Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/11/2014

Burkina Faso : les protestants et les "mangeuses d'âmes"

txt_13_sorciere_presumee_photo_koaci.com_.jpgAu Burkina Faso, l'espace politique est plus conflictuel que l'espace religieux. Les événements actuels qui secouent ce pays d'Afrique sub-saharienne nous le rappellent. Est-ce à dire que les discriminations religieuses n'existent pas?

Le prétendre serait oublier la question du traitement de la sorcellerie, où les protestants de diverses étiquettes n'ont pas toujours le beau rôle...

Les protestants d'aujourd'hui ont oublié cette page peu glorieuse de leur histoire: depuis le XVIe siècle, les Églises issues de la Réforme ont fait du zèle pour éradiquer les sorcières... 

Lire la suite sur Regardsprotestants.com

 

Commentaires

bjr,
Au-delà de la dimension religieuse, il y a dans ces stigmatisations (de fait bien commodes socialement) de quoi interpeller le stéréotype de la fraternité villageoise ou tribale prétendue sans failles. Le traitement expéditif et ségrégationniste de certaines vieilles femmes est aussi le renversement du fameux privilège respectueux de l'"âge" considéré comme gage unanime de sagesse. Pour ce qui est du protestantisme, plus enclin, selon cette note, à ces expédients, je m'interroge: l'invocation d'une relation directe et personnelle à Dieu, et donc du rôle de l'Esprit, ne s'avère-t-il pas ici favorable à un traitement de surenchère idéologique, une sorte de "bien-pensance" collective sûre d'avoir là, en direct, l'Adversaire, les forces de ténêbres? Du coup le glissement du religieux vers le réflexe communautaire majoritaire est assuré. Mais où serait alors la différence d'avec le catholicisme? Un certain sens de l'universalité? A creuser.
gef

Écrit par : gef | 06/11/2014

Ces constatations mettent bien en évidence la nécessité d'une réflexion approfondie dans les milieux chrétiens protestants (donc évangéliques aussi, par extension, voir les États-Unis par exemple) sur les erreurs engendrées par le fréquent manque d'appréciation du fossé qui existe entre "la théorie et la pratique" (si je puis dire) d'une part, et les leurres que constituent certaines collusions entre le domaine spirituel et le domaine temporel. Sans parler de l'obscurantisme des "croisades" facilement fédératrices... L'histoire est pleine d'enseignement à ce sujet, et personne n'y a échappé ou presque.

Jésus a combattu les influences démoniaques sur le plan spirituel, en délivrant les victimes de cet asservissement occulte : il nous montre ainsi que ce ne sont pas les acteurs que nous devons persécuter, nous devons plutôt combattre les ténèbres et les souffrances manifestées par les conséquences de leurs actes. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose...

Le jugement et la rétribution appartiennent au Seigneur, pas à l'être humain.

Mais à vous qui écoutez, je vous dis : Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent ;
bénissez ceux qui vous maudissent ; priez pour ceux qui vous font du tort.
(Évangile selon Luc 6. 27-28, version J.N. Darby)

Et pourquoi m’appelez-vous : Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ?
(Évangile selon Luc 6. 46, version J.N. Darby)

Car notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté qui est * dans les lieux célestes. (* ou : les [puissances] spirituelles de méchanceté qui sont)
(Épitre aux Ephésiens 6. 12, version J.N. Darby)

Dans ce domaine, se tromper d'ennemi, c'est risquer de finir par lui être semblable.

Écrit par : Eric Lisbonne | 09/11/2014

à Lisbonne et autres, Bien vu et bien dit. Ce qui me préoccupe c'est le mélange de spiritualité et d'idéolgie, auquel nous sommes tous exposés à divers degrés. Accuser, comme par hasard de vieilles femmes improductives, à charge du groupe, d'être des "mangeuses d'âme", c'est déguiser leur seul"tort", l'âge et la faiblesse qu'il entraîne, d'avoir une finalité d'ordre spirituel. C'est plus rapide, plus simple, plus expéditif que de s'interroger sur les options du groupe face au vieillissement, et ce étonnamment dans des sociétés où l'âge fait d'un vieillard masculin un sage...
Pui, c'est se tromper d'ennemi... et d'ami..., gef

Écrit par : gef | 10/11/2014

Les commentaires sont fermés.