien de collégiens font-ils Ramadan sous la pression de leur famille? Une petite minorité qu’il serait intéressant d’évaluer).

 

Enfin, rappelons que la définition retenue de la secte, dans la loi du 12 juin 2001 (loi About-Picard) est celle-ci: toute personne morale «qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités» (def. Citée page 100 du rapport). Une telle définition inviterait aussi à aller voir du côté de groupes sociaux non-religieux, mais ultra-militants, susceptibles d’un certain formatage des enfants (extrêmes politiques à gauche et à droite par exemple)... Le rapport s’en garde bien.

Moralité: on est revenu à une « essentialisation » de quelques groupes sectaires (on se focalise sur « les sectes », particulièrement les Jéhovistes, que l’on fige dans une étiquette) au détriment d’une approche plus nuancée et plus large, celle des «dérives sectaires». Cette approche donne des résultats très incomplets, qui ont tendance à exagérer la menace, d’un côté (en figeant certains groupes comme des «sectes» incapables d’évoluer, ce qui est contraire à la réalité sociologique et historique), et à minimiser la menace, de l’autre (en écartant artificiellement du champ d’investigation des terrains qui mériteraient pourtant le regard critique des élus de la République).

 

Troisième remarque, un rapport déséquilibré.


Dans la suite de mon observation précédente, je trouve que ce document est singulièrement déséquilibré, à la fois dans sa méthode, ses conclusions et ses propositions.
D’abord, la méthode. Il est très étonnant d’observer que sur les 65 auditions, aucun sociologue ou historien professionnel des religions n’a été interrogé ! Un seul sociologue, Bertrand Sachs, émarge dans la liste des auditions, c’est presqu’incroyable. La commission évoque une «absence d'analyses sur le phénomène sectaire (...) évidente sur le plan sociologique" (p.128). On croit rêver, tant les ouvrages ou études sociologiques abondent sur la question. Y aurait-il un défaut d’ouverture au monde des députés de la commission ? Ignorer que la République paye des dizaines d’historiens, sociologues, anthropologues du religieux, ressemble, toutes proportions gardées, à ces enfants «sectaires» qui ignorent l’existence de Zidane…

Quand Martine David observe que «L'Etat ne se donne pas suffisamment les moyens pour vérifier au moins le bien-fondé de nos réflexions" (p.24), elle devrait se corriger, et dire: «L’Etat n’utilise pas ses propres moyens (chercheurs payés par la République) pour vérifier le bien-fondé des réflexions engagées».

Il serait temps d’arrêter d’utiliser ponctuellement tel ou tel comme faire-valoir ou caution, et de réviser le fond même de la démarche en intégrant à parité dans les structures mises en place ces quatre piliers d’une approche laïque, à savoir les pouvoirs publics, les anti-sectes, les acteurs religieux et les spécialistes universitaires du religieux. On en est loin, et c’est dommage.

 

Autre défaut de méthode: le «principe du contradictoire», dont la commission se réclame en page 11, n’a pas été bien respecté. On a certes fait parvenir un questionnaire aux organisations dites sectaires. Mais on a oublié ou négligé de les auditionner…. Donnant la part du lion, dans les auditions, aux anti-sectes. Or, si ces derniers sont intéressants et utiles, ils ne sont pas Parole d’Evangile, et la moindre des choses, quand on enquête, est d’interroger tout le monde. Inspecteur Colombo, au secours ! Je serai plus rapide sur le déséquilibre des conclusions, en soulignant simplement qu’il y a dans ce texte un déficit de nuances et tout simplement d’humanité. On semble oublier que les «sectaires» dénoncés (souvent à juste titre) peuvent être aussi des gens bien, à côté de la plaque certes sur divers plans, mais qui ne se réduisent pas à des sortes de robots formatés…. Et qu’ils n’ont pas forcément «tout faux sur toute la ligne».

 

Prenons l’exemple des Témoins de Jéhovah. Empêcher les enfants de fêter Noël ou des anniversaires est certes un peu triste, et le refus des transfusions sanguines peut certes être dangereux; poussée trop loin, la catéchèse familiale peut effectivement s’approcher de l’endoctrinement, ce qui peut légitimement susciter des réserves de fond.

Mais cela n’empêche pas que par ailleurs, le contexte familial TJ peut aussi comporter des aspects positifs, que l’on ne trouverait pas toujours partout ailleurs: accent sur des repères moraux, sur une famille stable et aimante, critique du consumérisme, protection contre les addictions d’alcool ou de drogue, etc. etc. Même la vingtaine heures par semaine consacrée à une activité religieuse, comprise comme inquiétante par la commission, pourrait être envisagée avec plus d’équilibre. Les millions d’enfants qui passent entre 20 et 40 heures par semaine devant la télévision sont-ils forcément indemnes, eux, de tout formatage?

D’une façon générale, le rapport cède à une approche un peu «sectaire» ou unilatérale de la question, ce qui ne laisse pas de surprendre pour un document supposé plutôt lutter contre le sectarisme.

 

Enfin, les 50 propositions présentées en fin de rapport ne respirent pas non plus l’équilibre. Vouloir «donner à la MIVILUDES des pouvoirs plus importants» (p.117) penche dans un sens répressif confirmé par de nombreuses suggestions: répression prime manifestement sur prévention. Georges Fenech, apôtre connu de la "tolérance zéro", a bien laissé sa marque.

On semble préférer créer ou renforcer un «machin» répressif de plus au lieu de mener une prévention intelligente (par exemple, en encourageant la création de structures d’interface, au niveau cantonal, entre tous les acteurs religieux et les pouvoirs publics). Soyons juste: le rapport propose aussi bien des éléments de prévention et de formation, dont j’approuve le principe (resterait à voir les modalités: historiens et sociologues oubliés, ou pas ?). Mais la tonalité dominante est la répression, au risque de certaines propositions presque liberticides (pour le détail, lisez le rapport en PDF).

En définitive, ce rapport utile, incomplet et déséquilibré confirme ce point: "La France est incontestablement un pays où les pouvoirs publics et de nombreux élus se sont montrés très attentifs aux dérives sectaires et à leurs effets" (p.97).

 

En une vingtaine d’années, la République française a multiplié les démarches et les investigations, dont ce rapport est le dernier fruit en date. On a le sentiment qu’on arrive maintenant au bout d’une logique. La sensibilisation (parfois dramatisée) a été faite. Pour éviter le radotage, l’approximation et parfois le ridicule, il est grand temps maintenant de "changer de braquet": le déséquilibre préoccupant de l’enquête proposée par ce rapport indique que le travail de fond à venir ne doit pas se borner à la répression ou l’étiquetage des déviants et sectaires. En rester là revient à entériner la logique démagogique du «bouc émissaire».

 

Sans négliger protection et prévention, le travail de fond doit prendre à bras le corps le renforcement qualitatif des prestations proposées par notre République (des élus qui travaillent mieux –notamment dans la conduite de leurs commissions d’enquête!-, un lien social dynamisé, une société civile encouragée, une laïcité consolidée contre les cléricalismes d’où qu’ils viennent, etc.), à l’écoute d’un mal de vivre citoyen qui erre entre antidépresseurs, paradis artificiels et vote Le Pen.

Commentaires

Bravo. Ton texte complète bien celui de Monsieur Baubérot ( voir son blog).

Écrit par : F.P | 30/12/2006

Merci cher Sébastien Fath. Depuis quelques années nous avons (en vous) un excellent chercheur qui essaie d'analyser objectivement les choses en matière de religion, et particulièrement dans le protestantisme évangélique.

Il est vrai que celui-ci n'est pas non plus exempt de toute dérive, je parle en connaissance de cause.

En tout cas, avec vous nous avons un bon défenseur des libertés, religieuses ou laïques. J'ai assisté à plusieurs de vos conférences et je les ai beaucoup appréciées.

Vous souhaitant une bonne année 2007, j'espère que vous pourrez continuer vos activités encore pendant de nombreuses années.

Cordialement,
Patrick

Écrit par : BAUER Patrick | 30/12/2006

Félicitation pour votre très bonne analyse....

Écrit par : Jeanlaquille | 03/01/2007

En cette période électorale, les discours ou écrits, au sujet de la laïcité, des prétendant(e)s à la Présidence de la république sont parfois éloquents http://poly-tics.over-blog.com/

Écrit par : jps | 13/01/2007

2 questions plus ou moins en rapport avec ce sujet. Je serais très heureux d'avoir votre avis. Merci si vous voulez bien prendre de le temps d'y répondre.
- Ce rapport parle-t-il des ADD ?
- Et vous, pensez vous qu'il s'agit d'une secte ?
2 remarques:
Ce qui vient de se passer à Perpignan incite à le penser.
J'ai moi même eu quelques déboires avec cette mouvance pentecôtiste/Plein-évangile. J'en ai déjà fait état sur le site suivant:
http://www.vigi-sectes.org/forum/viewtopic.php?p=437&sid=0c97c48230af2f9231ca0e6d065929a2

Écrit par : nicolas | 15/01/2007

J'ai été élevé, dans une famille de témoins de Jéhovah,et je suis parti parce que je pensais faire ma vie....Ma famille m'a laisser faire comme quoi sont pas si "posséssifs"!!!!
Consequences:3 cours d'assises pour vols à main armées
2fois 5ans de condanation;le president Mr Cornelou siegeant à la cour d'assises de Paris m'a demandé si j'étais témoins de Jéhovah,de luic répondre si j'avais été témoins de Jéhovah je ne serai pas dans un boxe de cour d'assises.Un an apres ma sortie je me suis mis a étudier la bible av les Tj,conséquences:j'ai quitter le milieu du grd banditisme,je ne suis plus jamais "retombé"
Votre analyse est bonne,les témoins de Jéhovah,étudient la bible la mettent en pratique dans leur vie,rien de méchant,en tout cas pas plus que les guerres,la misère générée par le monde,la criminalité,la violkence et j'en passe.C'est Gandhi qui a dit que si les gouvernements appliquait le sermont sur la montagne consigné ds les évangiles on aurait réglé les problèmes du monde!!!
Cordialement

Écrit par : roehm | 31/03/2007

Les commentaires de Roehm sont interessants car ils correspondent tout à fait à la "parabole du fils prodigue". Or, ce n'est pas fortuit. Dans un article à paraître sur le site www.viaveritas.fr, l'auteur Fantasio explique (je le cite par avance car il n'est pas publié encore):

"Pourquoi certains d’entre ces jeunes sont-ils tombés dans les plaisirs faciles (en apparence) de la drogue ?

Ces jeunes, souvent, n’avaient pas le choix : pour faire voler en éclat le poids de l’interdit , il FALLAIT enfreindre un maximum de règles !

Le pire étant sans doute que beaucoup de ceux qui le faisaient AVAIENT ENCORE LA FOI JEHOVISTE ! [2] Ils étaient convaincus que Dieu les punirait à Har-Maguédôn pour tout ce qu’ils faisaient (même pour de menus écarts de conduite : il est question ici de comportement admis « dans le Monde », et interdit uniquement chez les TJ, notamment au niveau des relations amoureuses).
Ils cherchaient désespérément à se libérer et n’avaient aucun outil valable pour y arriver."

Dans tous les cas Roehm nous démontre que l'utilité de l'enseignement jéhoviste n'est valable que s'il reste Témoins de Jéhovah, quand l'enfant élevé chez les TJ quittent le mouvement, il rejette tout l'enseignement TJ même le bon, comme si l'honnêteté ne pouvait dans son optique que s'accomplir dans sa religion, à moins que tout simplement il accomplisse inconsciemment encore la parabole du "fils prodigue" et c'est le sens du message hautement théologique de Roehm.

Bye

Charles


Nombre d’entre eux sont retournés dans les rangs de la Watchtower, accueillis comme les fils prodigues qu’ils étaient.

Écrit par : Charles Chasson | 03/04/2007

Si l'Église tape le plus souvent sur les Témoins de Jéhovah c'est peut être parce qu'ils disent la vérité.

À se que je sache, Jésus et son petit groupe se sont fait aussi tapés dessus par une Église dominante de l'époque pas du tout contante de perdre des adeptes aux profits d'une nouvelle religion.

Cette inquisition n'a pas de sens à moins que l'Église cherche toutes les raisons possibles d'éliminer ses compétiteurs. Et dans ce domaine, elle est plutôt experte!

Avec tous ses membres de l'Opus Dei au sein des gouvernements passés et présent, faut-il s'étonner? La justice la plus élémentaire voeux que 'NUL NE PEUT ÊTRE À LA FOI JUGE ET PARTI'

Alors que nos grandes religions s'entre tuent et font des milliers de victimes chaque année, la France a déjà oubliée la responsabilité de l'Église catholique lors du génocide rwandais. Elle préfère faire du zèle dans son rôle de grand inquisiteur...

J'ai lu un jour que les catholiques étaient les 'chrétiens' les plus criminalisés. L'Italie n'est-elle pas le lieu de naissance du facisme et de la mafia? Faudrait peut être se regarder avec de comdanner les autres! 20 heures à l'étude des Écritures saintes éloigneront plus facilement nos jeunes des prisons que 40 h. devant la télé.

Écrit par : DéDé | 29/05/2007

Réponse à Dédé
Comme vous y allez! J'ignore si vous êtes jéhoviste, mais si tel est le cas, permettez-moi de vous dire que ce n'est pas le déplorable anti-catholicisme primaire que vous exprimez ici qui vous dédouanera un jour du soupçon sectaire. J'ajoute pour votre gouverne que l'Eglise catholique, en France, ne "tape" aucunement sur les témoins de Jéhovah. Le rapport dont il est question ici n'a rien de catholique, c'est un rapport parlementaire.
D'autre part, si certains prêtres et fidèles sont ouvertement hostiles aux jéhovistes (lesquels le leur rendent bien, à en juger en tout cas par votre diatribe), ce n'est pas le cas de la hiérarchie catholique, qui défend une position très pondérée sur la question des dérives sectaires.

Écrit par : SF | 29/05/2007

Pour faire suite au commentaire de Charles je me permets de répondre sur quelques points à élaicirs.
Pour ce qui est de l'enseignement il reste valable même lorsqu'un tj décide de quitter le mouvement ou organisation ou congrégation comme il vous semblera bon de le nomer.Pourquoi affirmer cela? je n'évoquerai qu'un point parmi tant d'autres (car la liste serait longue): tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous de même vous aussi,vous devez le faire pour eux.Imaginez ce que serait le monde si chaque individus appliquait cela, tj ou pas, et croyez moi même une fois qu'on est plus tj c'est une ligne de conduite que l'on sait être valable.Le fait d'avoir quitter pendant des années cette religion ne pas fait oublié le bon qu'il y avait en matière de normes morales et spirituelles .Et je ne crois pas que le bon ne s'accomplisse
Que lorsqu'on est Tj ; il y a dans ce monde des gens qui ne sont pas témoins de Jéhovah et qui ont une qualité de coeur, une bonté rare.Pour ce qui est du fils prodigue comme vous le souligner c'est effectivement une parabole, mais qu'elle est le but de cette parabole? Pas tellement ce qu'elle révèle quand à l'inconscient chez l'individu, mais plutôt les sentiment d'un père envers son fils:ON A dit à juste titre que c’est la plus belle nouvelle jamais écrite : la parabole de Jésus sur l’amour d’un père pour son fils perdu est comme une fenêtre ouverte qui nous permet de voir la compassion de Dieu à l’égard des pécheurs repentants.
Un homme a deux fils. Le plus jeune lui dit : ‘ Je veux mon héritage maintenant, et non quand tu seras mort. ’ Le père accède à sa requête, lui donnant sans doute le tiers de tout ce qu’il possède, ce qui correspond à la part légale du plus jeune des deux fils (Deutéronome 21:17). Le jeune homme s’empresse de rassembler ses biens et part pour un pays lointain, où il dépense tout son argent en menant une vie de débauche. — Luc 15:11-13.

C’est alors que survient une dure famine. En désespoir de cause, il accepte de garder des porcs, activité méprisable pour un Juif (Lévitique 11:7, 8). La nourriture est si rare qu’il se met à désirer les gousses du caroubier que mangent les porcs ! Finalement, le jeune homme revient à la raison. ‘ Les serviteurs de mon père sont mieux nourris que moi ! pense-t-il. Je vais retourner à la maison, confesser mes péchés et demander à être l’un des salariés de mon père. ’ — Luc 15:14-19.

Il rentre péniblement chez lui. Son apparence a sans aucun doute considérablement changé ; pourtant, son père le reconnaît ‘ tandis qu’il est encore à une bonne distance ’. Pris de pitié, il court vers son fils, le serre dans ses bras et ‘ l’embrasse tendrement ’. — Luc 15:20.

Cet accueil chaleureux permet au jeune homme de s’épancher plus facilement. “ Père, dit-il, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Fais de moi comme l’un de tes salariés. ” Le père fait venir ses esclaves. “ Vite, ordonne-t-il, apportez une longue robe, la meilleure, et revêtez-l’en, et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds. Et amenez le jeune taureau engraissé, tuez-le, mangeons et donnons-nous du bon temps, parce que mon fils que voilà était mort et il a repris vie ; il était perdu et il est retrouvé. ” — Luc 15:21-24.

On organise une belle fête avec musique et danses. Alors qu’il revient des champs, le fils aîné entend le bruit des réjouissances. Quand il apprend que le retour de son frère est la raison de ces festivités, il se met en colère. ‘ Je travaille pour toi comme un esclave depuis de nombreuses années et je ne t’ai jamais désobéi ; pourtant, tu ne m’as jamais donné un chevreau pour m’offrir du bon temps avec mes amis, se plaint-il à son père. Mais dès qu’est revenu ton fils qui a gaspillé ta fortune, tu organises une fête pour lui. ’ ‘ Mon enfant, répond tendrement son père, tu as toujours été avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien se réjouir, parce que ton frère était mort et il a pris vie. Il était perdu et il est retrouvé. ’ — Luc 15:25-32.


Le père de la parabole de Jésus représente notre Dieu miséricordieux, Jéhovah. Comme le fils perdu, certains quittent pour un moment la sécurité de la maisonnée de Dieu pour revenir plus tard. Comment Jéhovah les considère-t-il ? Ceux qui reviennent à lui en se repentant sincèrement peuvent être assurés qu’“ il ne fera pas des reproches pour toujours, et [qu’]il ne gardera pas de ressentiment pour des temps indéfinis ”. (Psaume 103:9.) Dans la parabole, le père a couru pour accueillir son fils. De même, Jéhovah n’est pas seulement disposé à pardonner aux pécheurs repentants ; il le désire ardemment. Il est “ prêt à pardonner ”, et il le fait “ largement ”. — Psaume 86:5 ; Isaïe 55:7 ; Zekaria 1:3.

Dans la parabole de Jésus, l’amour sincère du père a permis au fils de s’armer plus facilement de courage pour revenir. Mais réfléchissez : que serait-il arrivé si le père avait renié son fils ou si, dans un accès de colère, il lui avait dit qu’il ne voulait plus le voir ? Une telle attitude aurait certainement éloigné pour toujours le jeune garçon. — Voir 2 Corinthiens 2:6, 7.
Le père a également fait preuve de compassion lorsque son fils est revenu. Il n’a pas mis longtemps à discerner la repentance sincère du jeune garçon. Puis, au lieu d’exiger qu’il lui raconte ses péchés en détail, il s’est occupé à lui souhaiter la bienvenue, et ce avec effusion. Les chrétiens peuvent suivre son exemple : ils devraient se réjouir que celui qui était perdu soit retrouvé. — Luc 15:10.

La conduite du père indique sans conteste qu’il attendait depuis longtemps le retour de son fils dévoyé. Bien entendu, cela ne donne qu’une idée de ce que Jéhovah souhaite ardemment pour tous ceux qui ont quitté sa maisonnée .
On a souvent dépeint Dieu comme un etre cruel tourmentant les hommes dans un enfer de feu cette parabole lui accorde la place qui lui revient,et l'inconscient la dedans...
J'ai cependant apprecier votre commentaire a bientot recevez mes tres respectueuses salutations

Écrit par : roehm | 04/07/2007

ça c'est intéressant!!!!
Par Emmanuel Lemieux
Pataquès politico-religieux à l’Assemblée nationale le 17 octobre dernier. Il n’en finit pas de vider son venin. Faut-il empaler, crucifier, échauder ou bannir Didier Leschi, chef du Bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur, qui a ulcéré le député UMP du Rhône, Georges Fenech, et ses collègues de droite comme de gauche ? La réaction a été particulièrement violente de la part des parlementaires réunis au sein de la commission sur les sectes et les mineurs, lorsqu’ils ont entendu l’exposé du responsable des religions de la Place Beauvau. « Je ne comprends toujours pas leur réaction », commente sobrement Didier Leschi, héritier lointain de Georges Courteline, qui occupa ce poste. No comment également de la part de Nicolas Sarkozy, peu pressé de défendre son responsable des cultes, à moins qu’il ne fasse le dos rond.

Secte ou religion : le droit français a tranché
Pour les élus, pas d’état d’âme, les Témoins de Jéhovah sont une secte. Colère de Georges Fenech, qui préside cette commission à l’encontre du chef du Bureau des cultes : « Dans ce que vous dites, j’entends une reconnaissance officielle des Témoins de Jéhovah. Vous êtes en train de nous dire que cette organisation est devenue la cinquième religion de France ! »

Or, pour le droit français, rappelle Didier Leschi, c’est en effet une religion… depuis 1993. « En l’état actuel de la jurisprudence du Conseil d’Etat, les Témoins de Jéhovah ont le droit de bénéficier du statut d’association cultuelle en France, comme ils bénéficient d’ailleurs de ce statut dans l’Europe entière depuis des années », répète-t-il au Nouvel Economiste. Ce que les parlementaires feignent de découvrir, c’est que le statut, défini par la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, donne droit à un certain nombre d’avantages fiscaux. Les préfectures ont toujours freiné des quatre fers, tandis que les tribunaux administratifs ont systématiquement donné raison aux Témoins de Jéhovah qui revendiquent 113 000 adeptes et 1 491 congrégations en France. Ainsi, depuis 1993, les Témoins de Jéhovah se sont vu exonérer de toute taxe fiscale. Pour être une religion officielle, une association cultuelle doit réunir deux conditions : exercer exclusivement un culte, ne pas porter atteinte à l’ordre public. Partant de là, deux arrêts du 23 juin 2000 rendus par le Conseil d’Etat ont reconnu une nouvelle fois le statut cultuel de deux associations locales des Témoins de Jéhovah à Clamecy (Nièvre) et à Riom (Puy-de-Dôme) qui en avaient fait la demande. Elles ont pu ainsi bénéficier de l’exonération de la taxe foncière pour leurs lieux de culte. Et cette banalisation de l’exercice cultuel se poursuit pour ces religieux : depuis 2005, 700 ministres du culte des Témoins peuvent profiter de la couverture sociale proposée par la Cavimac (Caisse d’assurance-vieillesse, invalidité, et maladie des cultes) au même titre que les prêtres catholiques.

La notion de troubles à l’ordre public
La loi sur l’objection de conscience en France a fait tomber un interdit majeur des Témoins de Jéhovah. Mais demeure leur fameux refus de toute transfusion sanguine ! Ne contrevient-t-il pas à leur obligation du respect de l’ordre public ? L’attaque ne tient plus : le Bureau des cultes rappelle l’arrêt du 16 août 2002 du Conseil d’Etat, estimant que « le refus de recevoir une transfusion sanguine constitue l’exercice d’une liberté fondamentale ». En outre, depuis le 4 mars 2002, les dispositions de la loi Kouchner sur le droit des malades renforcent cette liberté. Didier Leschi a simplement redit le droit : « Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s’il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. » « Maltraitance psychologique » lui ont rétorqué les députés. « On m’en parle souvent mais, au cours de ces dernières années, on ne m’a jamais avancé de dossiers convaincants ni de faits précis sur des cas de maltraitance chez les Témoins de Jéhovah susceptibles d’entraîner poursuites et interdictions », explique Didier Leschi.

Le rappel à la liberté de conscience
Point d’orgue particulièrement irritant pour les oreilles parlementaires : son exposé a souligné le travail « approximatif » de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Celle-ci attaquerait injustement le ministère de l’Intérieur en martelant que certains mouvements religieux généreraient des troubles à l’ordre public. « Il existe dans notre pays des mouvements qui, pour certains, ont des décennies, voire des siècles d’existence et sont issus de grands courants spirituels ou s’y rattachent », a rappelé l’exposant. Dans les groupes inquiétant actuellement les députés, au même titre que les Témoins de Jéhovah, il faut compter les fondamentalistes protestants, les Frères de Plymouth, ou les traditionnalistes du hassidisme juif, les Loubavitch. A force de les « stigmatiser », Didier Leschi estime que cette violence-là pourrait effectivement conduire à « des troubles à l’ordre public, ou pour le moins à des manifestations d’intolérance à l’égard de l’une des libertés les plus fondamentales de tout homme et de tout citoyen : la liberté de conscience ». Façon de dire que les députés de la Commission se comportent en talibans de la laïcité. Républicain pur sucre, venu Place Beauvau dans l’équipe de Jean-Pierre Chevènement, Didier Leschi se défend de toute provocation : « On a préféré s’attaquer au messager parce qu’on ne peut rien faire contre les faits exposés dans le message. » Dans une lettre charpentée de 19 pages – consultable sur le site officiel du mouvement dont le siège français et européen est basé à Louviers –, Guy Canonici, président des Témoins de Jéhovah, s’est adressé en bon lobbyiste au Premier ministre le 18 octobre, critiquant très sévèrement lui aussi les arguments du rapport 2005 de la Miviludes. Pour ces députés, la prise de conscience que les Témoins de Jéhovah sont une religion de la république reconnue depuis la fin du siècle dernier a fait l’effet d’une brutale révélation.
Emmanuel Lemieux

Écrit par : roehm | 04/07/2007

Comme professeur des lycées et collèges, je peux vous dire qu'avant tout il est bon aux élèves d'être structurés, d'avoir une foi, un idéal, si on les compare à ceux qui n'ont rien. Un professeur voit tout de suite la différence de sérieux et de comportement. Et les religions qui se prennent pour le "gratin" ont bien souvent tout autant d'erreurs dans leurs dogmes et leurs articles de foi, dans leur pratique, que les autres, que l'on nomme sectes. Seulement ce ne sont pas les mêmes erreurs. Un pays comme le nôtre a été trop monolithique religieusement, pendant trop longtemps, pour bien comprendre "autrui"

Écrit par : Marie-Claire Lefeuvre | 17/03/2008

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