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16/02/2011

Logiques de réseaux évangéliques: le rôle oublié des chanteurs

Unknown.jpegPar sa promotion de l'individu, l'évangélisme est parfois, un peu vite, analysé du côté de l'atomisation et des "entrepreneurs indépendants". Pas si simple.

Outre les dynamiques ecclésiales et confessionnelles, on observe de multiples logiques de réseau (même dans les milieux les plus indépendants). Pour un éclairage original sur ces enjeux, voir deux notes passionnantes de Baptiste Coulmont publiées ces 5 derniers jours sur son blog.


La première, publiée le 16 février 2011, souligne le rôle, trop souvent minoré, des chanteurs comme acteurs clefs, opérateurs d'une “centralité d’intermédiarité” sans laquelle pasteurs, prophètes et apôtres verraient leur périmètre d'influence se réduire comme peau de chagrin.

Baptiste a raison de souligner que les chercheurs s'intéressent insuffisamment, pour l'instant, au rôle régulateur des chauteurs et chanteuses dans la mise en réseau et la constitution de clientèles. Cliquer ici.

 

reseaurndeglises201102.jpgLa seconde, intitulée "Des réseaux religieux d'invitation", a été publiée peu avant, le 11 février 2011, et propose notamment une modélisation graphique très efficace. Cliquer ici.

 

Baptiste Coulmont travaille désormais depuis plusieurs années (entre autres choses)  sur le terrain de l'affichage religieux des Eglises évangéliques africaines à Chateau Rouge (Paris). Une enquête exemplaire à plus d'un titre qui invite au comparatisme.

Commentaires

Oui, moi aussi je trouve les études de ce type très intéressantes, car il est bien évident - me semble-t-il - que la Bible ne fonctionne nullement comme une référence exploitable, opérationnelle.

Les évangéliques disent se rapporter à la Bible, guidés par le Saint Esprit. Je présume que c'est ce que vous évoquez par votre expression "Outre les dynamiques ecclésiales et confessionnelles"... ou peut être pourriez-vous détailler ? Mais la Bible ne comporte aucune logique interne, avec ou sans Saint Esprit. De mon opinion elle ne peut former référent, pas à la lettre comme un code civil, contrairement à ce qu'ils disent.

Comment, alors, cela fonctionne-t-il ? (puisque ça fonctionne quand même)

Qu'en pensez-vous ?

Écrit par : ista | 17/02/2011

Réponse à ista
Quand je parle de "dynamiques ecclésiales et confessionnelles", je ne parle pas du rôle de la Bible. Je parle des formes institutionnelles créées par les évangéliques (exemple: la fédération des assemblées de Dieu, ou le CNEF, etc.).
Quant à la fonction jouée par la Bible, elle reste évidemment majeure (c'est LE seul texte de référence incontestable des protestants en général, incluant les évangéliques), mais cette fonction est plurielle.

Car le texte s'interprète (même chez ceux qui prétendent ne pas l'interpréter), et cette médiation exégétique et herméneutique produit une grande variété de formes sociales, d'où la multiplicité des Eglises, confessions, unions, labels etc.... évangéliques.

Écrit par : SF | 17/02/2011

J'ai des données "bibliques" à partir des affiches. Il y a souvent une citation et sa référence précise (« Mais dis seulement un mot... », « Mettez-moi à part Barnabas et Paul... ») qui peuvent servir de thème de réflexion à l'événement religieux mentionné sur les affiches.
Je n'ai pas encore étudié de près les données recueillies.

Écrit par : Baptiste | 17/02/2011

Je vous remercie pour l'explication de "dynamiques ecclésiales et confessionnelles", mais maintenant il y a "médiation exégétique et herméneutique" :-)

Il me semblait que les dynamiques ecclésiales et confessionnelles étaient directement dépendantes de ce que je soupçonne être votre médiation exégétique et herméneutique, et donc du texte biblique, et donc de la parole de dieu. Mais je me demandais comment des chercheurs comme vous voient ces liens que l'on m'affirme souvent être directs.

Avec M. Coulmont, je présume que vous pensez qu'ils ne sont pas aussi directs que ça, puisque il travaille à partir des affiches, et non à partir de données bibliques, alors que ce texte est censé être la seule référence. C'est un peu comme un enquêteur qui travaille à partir d'indices, et pas seulement à partir de ce que les témoins disent, me semble-t-il.

Comment intégrez-vous ce que les gens disent dans votre recherche, comme par exemple la constitution des réseaux ? Quelle traduction scientifique faites-vous de votre "LA référence incontestable etc" ? S'ils avaient pris les aventures de tintin et milou à la place de la bible, qu'est-ce qui serait différent, je veux dire comment décririez-vous ça d'une façon scientifique ?

Cordialement.

Écrit par : ista | 18/02/2011

S'ils avaient pris les aventures de Tintin et Milou comme référence à leurs "croisades d'évangélisation", alors je pense que je n'aurai pas parlé d'évangéliques, mais de fans de Tintin. Il existe un groupe d'intersection, les pasteurs-prophètes fans de Tintin évangéliques d'origine africaine, mais ils sont probablement peu nombreux.
Ceci dit (et blague à part), vous résumez bien ma démarche en écrivant que je travaille à partir d'indices, mais d'une multiplicité d'indices (plus de 150 affiches et ça augmente, j'en ai récolté deux nouvelles vendredi).

Écrit par : B. Coulmont | 19/02/2011

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