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Le sport, une philosophie? (Sciences Humaines)

14339337352_272_258.jpgIl n'est pas trop tard pour signaler l'excellent dossier du magazine Sciences Humaines (n°272, 07/2015) consacré au "Sport, une philosophie"?

On y lit notamment, sous la plume d'Isabelle Queval, que dans le monde grec, le sport s'inscrivait dans un cadre fini, "des limites infranchissables, celles de la loi, du cosmos et du divin" (p.35).

L'idée contemporaine de "se dépasser à l'infini" aurait semblé contre-nature aux inventeurs des Jeux-Olympiques.

Commentaires

  • L'idée, d'ordre transhumaniste, ou simplement prométhéenne, de "se dépasser à l'infini" n'est pas seulement grotesque, mais délirante. Elle a pour effet, notamment, de dissoudre l'idée même de "situation", d'assignation de l'être humain à un lieu, ce que JT Desanti appelait l'ancrage "symbolico-charnel". Ce gommage des limites circonstancielles et organiques conduit à la dissolution de la dimension éthique. Il n'y a "éthique" que si une exigence s'impose à vous "en situation", quand les fils de la réalité enchevêtrés tirent tout vers la confusion, détruisent l'idée même d'option, de choix, d'action, de révolte. Mais si, par quelque prouesse, quelque sursaut je peux faire disparaître toute limitation situationnelle, je résous la question par un exploit, pas par une décision qui fait jouer un horizon de valeurs, de normes, d'idéaux.
    On reste dans l'action héroïque parce que spectaculaire, le dépassement pour le dépassement et non pas pour instaurer un monde meilleur. Au-delà du "sport" (ainsi compris du moins), c'est le culte la "performance" en général qui conduit à ce désastre de pensée aujourd'hui. La "limite" ne fait plus "penser" mais excite l'ego. "Toujours plus" n'est pas protester pour une autre vision. gef

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