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05/07/2007

WESTERN CATHO en 2007 : «ça barde à Niafles»

72a50df01d4b7a92f91bf962da038cd3.jpgUne église prise d'assaut, réglements de compte au village, des forces de l'ordre (et un évêque) un tantinet débordés....

Non, vous n'êtes pas dans un film de Sergio Léone. Bienvenue à Niafles, France, 2007.

 


Plantons d’abord le cadre du scénario.

3aedeae62a2a20dd7a57c5c340f10d4e.jpgNous sommes en Mayenne, dans l’Ouest français, cadre de ce «Western catho», en plein pays Chouan. Ici, le catholicisme c’est un peu comme le camembert: une tradition gourmande.

Les taux de pratique sont bien plus élevés que la moyenne nationale, et même si «Dieu change en Paroisse», pour reprendre l’excellente étude qu’Olivier Bobineau, chercheur au GSRL, a consacré à une paroisse de Mayenne, la tradition catholique, notamment la messe en latin, y est plutôt plus vivace qu’ailleurs.

Cela n’empêche pas tout de même une sécularisation manifeste, qui détourne une large majorité de la population de la pratique religieuse régulière.


b23fbd8f4b61dc89629e6d0e129dcc44.jpgVenons-en maintenant à l’affaire de Niafles.
C’est dans ce contexte que se situe l’affaire de Niafles, village au Sud de la Mayenne.

Depuis 40 ans, la messe en latin y était célébrée par un prêtre féru de Tradition catholique, l’abbé Chéhère. Les choses, semble-il, ne se passaient pas trop mal, même si la municipalité grinçait un peu des dents.

Mais voilà qu’au décès de l’abbé, l’évêque de Laval, Monseigneur Maillard, n’a pas souhaité reconduire sur place les-dites messes traditionalistes. En remplacement, bon prince (pensait-il), il a proposé aux fidèles du rite de Saint-Pie V des messes en latin à Laval.

Fureur des catholiques traditionalistes du cru! Se sentant, à tort ou à raison, lâchés par leur évêque, les voilà qui d’office, décident de poursuivre à Niafles les messes telles qu’ils en avaient l’habitude, conduits par l'affable abbé Néri. Et comme ils s’estiment lâchés par leur hiérarchie, donc en danger, ils prennent les devants et occupent carrément l’église de Niafles.

En apparence, les choses continuent donc comme avant. Mais deux ruptures ont eu lieu.

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De l’engrenage à la guerre civile locale.
La première rupture, c’est qu’en raison du lâchage dont ils s’estiment victimes par leur hiérarchie, les traditionalistes se radicalisent en «occupant» l’église niaflaise 24H sur 24, suscitant l’hostilité croissante d’une partie de la population locale.


La seconde rupture, c’est que le maire socialiste du village, Michel Montécot, déjà explicitement hostile à la sensibilité catholique qui dominait dans l’église, a saisi l’occasion pour opérer une mobilisation locale qui va crescendo, visant à bouter les occupants hors de l’église niaflaise.

Au risque de s’attirer l’inimitié d’une part non négligeable des locaux, qui le surnomment «Peppone».


Résultat : une montée des enchères, jusqu’à la violence. Le 25 juin 2007, une foule en colère converge vers l’église. Une bousculade a lieu, quelques coups de poing… Ce n'est quand même pas l'émeute, encore moins une bataille rangée, mais la porte de la sacristie est fracassée, et finalement, les occupants chassés.

Cette "attaque" a fait l’objet de deux films visionnables sur Youtube, et a suscité un intense buzz médiatique, notamment sur Internet, où un nombre important de bloggeurs, y compris à l'étranger, se passionne pour l'affaire.


Deux jours plus tard, les traditionalistes, qui ont entre-temps réoccupé l’église de Niafles, en sont à nouveau expulsés manu militari, et la porte de la sacristie est fracturée une fois de plus! Oui, "Niafles, ça barde"...

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Drôles d'émules (malgré eux) des huguenots du Désert?

Une messe sous le rite Saint Pie V en forêt.... en 2007

 

Depuis, ambiance de guerre civile, campagnes d’affichage sauvage, rumeurs de sorcellerie, et messes traditionnalistes dans la forêt, sur le modèle des «cultes au désert» des huguenots (XVIIe-XVIIIe siècle), ou, plus récemment, des baptistes laférois (Aisne), obligés de se réunir dans la forêt de Saint-Gobain sous le Second Empire (XIXe siècle) après avoir été expulsés de leur lieu de culte.


Je laisserai à des spécialistes pointus du catholicisme le soin de commenter plus avant ces événements, dont on trouve un résumé de synthèse et une chronologie (par un sympathisant des catholiques tradis du coin) à l’adresse de la Gazette de Niafles.

REFLEXIONS COMPARATISTES

Pour ma part, je voudrais tirer quelques réflexions comparatistes.

Je commencerai par pointer, dans ces événements, trois éléments révélateurs communs aux mutations religieuses françaises actuelles. Je soulignerai ensuite en quoi ces événements montrent aussi la distance culturelle persistante qui sépare l’univers catholique de l’univers protestant.

Trois leçons révélatrices

Premier élément, ce western niaflais montre bien le décalage entre religion comme choix pratiqué et religion comme patrimoine culturel.

Le paradoxe ici est que le choix pratiqué est défendu par les traditionalistes, qui pratiquent activement et revendiquent un choix fort, au risque de fortement déplaire.

Tandis que les non-pratiquants et les non-catholiques, eux, bien qu’a priori moins attachés à l’idée de tradition, sont  en fait très attachés au patrimoine culturel de l’église villageoise (même s’ils y mettent très peu les pieds), une église qu’ils n’entendent pas voir confisquée par des catholiques qu’ils jugent extrémistes.

Deuxième élément, cette affaire illustre les ambiguités du discours sur la tolérance. Les catholiques traditionalistes ne revendiquent pas la tolérance comme une valeur.

Il suffit de voir certains commentaires venimeux, sous les vidéos Youtube, pour se rendre compte qu’ils ne portent vraiment pas les franc-maçons et les socialistes dans leur cœur!

Leurs adversaires, eux, brandissent la tolérance comme étendard. Mais  il faut reconnaître qu'ils ne le prouvent guère par leurs actes: au bout du compte, qui a été le plus intolérant, les traditionalistes ultra-conservateurs qui voulaient continuer à célébrer leur messe, ou les manifestants auto-revendiqués comme ‘ouverts d’esprit’ qui les chassent par la force, et les contraignent à se rassembler…. dans la forêt? Pas si simple de trancher.

Troisième élément, ces incidents soulignent une fois de plus les limites atteintes dans l’attribution des lieux de culte pré-1905. Ces lieux de culte, dans la plupart des cas, appartiennent aux communes. Mais ils sont «mis à disposition» des communautés religieuses.

Qu’est ce que cela veut dire?

C'est loin d'être toujours évident, notamment lorsqu’un groupe local anime le lieu, tandis que l’autorité dont il dépend ne cautionne pas. Evoqué notamment par Jean Baubérot dans ses indispensables travaux sur la laïcité et le pacte de 1905, ce sujet épineux ressurgit comme un serpent de mer.

Séquelles appelées à disparaître? Je n’en crois rien. A mesure que les institutions religieuses centralisées perdent de leur emprise, des affaires comme le western niaflais risquent au contraire de se produire de plus en plus souvent.



27b820d7c0731857bc74f4a3766d026c.jpgTrois écarts avec la culture protestante

J’en arrive maintenant aux enseignements que cette affaire nous livre sur les décalages persistants entre culture catholique et culture protestante.


1/ Rapport à l’institution
On voit ici une hiérarchie qui décide pour la communauté locale au risque d’aboutir à un conflit frontal. Ceci peut aussi se produire en protestantisme, mais beaucoup plus rarement, dans la mesure où les protestants valorisent davantage les paroisses ou églises locales, et moins les institutions centralisées et autoritaires.

2. Rapport au territoire
On observe aussi dans cette affaire un rapport viscéral au territoire. Les catholiques attachés au rite de Saint Pie V se réunissaient depuis des décennies à Niafles: si on veut les en empêcher, ils occupent alors le lieu de culte.

Bien que depuis 25 ans, la paroisse catholique en France se définit de moins en moins comme un territoire donné (et de plus en plus comme une communauté), le lieu de culte lui-même reste très très important pour les niaflais traditionalistes, et il l’est du reste aussi pour les autres habitants catholiques.

Ce lien entre identité chrétienne et territoire s’observe aussi chez les protestants, mais à moindre échelle, particulièrement dans la branche évangélique, où c’est la congrégation des fidèles (et non le lieu) qui fait d'abord sens.

3/ Rapport au rite
Enfin, cette crise s’opère d’abord autour d’un rite, en l’occurrence celui de la messe en latin (dite rite de Saint Pie V), tout juste réhabilitée par Benoit XVI. Le maire socialiste du cru, qui n'est pas le diable décrit par certains, affirmait à Ouest France ne pas être contre la messe en latin, "mais pas tous les dimanches". Mais pour les occupants, le "tous les dimanches" n'était pas négociable.

Il existe aussi des cultures protestantes ritualistes (y compris chez les évangéliques, quoique ces derniers jureraient du contraire), mais le rite reste en principe second derrière la prédication, l’enseignement. Beaucoup de paroisses et d’églises protestantes varient d’ailleurs leurs rites.

441230d98e947c501d0540d9e656b6e2.jpgIci, le maintien de la centralité rituelle, dans le cadre de ce que Jean-Paul Willaime a décrit comme une culture ‘institutionnelle-rituelle’, détermine la clef du conflit, tandis que l’épicentre des crises protestantes tourne plutôt autour de la doctrine.

Ces décalages, je le précise, ne sont pas statiques. Je dirais même qu’ils ont tendance à se résorber un peu.

J’ajoute enfin qu’ils n’empêchent aucunement que jouent, de manière transversale, des dynamiques similaires en terrain catholique et protestant.

Mais ils révèlent néanmoins le maintien de cultures chrétiennes différenciées, qui gèrent chacune à leur manière les conflits internes posés par le heurt entre communauté locale et institution, pratique non-conformiste et air du temps, choix et tradition.

 

Note de méthode: 

Oui je sais, en tant que spécialiste du protestantisme, de quel droit publier cette note sur une affaire catholique aussi épique que complexe?

A ceci je répondrai :
1/ Au-delà du protestantisme, je m’intéresse depuis longtemps au fait religieux en général, et au fait chrétien en particulier (catholicisme, orthodoxie, protestantisme)


2/ Je plaide de longue date pour le comparatisme, et il me paraît particulièrement essentiel, dans un monde de plus en plus globalisé et inter-dépendant, de sortir des ornières monographiques


3/ L’affaire évoquée ici pose directement la question des types de communautés religieuses, or vous savez bien, chers bloggeurs, que l’enjeu communautaire m’intéresse particulièrement, en tant que chercheur et en tant que citoyen (cliquer sur le mot clef «communautés», et vous verrez)

 

Commentaires

Quand même il est difficile de comparer ces deux versions du christianisme si différentes!
Par ailleurs, je ne comprendrai jamais en quoi un maire, qu'il soit socialiste ou non, a le droit d'être d'accord ou pas avec une messe en latin.
Et puis, au delà-du latin, c'est la doctrine qui est en cause! La messe de Paul VI n'est pas tout à fait conforme au dogme catholique. Il y a eu bcp d'imposture à laisser croire que c'était le latin qui était en cause.

Écrit par : E.C | 05/07/2007

pour mettre du piment chez les protestants, on devrait lancer le débat suivant ( pour que ça "corresponde" un peu au problème de l'usage du latin chez les catholiques ) : faut-il faire les cultes protestants en allemand du 16è siècle sous prétexte que c'est comme ça que parlait Luther ? lol

Écrit par : Françoise | 06/07/2007

Sauf que çà ne "correspond pas"! Du temps de Luther, les cultes avaient lieu dans la langue des pays concernés.
On pourrait faire un parallèle avec l'usage des livres de cantiques. Il y a des paroisses qui veulent rester à "Louanges et Prières" et se refusent à utiliser "Arc en ciel". Pas parce que "çà s'est toujours" fait mais parce qu'elles considèrent que les nouveaux cantiques ont souvent altéré les paroles initiales, ou changé la musique.
Le latin n 'est pas le point fondamental de "l'ancienne messe". C'est le contenu du texte qui pose problème. Et pour les catholiques, le latin est la langue de l'unité.
On est d'accord ou pas avec cela, mais je crois qu'il faut se garder de la présentation de la "restauration de la messe latine" par les médias.
Edmée
Précision : je suis protestante

Écrit par : E.C | 08/07/2007

Ahe je vois votre artcile le jour où je fait un article sur mon blog le plus modéré possible sur les différences du baptême catho et protestant romainblachier.typepad.fr

d'origine catholique, je suis justement devenu protestant aussi car le protestantisme entend mettre tout le monde dans la compréhension de Dieu.Le coup de la messe en latin va justement à l'encontre de ça.

Écrit par : romain | 08/07/2007

Il me semble que la décision d'occuper l'église prise par les "traditionnalistes" est une usurpation de droits. Qui a la charge de l'entretien des bâtiments religieux en France ? Les communes. Il est donc légitime que le maire et certains de ses administrés s'insurgent contre cette occupation illégale. Maintenant, la municipalité devrait jouer le rôle de l'arbitrage. Les deux communautés religieuses qui s'afrontent devraient être encouragées à trouver un compromis. Un dimanche sur deux pour chacune d'elle ? Et pourquoi ne pas jouer la réconciliation en invitant les membres de l'une à la célébration de la Messe des autres ?
Mais apparemment, c'est une fois de plus la polémique qui prend le dessus. Il faut dire que du côté traditionnaliste, on sait aussi se poser en victime expiatoire pour attendrir le quidam. C'est un choix stratégique de la part des responsables (de mauvaise foi) et c'est une tradition de la pensée "intégriste" de se faire valoir en tant que persécuté. (cf St Nicolas du Chardonnay). Pendant ce temps, d'autres hommes (de bonne volonté) parlent d'oecuménisme : on peut toujours rêver...

Écrit par : Erasmos | 10/07/2007

Envoyez leur Blaise de Montluc!

je me souviens avoir lu une anecdote, vraie ou pas...Dans lres années 30, un curé âgé avait été remplacé par un plus jeune, dans une banlieue ouvrière de Paris...Le jeune remplacant, constatant que ses paroissiens ne comprenaient pas le latin, décida de dire la messe en français. Il fut remplacé, au motif que que cette "sécularisation" de la messe, cette parole de dieu devenue intelligible nuisait à la ferveur. pas besoin de comprendre pour croire, on est au coeur du principe religieux.

Écrit par : bert | 10/07/2007

alleluia ! hozanna ...

laissez tomber la drogue le chocolat et la religion, tout ça c'est très mauvais pour la libido !

Écrit par : coco_des_bois | 10/07/2007

Joli résumé d'une affaire limite clochemerlesque. Et des propositions d'analyse qui en sont tirées. Mais à l'aune de la société française contemporaine, et des interactions entre communautés religieuses, société civile et pouvoir politique, ainsi que de la manifestation ostentatoire d'une pratique cultuelle, il me semble que cette "affaire" dépasse de loin une simple dichotomie cathos/protestants.

La relation entre pratique et patrimoine, les ambiguités du discours sur la tolérance, et bien sûr "les limites atteintes dans l’attribution des lieux de culte pré-1905" sont des notions qui gagnent à être étendues bien au-delà de l'analyse du seul fait chrétien.

Quelle que soient les résumés lapidaires des grands médias sur ce westerne catho, je n'ose imaginer l'état d'urgence patriotique et "la république en danger" proclamés sur toutes les ondes si jamais pareille affaire devait survenir au sein des communautés musulmanes françaises.

Écrit par : Matifou | 10/07/2007

A E.C. D'accord avec vous. Cette affaire, qui tourne autour de l'usage du rite antérieur à Vatican II, devait rester purement interne à l'Eglise catholique. Qu'un maire prétende s'en mêler est une atteinte flagrante à la liberté de conscience, qui doit être entière pour tous.

Écrit par : Eric | 10/07/2007

Mis à part un contexte local, nous pourrions nous croire 100 ans en arrière, juste après la loi de 1905 !!!!

Écrit par : Jeanlaquille | 11/07/2007

C'es curieux, je viens d'un site de course à pied et je tombe (pas directement) ici. Et dans les deux sites je retrouve les mm petits problèmes. Les uns comparent leurs chaussures, les autres leurs religions. Je ne leur dirait qu'une chose :"Foin de blabla, pratiquez !"

Écrit par : Helmut | 11/07/2007

@ Erasmos:

Et la sacro-sainte laïcité, vous en faites quoi ? Si l'Eglise n'a pas à se mêler aux histoires de l'état, celui-ci n'a pas à s'impliquer dans les histoires entre cathos...

Par ailleurs l'oecuménisme n'est qu'une illusion tant il va en contradiction avec ce que l'Eglise a toujours affiché tout au long des siècles, qui correspond d'ailleurs à ce que racontent les traditionnalistes....

Écrit par : Polydamas | 12/07/2007

pour Edmée : je voulais juste faire un peu d'humour ..
mais revenir à la messe en latin me semble un peu contradictoire avec ce qui s'est passé le jour de la Pentecôte où, grâce à un miracle de Dieu, tout le monde a pu entendre l'évangile dans sa propre langue maternelle ...

Écrit par : Françoise | 12/07/2007

@ S.Fath,

oui très intéressant comme post et je trouve judicieuses vos analyses.
Je dirais ceci : Théoriquement le maire du village ne devrait pas interférer dans ce genre d'affaire. Deuxièmement avec le nouveau motu proprio, j'espère que ces honteuses transactions n'auront plus lieu. Enfin comme vous le dîtes, l'intolérance n'est pas forcément du côté de ceux qui crient sans cesse à la tolérance.

Dans tout cet épisode une chose est frappante en tant que catholique : l'absence de parole forte de la hiérarchie pour trancher le problème. Bien que très catholique comme conflit (j'entends dans son origine : la querelle rite ancien Vs moderne) , il ne s'est pas déroulé de manière très catholique finalement (outre l'absence de charité manifeste, l'absence d'arbitrage hiérarchique).

Écrit par : Gégé | 12/07/2007

Si je puis me permettre une analyse théologico-sociologique :
Cette affaire nous enseigne une loi historique.
L'Eglise catholique a créé un système iiréformable. Elle est prise à son propre piège. Pourquoi la hiérarchie ne bouge pas ? Car elle, jubile ! Pour une fois, c'est la populasse qui pousse à la tradition !
Toutes les réformes entreprises par l'Eglise catholique l'ont été après un bras de fer avec la réalité sociale telle que l'ensemble du peuple la vivait et qui était en porte à faux avec la discipline de Rome. OBLIGE de se réformer pour ne pas disparaitre, le catholicisme a réagit dans l'urgence. C'était ça où la disparition !
Toutes les ouvertures de cette Eglise ne sont que des façades. Au fond d'elle-même, la Curie rêve de domination et de retour en arrière ! IL n'y a que l'ERF et les luthériens pour croire encore à l'honnêteté du Saint père (Noël !!!!)

Écrit par : cybelle | 14/07/2007

pour Cybelle : il me semble que les réformés n'ont pas signé l'accord théologique sur la justification par la foi, avec l'Eglise catholique comme l'ont fait les luthériens en 1999 et, plus récemment, les .. méthodistes ...
les réformés ont l'air plus méfiants ..

Écrit par : Françoise | 16/07/2007

Il faut tenir compte de la situation de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris où l'expulsion, bien qu'ordonnée par le juge, n'a jamais été exécutée par la police. Voir la question du conseiller Sylvain Garel au préfet de police lors du conseil municipal de Paris des 20 et 21 octobre 2003 :

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question d'actualité du groupe "Les Verts", elle s'adresse au Préfet de police.
La parole est à M. GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, on va rester dans le domaine religieux. Cette question concerne la non-expulsion, jusqu'à maintenant, des catholiques intégristes qui occupent l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Comme vous le savez sans doute, vendredi dernier, la 17e Chambre du Tribunal de grande Instance de Paris a condamné un écrivain et un directeur de publication d'une revue qui s'appelle "Pacte", pour propos racistes et antisémites, à une peine de 3.000 euros d'amende chacun, à verser solidairement un euro de dommages et intérêts à la Ligue des Droits de l'Homme qui s'était portée partie civile, plus 1.500 euros de frais de justice ainsi qu'au paiement de la publication du jugement dans un journal qui sera choisi par la partie civile.
Comme vous le savez aussi, cette revue, je l'avais trouvée dans cette église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet quand j'avais été mener une petite enquête sur ce bâtiment de la Ville qui est occupé depuis maintenant vingt cinq ans.
L'abbé de Tarnoun, qui est le directeur de publication de cette revue "Pacte" n'est pas n'importe qui. C'est l'un des idéologues de la Fraternité Saint-Pie X qui est donc le groupe intégriste qui occupe cette église où donc se répand de la propagande antisémite depuis de nombreuses années.
Donc la question que je veux poser au Préfet de police est simple : un vœu a été adopté à une large majorité dans cette assemblée en juin 2002 demandant l'expulsion de cette église des gens qui l'occupent puisqu'ils y profèrent des idées totalement contraires à toutes les valeurs qui sont rassemblées sur ces bancs je crois ; je voulais savoir pourquoi cette expulsion n'a pas encore eu lieu et quand va-t-elle avoir lieu.
Merci, Monsieur le préfet.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole et à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Monsieur le Conseiller, je vous rappelle que le Tribunal de grande instance de Paris, saisi à l'époque par l'Abbé Bellego, curé de la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, avait dans une ordonnance du 1er avril 1977, ordonné l'expulsion des occupants de l'église si ceux ci n'avaient pas quitté les lieux sous 10 jours. Tel était le prononcé du jugement. Le 17 mai 1977, le concours de la force publique était requis par ministère d'huissier à la demande de cet abbé, alors curé de la paroisse en question.
Cependant, la Cour d'appel qui avait confirmé dans un arrêt du 13 juillet 1977, les termes de l'ordonnance du Tribunal de grande instance, avait précisé que le concours de la force publique ne pouvait être requis qu'après le 31 août 1977 afin de permettre un départ spontané des occupants. La Cour de cassation avait ensuite rejeté le 17 octobre 1977 le pourvoi formé par les occupants. Une nouvelle réquisition du concours de la force publique avait alors été présentée le 9 juin 1980.
Au regard des risques graves de trouble à l'ordre public, que présentait une telle opération à l'époque, le concours de la force publique n'avait pas été accordé et depuis lors ce dossier est resté en l'état, donc depuis le 9 juin 1980.
Les acteurs ont changé, aucune demande n'a été formulée et dans ce domaine, vous le savez, le Préfet de police n'a pas l'initiative, son rôle est limité à accorder ou à refuser en fonction des menaces sur l'ordre public le concours de la force publique.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet.
"No comment."
M. Sylvain GAREL. - Cela fait des années que ces gens diffusent des idées contraires à la loi, comme l'a confirmé l'arrêté. C'est quand même énorme surtout que maintenant il y a une preuve ! Va-t-on laisser un bâtiment de la Ville de Paris servir à la propagande raciste et antisémite en plein cœur de Paris ? Cela peut-il continuer éternellement ? Vous dites que vous n'avez été saisi par personne, si, il y a eu un vœu du Conseil de Paris demandant l'expulsion des gens qui occupent cette église depuis 25 ans maintenant. Je ne comprends pas pourquoi cela doit encore durer, pourquoi ces gens vont pouvoir continuer à diffuser leur propagande de haine et de racisme.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Un bref commentaire. Ce problème est très difficile et il ne faut pas tout mélanger. D'abord sur le fait que les églises appartiennent à la Ville, si vous croyez que je vais faire la loi dans toutes les églises ! Comprenez que c'est une réalité historique qui fait que la plupart des églises appartiennent à la Ville de Paris et je n'ai pas l'intention d'aller me mêler de ce qui se passe dans toutes les églises de Paris ! C'est un premier point.
Deuxième point : il faut distinguer le fait que le diocèse ne demande pas actuellement l'expulsion de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, ce dont je tiens compte. Ce n'est pas à moi, c'est au Préfet à qui vous vous adressiez, je ne veux pas me dégonfler, je vous donne mon sentiment. "No comment", pour le moment.
En revanche, par rapport à tout écrit à caractère raciste ou antisémite, nous devons être fermes. Cela ne me dérange pas que vous l'évoquiez parce que quand c'est vrai, c'est vrai. Il est vrai, Monsieur le Préfet de police, que vous avez l'obligation de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'insignes nazis, et moi, en tant que Maire de Paris, également. Voilà, en tout cas mon état d'esprit. C'est tout ce que je serai en mesure de faire.
Faire condamner des propos ou des écrits racistes ou antisémites, les dénoncer et demander qu'ils cessent, je le ferai. Après, l'évacuation d'une église, c'est un autre problème. Vous ne me demandiez pas mon avis, mais je vous l'ai donné.

Source : http://www.paris.fr/portail/accueil/Portal.lut?page_id=5498&document_type_id=5&document_id=9780&portlet_id=11859

Écrit par : Ludovic | 21/07/2007

Cordialement.

Écrit par : Stalker | 22/07/2007

La "doxa" répandue depuis Vatican II veut que la Messe en langue vernaculaire soit réputée "progressiste"; or si l'ancien Missel était en Latin (avec la traduction française en regard, néanmoins, et le cantiques en français, ainsi que l'homélie,dans mon souvenir, "Je m'avancerai jusqu'à l'hôtel de Dieu, etc", ce n'est pas du Latin que je sache), c'était précisément pour souligner le caractére universel, transcendant races ou nations, de l'Eglise romaine.
Donc le procès en "intégrisme" sous-jacent à cette affaire de Niafles est nul et non avenu.
Je pense en outre que la communauté de fidèles traditionnaliste étant peu riche en deniers, elle n'intéressait pas beaucoup le maire , mais s'il s'était agi d'une secte multimillionaire en dollars comme on en trouve tant, qui lui aurait promis de restaurer église et présbytére en échange de menus avantages, quelle aurait été son attitude ? je ne m'engage pas beaucoup en subodorant qu'elle aurait été fort différentes, et qu'on n'aurait point été témoins de ces scénes de violence.
Enfin, je m'interroge sur l'affaire de l'abbaye de Lagrasse qui s'est produite le 5 aout dernier : cherchez à qui le crime profite (le "crime" en question étant l'épandage d'huile de vidange sur de la littérature gentiment érotique ), aux moines traditionnalistes qui ont tout à y perdre ou au Président du Conseil Général qui veut les expulser pour récupérer l'abbaye ?

Écrit par : liolio | 03/09/2007

Bonjour,

Je cherche désespérément les paroles ou une référence
discographique de ce merveilleux chant, "Je m'avancerai jusqu'à l'hôtel de dieu, la joie de ma jeunesse", que je
chantais avec mes condisciples scouts quand j'avais 14 ans.

Bien qu'athé absolu, sans pour autant en faire une religion ou être un "bouffeur de prêtres", ce chant m'a ému jusqu'au plus profond de mon être.

Si vous pouviez m'aider à le retrouver, je vous en serais infiniment reconnaissant.

Cordialement.

Bernard Chevrier

bernardchevrier@yahoo.fr

Écrit par : Bernard Chevrier | 03/01/2009

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