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28/08/2012

Bref aperçu du Gospel francophone caribéen (1) : Maggie Blanchard

1132680113.jpgDepuis au moins trois siècles, les Caraïbes constituent un des berceaux de la créativité francophone. Il s'agit aussi d'une aire culturelle traversée de multiples influences, et marquée par une grande vitalité religieuse.

Rien d'étonnant donc si la musique Gospel y a trouvé, de longue date, un terreau fertile pour s'épanouir. Mille-et-un artistes et groupes y cultivent des traditions vocales et instrumentales nourries de métissage, à la croisée des Amériques, de l'Europe et de la lointaine Afrique.


Le Gospel n'y est cependant pas un genre majeur. Certains s'interrogeaient même encore, au début des années 1990, pour savoir s'il y avait vraiment un Gospel carribéen.

104520431.jpegIl est vrai que bien d'autres genres musicaux, comme le reggae, le calypso ou la soca, entrent en concurrence, ô combien! Cependant, très peu mettent en doute aujourd'hui l'existence d'un champ musical de type "Gospel", rejoint depuis 20 ans par de plus en plus d'artistes qui ont débuté sur le marché "séculier".

Comme l'explique Curwen Best dans une synthèse universitaire consacrée à la musique populaire carribéenne (Culture at the Cutting Edge: Tracking Caribbean Popular Music, Kingston, University Press of the West Indies, 2004), le Gospel est de moins en moins marginal aujourd'hui. Il attire un public grandissant, et de plus en plus d'artistes "post-séculiers" (C.Best, p.54).

 

Maggie Blanchard, enfant de Port-au-Prince

maggie blanchard,gospel,gospel francophone,francophonie,caraïbes,haïti,canada,québec,curwen best,reggae,port-au-princeParmi ces interprètes de la scène Gospel contemporaine, Maggie Blanchard reste aujourd'hui une des artistes caribéenne de référence, bien qu'elle soit aujourd'hui naturalisée canadienne.

Née à Haïti, dans la capitale Port-au-Prince, elle a grandi dans une culture francophone imprégnée de musique et de christianisme. Douée pour le chant, c'est en s'expatriant à Montréal (Québec, Canada) qu'elle enregistre son premier 45 tours, à l'âge de seulement 16 ans.

Convertie évangélique en 1989, elle décide alors de ne chanter que du Gospel, et se fait connaître à l'horizon international par l'album solo "Libéré", qui rencontre un écho important au Canada mais aussi en Europe, aux Antilles et en Côte d'Ivoire.

Depuis, elle n'a cessé de défendre, avec d'autres, un créneau de "musique de louange" axé sur une offre de salut explicite. Son style n'est pas facile à définir. Est-il caribéen, haïtien? Ce serait beaucoup dire.

 

Réseau diasporique caribéen

Il emprunte plus à une forme de "louange internationale" où les Caraïbes ne constituent qu'une influence parmi d'autres. Mais en cela, Maggie Blanchard représente bien, justement, un espace francophone dont une caractéristique forte et le réseau diasporique. La population protestante caribéenne est aussi presqu'aussi présente en Europe, au Canada, qu'aux Caraïbes mêmes!

Sur le fond, son registre s'inscrit très ouvertement dans une veine exhortative et directe, où le message évangélique et l'appel à la conversion chrétienne sont au centre, illustrant l'étymologie même du mot Gospel (qui veut dire "Evangile", en anglais).  On le voit bien ci-dessous, dans une vidéo où elle interprète "Libéré", un de ses "tubes" qui exalte le pardon des péchés obtenu en Jésus-Christ.

 

Habituée des concerts et des festivals, Maggie Blanchard s'est notamment produite à plusieurs reprises en Haïti, sa terre natale, où sa voix chaleureuse et puissante a séduit un large public.

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