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Une synthèse sur le kimbanguisme en France

Dans l'entrelacs des nouvelles églises d'immigration, il est difficile de s'y retrouver.

image003.jpgAussi faut-il saluer les publications qui permettent de mieux connaître les diverses palettes de cette réalité majeure du christianisme contemporain.

 

C'est dans cet esprit que je voudrais attirer l'attention sur la publication du dernier livre d'Aurélien Mokoko Gampiot , spécialiste du kimbanguisme et post-doc rattaché au laboratoire GSRL.

 

Aurélien Gampiot Mokoko s'était déjà signalé, en 2004, par la publication d'un Kimbanguisme et identité noire, aux éditions L'Harmattan, ouvrage qui permettait notamment de mieux comprendre la crise identitaire interne qui a touché ces dernières années cette église congolaise prophétique très particulière (qui rassemblerait plus de 15 millions de membres à l'échelle mondiale).

 0260_livrekimbangu.jpgCet ouvrage avait fait l'objet, en 2006, d'une présentation éclairante sur l'excellent site Religioscope.

 

Kimbanguisme en France

 Aurélien Mokoko Gampiot récidive cette année, toujours aux éditions L'Harmattan, avec la publication d'une étude cette fois-ci consacrée à l'hexagone.

Elle s'intitule Les Kimbanguistes en France, Expression messianique d’une Église afro chrétienne en contexte migratoire (2010).


N'ayant pas eu l'occasion de lire cet ouvrage tout juste paru, je ne me me prononcerai pas sur le contenu précis de l'étude, soulignant seulement qu'on peut s'attendre, avec cette nouvelle synthèse, à un sésame très bienvenu pour mieux cerner les réseaux kibamguistes en France, contribuant ainsi à une vision plus complète du kaléidoscope protestant (ou d'inspiration protestante) de France en 2010.

Commentaires

  • L’APPARITION DES EGLISES EN AFRIQUE

    Cas de l’aire culturelle kongo

    Dans son allocution de bienvenu adressée aux Missionnaires venus au Congo, Mr. JULES RENQUIN, Ministre de Colonies du royaume de la Belgique au Congo-belge, a fait une déclaration où l’on pouvait lire :
    "Révérends pères et chers compatriotes, Soyez les bienvenus dans notre seconde patrie, le Congo-Belge. La tâche que vous êtes conviés à y accomplir est très délicate et demande beaucoup de tact. Prêtres, vous venez certes pour évangéliser. Mais cette évangélisation doit s’inspirer de notre grand principe : tout avant tout pour les intérêts de la métropole (la Belgique). Le but essentiel de votre mission n’est donc point d’apprendre aux noirs à connaître Dieu. Ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à un Nzambé ou un Nvidi-Mukulu et que sais-je encore. Ils savent que tuer, voler, calomnier, injurier est mauvais… »(1).
    Par cette déclaration, nous pouvons entrevoir clairement que les relations entre Dieu et les Africains n’ont pas pris cours avec la venue des Missionnaires mais bien avant cela. Pour ne pas basculer toute l’histoire, rappelons-nous juste l’hospitalité manifestée en Egypte à l’enfant Jésus lors de sa fuite pendant le règne d’Hérode, la conversion de l’Eunuque éthiopien pendant les premiers moments de l’Eglise sans oublier la communauté d’Alexandrie qui plus tard deviendra l’Eglise copte tout comme la communauté de Carthage.
    D’ailleurs, Mr. Jules Renquin reconnait que les Africains connaissaient Dieu et lui collait un nom. Selon les aires culturelles, on trouvait des noms comme : Nzambe, Nvidi mukulu, Nzambi’a Mpungu, etc. Outre le nom, les Africains entretenaient aussi des relations avec Dieu. Par exemple dans l’aire culturelle Kongo, les Bakongos(2) se servaient de leurs ancêtres comme intermédiaires dans leur relation avec Dieu et dans chaque famille, l’oncle maternel (Mfumu’a Kanda) cumulait ses pouvoirs traditionnels avec le rôle sacerdotal(3)
    Partant, que ça soit avec la première évangélisation tout comme avec la seconde, ce qui peut-être considéré comme une nouveauté, c’est juste cette socialisation de l’activité religieuse, cette émergence d’une société autour de l’activité religieuse, société qui est appelée Eglise. En effet, au moment où pour les Africains, la religion était une activité spontanée, restreint au niveau de la famille sans nécessité d’un enseignement spécifique car la croyance et la morale faisaient partie du lot quotidien ; les voilà désormais conviés à faire l’expérience de l’Evangile où Dieu a rendu personnel sa relation avec l’humanité à travers son Fils Jésus-Christ grâce à la révélation dont les juifs ont été.
    _____________________________
    (1) Avenir colonial belge, Nº du 30 octobre 1921.
    (2) Peuple formant l’Ancien royaume du Kongo réparti entre la RDCongo, le Congo, l’Angola et le Gabon
    (3) La famille chez les bakongo obéit à un système matrilinéaire.

    Bénéficiaires. Mais, étant donné que cette expérience, dans son application, s’est basée sur la politique de « Tabula rasa », les réactions du côté kongo ne vont pas tarder comme partout ailleurs en Afrique: Dieu a élevé Mafuta(XVIIè siècle), Kimpa Vita(XVIIIè siècle) contre la première évangélisation et Simon Kimbangu (1921) relayés par André Matsoua(1926) et Simon Toko(1949) contre la seconde évangélisation. Dans l’essentiel, leurs réactions peuvent se résumer en ceci:

    1º La révélation de Dieu sur lequel se fonde le message missionnaire n’a pas crée problème aux Bakongos quant à son bien fondé. Il est évident que si Dieu a accepté de rendre personnel sa relation avec l’humanité par la venue de son Fils, cela ne peut constituer qu’un plus pour l’humanité étant donné le rapprochement pour ne pas dire la communion ainsi retrouvée depuis la chute. En effet, avec l’œuvre missionnaire, les Bakongos ont découvert que Nzambi’a Mpungu a un Fils qui ne s’est pas préoccupé de sa condition divine mais est arrivé à assumer notre condition humaine pour sacrifier sa vie et réparer ainsi nos torts devant Dieu. Etant donné que la question de la souffrance constitue une préoccupation universelle, Les Bakongos, par la voie de la rédemption que proportionne l’Evangile, ont découvert une voie de salut où Dieu lui-même vient à la recherche de l’humanité. Mais pour cela, fallait-il se nier totalement ou simplement il fallait nier le vieil homme c’est-à-dire cette humanité corrompue que chacun de nous traine en lui depuis la chute?
    2º C’est à partir de ce questionnement que nous enregistrons les aspects non favorables de la réaction des Bakongos à l’œuvre missionnaire comme partout ailleurs en Afrique. L’on pourrait s’imaginer être en face d’une activité libre des Bakongos où seule la conscience pouvait compter. Mais, c’est le contraire qui est la réalité. Parce que sous prétexte d’une imminence dans la nécessité du salut des âmes, les missionnaires se sont comportés textuellement comme les colonisateurs s’arrogeant le droit de se partager le Kongo tout comme tout autre partie de l’Afrique en zone d’influences entr’eux selon leurs obédiences. C’est ainsi que certains Bakongos n’hésitaient pas désormais à se reconnaitre quand ils se présentaient comme « beto tu besi mpelo » ou « beto tu besi missioni ». Aux adultes, les missionnaires faisaient juste sucer des morceaux de sel durant les célébrations pour signifier la conversion pendant qu’ils parcouraient des villages dans la recherche des jeunes pour les préparer dans la nouvelle doctrine. Pour se rendre compte de comment furent les choses, il suffit de s’appesantir aujourd’hui sur la manière dont on a réduit presqu’en silence la théologie africaine dans notre Afrique savante où, théologie africaine s’il y en a encore telle que l’on voulut les héréditaires des œuvres missionnaires, il ne reste plus que des échos ou des reproductions de ce qui se fait ailleurs. C’est ainsi, pour revenir aux pratiques des missionnaires, que vont apparaitre les missions protestantes et catholiques dans le milieu kongo qui plus tard se transformeront en Eglises quand souffla le vent des indépendances qui réduisit les marges de manœuvres des missionnaires parce qu’il n y avait plus de triade colonial où ils pouvaient faire partie.
    Malgré toutes ces difficultés créées autour de l’inculturation de l’Evangile, la voile n’a pas couvert totalement tout le Kongo. Kimpa Vita, à son époque, avait déjà dénoncé que les Bakongo n’avait pas besoin de passer par la culture occidentale pour atteindre l’Evangile. Car reconnaissait-elle : « …Au ciel, il n y a pas de couleurs… ». Brûlée vif le 02 Juillet 1706, elle annoncera la venue de Simon Kimbangu qui sera invincible. En 1921, avec Simon Kimbangu commence une ère nouvelle pour l’humanité en général et les Bakongos et l’Afrique, en particulier dans leur rapport avec Dieu. En Simon Kimbangu, Dieu a pris le parti des opprimés ; oui ! Dieu s’est rangé à coté des écrasés de l’histoire pour les élever jusqu’à atteindre la plénitude. Ainsi aux privilèges réservés à la maison d’Israël, les Africains ont pu bénéficier (Matthieu 15,21-28). Partant, l’Evangile a cessé d’être seulement une littérature en prouvant toute sa force vitale. Car : les morts sont ressuscités, les aveugles ont vu, les sourds ont entendu, les muets ont parlé, les paralytiques ont marchés, l’Evangile a été annoncé et les consciences ont été libérés. Car Simon Kimbangu a dit : « le noir deviendra blanc et le blanc, noir » ; une façon de dire NON à l’ordre existant à l’époque montrant que la triple réduction (ontologique, épistémologique et théologique) à laquelle les noirs étaient soumis n’avait rien de divin. Ainsi est né le mouvement kimbanguiste qui donna lieu à l’Eglise Kimbanguiste. Partout chez les Bakongos tout comme ailleurs, avec des expériences similaires, sont nés des Eglises que les spécialistes s’empressent de dénommer « églises indépendantes africaines » pour les différencier des églises missionnaires.

    Lisbonne, le 9 Juillet 2010.

    KALEMBA MANZO CONSTANTINO.

  • Je ne connaissais pas ceci. Le livre est un peu cher par ctre.

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