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07/08/2010

Les anthropologues et la religion

9782130578130.gifEn cette période estivale propice aux lectures, les amateurs d'anthropologie des religions se pencheront avec profit sur le dernier ouvrage d'André Mary, Les anthropologues et la religion, publié aux Presses Universitaires de France.

 

N'étant pas anthropologue moi-même, je me garderai d'un commentaire détaillé.

Soulignons simplement qu'André Mary, directeur d'études au CNRS, est un des auteurs incontournables de la discipline depuis un quart de siècle, et qu'il propose ici, avec ce livre important, une lecture très stimulante des auteurs qui ont particulièrement compté pour lui (Hertz, Evans-Pritchard, Levi-Strauss, Bastide, Geertz, Augé, Favret-Saada).


 

On puisera de nombreuses réflexions épistémologiques et méthodologiques au gré des pages, autour du "fil rouge" de l'interrogation sur la religion.

Le spécialiste du protestantisme restera un peu sur sa faim, comme le remarque l'auteur lui-même (p.275), mais si l'on se souvient que toute étude d'une religion ou d'une croyance particulière ne peut s'épanouir que dans une mise en contexte et une réflexion théorique plus larges, alors ce livre revêtira pour lui aussi un grand intérêt.

 

Parmi les nombreux points à relever, on notera cette observation sur le rapport à l'objet, en toute fin de volume (p.278) :

"La plupart des anthropologues invités dans cet ouvrage, et son auteur en premier, se déclarent incroyants, mais ils sont tous sensibles, pour des raisons épistémologiques qui n'ont rien à voir avec la théologie, à l'argument qui veut que pour comprendre l'expérience de l'autre (initié, possédé, ensorcelé ou croyant), il faut au moins avoir été "affecté".

Commentaires

Mais veut-il dire qu'il faut avoir été affecté par l'autre (le croyant, par exemple), par une "expérience religieuse", ou les deux? En tout cas, je trouve cette remarque vraiment pertinente. Est-il fréquent de lire de telles affirmations dans les ouvrages de sciences humaines, notamment dans votre domaine, l'histoire? Étrangement, (certains diraient ironiquement), elles demeurent rares chez les théologiens ou les biblistes. Le mythe de la description critique objective perdure!

Écrit par : NF | 07/08/2010

Merci. Je ne connaissais pas André Mary.
Vous m'avez donné envie de lire ce livre. J'espère ne pas être déçue.

Écrit par : viviane | 28/08/2010

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