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16/02/2015

Attentats au Danemark et nouvel antisémitisme

topelement.jpgLe nouveau double attentat jihadiste meurtrier qui a frappé ce week-end le Danemark n'est pas qu'une "reprise sismique" des attentats parisiens des 7-9 janvier 2015.

Il illustre aussi les méfaits croissants d'un "nouvel antisémitisme" nourri de ce que Ianis Roder appelle un "antisémitisme culturel" véhiculé au sein des diasporas musulmanes en Europe (cf. entre autres cette tribune).

Distinct de l'antisémitisme européen d'héritage chrétien qui reste actif aussi, il amalgame les juifs d'Europe à l'ennemi israélien au risque de transposer dans les rues des capitales européennes des actes de guerre insensés.


Ces événements illustrent aussi le choc culturel entre une société danoise ultra-sécularisée (le protestantisme luthérien, auquel se rattache 80% de la population, pratique à moins de 2%) et une population migrante musulmane beaucoup plus religieuse, qui comprend très mal qu'on caricature son principal prophète.

Enfin, le drame renforce la précarité d'une petite diaspora juive pacifique et intégrée, à qui l'on avait déconseillé, en 2012, le port de signes distinctifs, par peur de l'antisémitisme...

Lien vers une synthèse sur le protestantisme en Scandinavie (Musée virtuel du protestantisme).

Commentaires

Cher Sébastien, je partage ton analyse, mais je ne pense pas que l'expression "diasporas musulmanes" soit vraiment appropriée. Pour qu'il y ait diaspora, il faut une communauté relativement homogène et un espace de référence. Pas certain que ces deux critères soient remplis. Amicalement.

Écrit par : Frédéric | 16/02/2015

Merci Frédéric. Vaste sujet.... Conscient de l'hétérogénéité des musulmans européens, je me garde bien de parler de diaspora au singulier. En outre, je me garde bien aussi de parler de phénomène diasporique pour tous les musulmans européens. Je pense en revanche que certain(e)s musulman(e)s d'Europe sont à la fois insérés dans une communauté particulière, et un "territoire circulatoire" qui lui est identifié. C'est à ceux-là que je fais référence en parlant de diasporas musulmanes, tout comme il existe des diasporas pentecôtistes congolaises, ghanéennes ou nigérianes, par exemple. Débat passionnant.

Écrit par : SF | 16/02/2015

L'amalgame incriminé, de tout juif à l'"ennemi israélien" dénote une profonde incurie de la conception de la citoyenneté et de la construction identitaire des personnes. C'est plus qu'une stigmatisation, c'est une projection paranoïde sur l'autre selon un double traitement: à la fois on appauvrit en le schématisant, et on le gonfle, on l'augmente jusqu'à ce qu'il rentre point par point dans l'épure, l'emporte-pièce de l'ennemi. Refuser à l'autre r la singularité: un des crimes éthiques les plus graves. Et de plus c'est cela même dont se plaignent, souvent, les "musulmans" quand ils se disent "victimes". Désastre relationnel total, terreau des croisades en tous sens, psychologie kalachnikov. gef

Écrit par : gef | 16/02/2015

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