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08/06/2006

Pourquoi j'ai refusé l'offre de la MIVILUDES

Par décret du 28 novembre 2002, le Premier Ministre a institué la MIVILUDES, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Je ne suis pas de ceux qui en contestent la légitimité. En tant que citoyen tout comme en tant que chercheur au CNRS, je suis conscient qu'il peut exister des dérives sectaires, et il m'apparaît normal que la République se penche sur la question dans le but d'informer et de veiller au respect des libertés. Ce qui me pose problème en revanche, c'est quand l'Etat sous-utilise les chercheurs spécialistes du religieux. Avec la MIVILUDES, c'est malheureusement le cas actuellement. Après une phase d'amélioration des rapports, les choses se sont déteriorées au point qu'à l'heure actuelle, si un chercheur en sciences sociales des religions acceptait un poste au conseil d'orientation de la MIVILUDES, ce serait essentiellement pour servir de caution isolée. C'est pourquoi, bien qu'on m'ait fait l'honneur de me proposer un siège au conseil d'orientation de cette structure, j'ai décidé de refuser. Avec d'autres, j'appelle à une remise à plat du mode de fonctionnement. Ce souci d'un débat public me conduit à mettre en ligne ci-dessous le courrier que j'ai adressé au président de la MIVILUDES. Vous pourrez ainsi juger sur pièce et participer au débat citoyen qui nous concerne tous.


Sébastien Fath
Chercheur au CNRS
Groupe Sociétés Religions Laïcités
59-61, rue Pouchet
75017 PARIS

Le 6 juin 2006

 

 

 

À Monsieur Jean-Michel Roulet
Président de la MIVILUDES

 

 

Monsieur le président,

Par un courriel daté du 31 mai 2006, prolongé par un échange téléphonique le même jour, vous m’avez fait l’honneur de me proposer un siège dans le nouveau conseil d’orientation de la MIVILUDES, et je vous en remercie. Au terme de la semaine de réflexion dont nous avons convenu, j’ai l’honneur de vous communiquer, par la présente, ma réponse à votre proposition.

Mon profond attachement à la laïcité et mon souci d’une prise en compte du facteur religieux dans la compréhension de la société me conduisent à apprécier tout effort conduit par la République pour mieux appréhender la dimension religieuse, y compris dans ses dérives. C’est pourquoi, dans son principe, je suis notamment favorable à ce qu’une structure, qu’elle s’appelle MIVILUDES ou autre, s’attache à traiter de la question des enjeux sectaires.

En tant que chercheur, historien de formation formé à la sociologie, je peux confirmer qu’il existe bien ici ou là, dans les univers religieux que nous étudions, moi et mes collègues, des dérives sectaires. Il m’apparaît normal qu’en République, cet enjeu soit affronté avec sérieux, en se gardant aussi bien de l’angélisme que de la paranoïa. Ces éléments m’inclinent, de prime abord, à accepter votre proposition.

Mais d’autres paramètres, qui pèsent plus lourd dans mon évaluation des choses, me conduisent à décliner votre offre. Deux points m’arrêtent. Ils sont liés. Mon premier élément de préoccupation, c’est l’usage trop réduit, et comme suspicieux, des travaux des chercheurs spécialisés (CNRS ou autres). Je ne dis pas que tous les chercheurs sont excellents, ni objectifs, ni même toujours équilibrés, mais en République, la moindre des choses est d’intégrer pleinement l’apport de ceux que le contribuable paie pour une meilleure connaissance des religions. Mon examen du parcours récent de la MIVILUDES n’est pas probant de ce point de vue. Le second point d’achoppement, c’est qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun chercheur en sciences sociales des religions parmi les membres de la MIVILUDES elle-même (je ne parle pas du conseil d’orientation). Un seul serait déjà insuffisant, mais aucun ! Ma connaissance d’autres contextes européens (comme la Suisse, par exemple) me rappelle qu’il existe bien d’autres façons de fonctionner que cette étrange manière française qui consiste à mettre à distance ceux que la République paie pour être spécialistes du religieux. Que la MIVILUDES ne soit pas un laboratoire, c’est parfaitement compréhensible, ce qui ne l’empêche pas, en principe, de faire du bon travail, utile aux citoyens. On ne lui demande pas de produire des analyses purement scientifiques, car sa finalité est d’abord politique, dans le meilleur sens du mot. Mais qu’au moins, elle montre qu’elle respecte et prend au sérieux l’apport des sciences sociales. Dans cette démarche, les déclarations d’intention ne suffisent pas, ni une nomination isolée. Ce respect passe par l’intégration comme membres à part entière de la MIVILUDES (et pas seulement du conseil d’orientation) d’un minimum de deux ou trois chercheurs spécialistes du terrain religieux contemporain (auteurs d’un doctorat sur le sujet, et membres du CNRS ou des universités). Tant que la structure même de la MIVILUDES n’intègre pas de façon substantielle ces chercheurs, inviter un chercheur isolé pour le conseil d’orientation revient de facto (même si ce n’est pas voulu ainsi) à lui demander de servir de caution, au sein d’un système où les sciences sociales des religions (histoire, sociologie, anthropologie) sont au mieux la cinquième roue du carrosse. Je ne puis, dans ces conditions, accepter ce rôle.

Dès que l’interface citoyen avec les sciences sociales du religieux sera véritablement assuré au sein de la MIVILUDES (ou de la structure qui lui succédera), j’accepterai très volontiers de participer au conseil d’orientation. Dans l’intervalle, je souhaiterais, avec nombre de collègues, qu’un débat public serein puisse s’engager avec les associations et les chercheurs payés par la République, sur la manière dont on peut traiter politiquement la question sectaire. Tant que cette mise à plat n’aura pas lieu, les conditions d’une prise en compte équilibrée du point de vue des spécialistes reconnus du religieux ne seront pas réunies. C’est pourquoi, tout en éprouvant le plus grand respect pour la tâche que la République vous a confiée, je me sens pour l’instant plus utile comme intervenant extérieur (rôle que j’ai déjà joué à deux reprises –MILS, puis première mouture de la MIVILUDES -).

Il me reste à vous souhaiter le meilleur dans la tâche qui est la vôtre, en vous priant d’accepter, Monsieur le président, l’expression de mes sentiments respectueux et dévoués,

Sébastien Fath, chercheur au CNRS

 

Commentaires

Merci pour votre courage politique (dans le meilleur sens du terme!).

Voilà au moins qui devrait faire débat... du moins espérons-le!

Encore une fois, je trouve que vous avez le courage de vous situer, parfois à contre-courant, et ça m'encourage beaucoup. Loin d'être une idole (mdr), je n'utiliserai pas non plus les mots "icône" ou "modèle", vous êtes néanmoins une voix que j'apprécie dans le paysage un peu flou de ce que nous pouvons représenter. Une voix qui sait être juste (d'après mes critères...) et posée.

Une voix... prophétique?

Écrit par : lion El | 11/06/2006

C'est extrêmement cocasse.

Je me demande si ce raisonement serait suivit par ceux à qui ont proposerait un poste comme membre de la MIVILUDES.

Ou un raisonement dérivé tel que : je ne puis accepter ce poste au sein de la MIVILUDES pour la raison qu'il n'existe, au sein du Conseil d'Orientation, aucun chercheur en sciences sociales de la religion.

Écrit par : dupont | 12/06/2006

En fait, je ne saisis pas vraiment votre argumentation.
D'accord sur le fait que les spécialistes des religions devraient déjà faire partie de la MIVILUDES. Ayant un DEA de sociologie, je connais très bien la difficulté de trouver des financements de recherche...
Mais pourquoi une place au sein du conseil d'orientation ne permettrait pas justement de faire en sorte que des chercheurs en Sciences Sociales s'intègrent plus facilement dans les structures?
On change parfois plus facilement une structure en l'intégrant qu'en la critiquant de l'extérieur.

Vous avez certainement d'autres arguments justifiant votre choix qui auraient sans doute mérité d'être explicités dans votre lettre.

Écrit par : el oliva | 12/06/2006

Chers El Oliva et Dupont,
Je m’attendais à ces objections. Je me les suis posées à moi-même aussi, naturellement.
Mais je vous remercie d’y revenir, car cela me permet d’expliciter un peu plus ma décision (prise après plusieurs jours de réflexion). Pour vous répondre, je précise d’abord que ma lettre de renonciation dit l’essentiel. Il n’y a pas de motifs cachés. Pour revenir sur mes raisons, je vous propose une histoire. Imaginez une commission d’information et de lutte contre les dérives de l’utilisation des éoliennes.

Scénario 1, cette commission débute. Elle a l’intention de convoquer un parterre diversifié de spécialistes. Comme elle ne sait pas encore bien s’y prendre, elle commence par peupler sa commission de politiques et d’associations anti-éoliennes, mais elle fait appel aussi à un expert indépendant, en affichant son intention d’en inviter d’autres afin d’avoir l'approche la plus équilibrée possible du problème. Dans ce scénario 1, l’expert se doit d’accepter, même si, au départ, il est très minoritaire. Car son apport est une promesse d’élargissement et de plus grand équilibre. Dans ce cas-là, on est plus utile à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Scénario 2 : la commission a plusieurs années d’existence. Loin d’élargir aux experts indépendants (CNRS par exemple), elle a accentué l’isolement de ces experts, et les a même éliminés de sa structure de fonctionnement. Plus aucun expert indépendant ne fait partie de sa structure même, elle se borne à demander à un seul chercheur spécialiste de participer à son conseil d’orientation (ce qui n’a pas du tout le même poids que de faire partie à part entière de la commission). Dans ce scénario 2, l’expert est fondé à refuser, car son apport se résume à donner un alibi, tandis que l’orientation massive de la commission est de faire la part belle aux associations anti-éoliennes. Dans ce cas-là, on est plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur.

De l’éolienne à la religion, il n’y a qu’un pas (tout ça est affaire de souffle), je vous laisse le soin de tirer vos conclusions, et « bon vent » à tous !

Écrit par : Sfath | 12/06/2006

Bonjour,
Je crois que la réponse est claire : "cinquième roue du carosse"...
Maintenant, j'ai une question Monsieur Fath : accepteriez-vous le même travail non rémunéré de recherche ou de "questions-réponses" auprès d'un organisme privé qui défend les libertés religieuses aussi bien que laïques. J'ai nommé la CAP LC
http://www.coordiap.com ?
Bien cordialement.

Écrit par : Richard | 13/06/2006

Cher Monsieur Richard,

Je ne connais pas votre association. Ma ligne de conduite est d’être ouvert à toutes les sollicitations ponctuelles, à partir du moment où on respecte le point de vue du scientifique. Je n’ai donc pas d’obstacle de principe à être consulté sur tel ou tel point. En revanche, je privilégie les structures publiques pour un engagement régulier en tant que chercheur. Je suis républicain, attaché à la laïcité, et ma position de chercheur payé par la République doit servir l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers.

Écrit par : sfath | 13/06/2006

Bravo Sébastien Fath d'avoir refusé de vous compromettre avec les inquisiteurs néo-pétainistes infiltrés au coeur de l'état français à partir d'officines anti-constitutionnelles comme la Mivilude.
Bravo d'avoir refusé de cautionner ce groupement totalitaire, établissant officiellement une discrimination entre les citoyens selon leurs croyances, par des listes noires d'un autre âge !
La Miviludes n'est pas neutre dans ce débat de société - c'est le moins qu'on puisse dire - surtout qu'elle est repassée sous la coupe des services secrets experts en désinformation et en guerre psychologique comme M. Roulet, avec ordre de continuer l'inquisition, depuis la fin 2005.
Non, au contraire, la Miviludes se vante même d'être hostile à toute l'émergence des créatifs culturels dont elle décrète qu'il s'agirait prétendument d'un mal dangereux à éradiquer, bon prétexte pour les innombrables persécutions perpétrées à son initiative contre leurs concitoyens n'ayant pas à leur goût la bonne religion, une des celles approuvées par l'État !
Et après ça ils ont l'outrecuidance d'essayer de se faire passer pour des laïcistes ? Non, ce ne sont que des intérgistes pseudo-laïques, de véritables démons au service des forces des ténèbres, qui ont perverti l'idéal de laïcité en détournant l'État, la République, la "chose commune", pour l'engager dans une croisade médiévale, dans un combat contre certaines religions montrées du doigt et traitées de sectes dangereuses pour les besoins de la cause !
Vous auriez perdu toute légitimité sur le terrrain, si après avoir accepté cette offre diabolique, si après avoir signé un tel pacte, vous aviez essayé d'approcher les membres de religions minoritaires traitéees de sectes par cette institution et ses complices, ceux qui sont persécutés depuis des années sans qu'aucune voix dans cet nomenklatura pourrie (pratiquement, à de rares exceptions près) ne se soient élevéees contre le sort qui leur était fait.
Bravo !
Sachez que ce n'est pas par hasard qu'il n'y a aucun universitaire dans leurs rangs.
La dernière universitaire membre de la Miviludes, dont j'ai eu vent, Nathalie Luca, de l'École libre des Hautes études en sciences sociales (je crois), a démissionné à l'automne 2005, et pour cause !
Ce n'est pas le rôle d'un scientifique d'être au service d'une idéologie d'exclusion et de division obscurantiste come celle-là !
Regardez ce qu'ils ont fait à l'ethnologue du CNRS Maurice Duval, auteur de "Un ethnologue au Mandarom" (PUF 2002), injustement condamné en 2005 à 12.000,00 € de dommages et intérêts, à verser à ce barbouze ex-parachutiste, membre de l'armée et des services secrets, le démoniaque Dr Abgrall, alias Dr. Hyde. Le pauvre ethnologue a été condamné à se ruiner à la faveur de cet ignoble personnage, parce qu'en ayant répercuté quelque part dans un écrit, un fait qu'il croyait vrai pour l'avoir lu dans un article de Libération - comme quoi le "Dr" en question avait été membre de Hare Krishna autrefois. D'énoncer ce simple fait - c'est vrai que le Dr Abgrall n'a été membre des Hare Krishnas qu'en service commandé, infiltrant ces hindouïstes pour mieux les casser je suppose - fait qui d'ailleurs en soit n'a rien de diffamatoire car les Hare Krishnas sont un groupement religieux tout à fait honorable,le simple fait dde dire cela, de bonne foi, a été jugé diffamatoire par cette parodie de justice soviétique, et on l'a puni en conséquence... 12.000,00 € (douze mille Euros) de dommages et intérêts, vous vous rendez compte de l'énormité de cette injustice ?
Mais ce n'était qu'un prétexte, de la part de cet État totalitaire...
On voulait vous dire, à vous tous universitaires honnêtes et scrupuleux, semblable en tous points par votre éthique et votre intégrité irréprochable, comme ce bon Maurice Duval :
"Si vous essayez de rester neutres dans cette controverse comme Duval, voilà ce qui vous attend."
L'heure est donc à la désobéissance civile, nécesaire et non-violente, au nom du rétablissement de al liberté de religion et de conscience en France, contre ces actions attentatoires aux libertés individuelles des citoyens persécutés dans cette campagne d'un autre âge, qui est un honte internationale pour notre pays toujours pas sorti de l'idéologie pétainiste.
Bravo, que beaucoup d'autres comme vous partout dans l'administration rejoignent la Résistance et refusent de se rendre complices de ces actions contraires à l'esprit d'une République digne de ce nom !
Ami
Mardi 13 juin 2006

Écrit par : Ami | 13/06/2006

Réponse à "Ami"
Voilà un propos qui fleure bon la parano.... et le pastiche!
Je vous renvoie à Montesquieu, qui nous disait il y a bien longtemps que la figure naturelle de l'homme, c'est l'excès. Vous y êtes! Il faut arrêter ces délires. La République française n'est certes pas parfaite, mais elle est bonne fille pour ses enfants, ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas. Je ne reconnais pas son portrait dans la caricature que vous faites. Si vous avez lu mon courrier à la Miviludes, vous verrez que mon refus est nuancé et conjoncturel. Il n'a rien à voir avec le délire antirépublicain auquel vous cédez, je l'espère, par provocation plus que par conviction.

Écrit par : sfath | 13/06/2006

Vous vous méprenez complètement sur la teneur de mon message et vous frisez l'insulte, en affichant publiquement une réponse négative à un commentaire qu'en même temps vous avez censuré : ne trouvez-vous pas que c'est un abus de pouvoir de votre part ?
Si vous refusez de publier mon message et voulez y réagir, alors faites-le directement et en privé, pas publiquement sur votre blog, sinon vous empêchez les internautes de se faire leur propre opinion, vous ne leur donnéez qu'un commentaire tronqué sorti de son contexte, vous ne leur donneez pas la possibilité de se faire leur propre opinion.
Peut-être suis-je devenu excessif au cours des années, suite aux accumulations d'hallucinates persécutions que nous avons subies depuis 1990, et qui fait de nous objectivement des citoyens de seeonde classe, pour qui ne s'appliquent pas les mêmes lois... je veux bien vous le concéder ce point précis.
Par ailleurs je comprends que dans votre réponse officielle à la Miviludes vous ayez voulu rester mesuré, et je vous en félicite, c'est très bien comme ça.
Mais si vous aviez fait ne serait-ce que trois kilomètres dans mes baskets, vous ne jugeriez ni ne condamneriez si rapidement mon message, certes militant et musclé.
En revanche, je ne "cède à aucun délire antirépublicain" comme vous le prétendez, BIEN AU CONTRAIRE !
C'est justement parce que je crois VRAIMENT à l'idéal républicain et que je juge les actions de la Mivilude et de ses complices comme CONTRAIRE aux principes fondateurs de la république, à savoir l'égalité de droits entre tous les citoyens, la non-discrimination entre les citoyens, quelles que soient leurs races, leurs croyances, leurs religions ou leurs convictions.
"La République respecte toutes les croyances, mais n'en reconnaît aucune" est-il dit en substance dans un texte fondateur de notre République - il faudrait retrouver cela. Je suis ENTIÈREMENT d'accord avec ce principe !
Alors j'accepte la critique d'être excessif, d'accord,
d'être parano, pas vraiment : j'aimerais bien que ça soit le cas, ça me soulagerait, mais si vous aviez vécu le centième de ce que j'ai vécu depuis 1990, vous retireriez tout de suite ce diagnostique psychiatrique complètement déplacé, et même pouvant porter atteinte à mon honneur.
Pas besoin d'insulter quelqu'un simplement parce que vous ne partagez pas son point de vue !
Et enfin je réfute entièrement - bien au contraire - votre accusation d'anti-républicanisme...
Désolé si je vous ai choqué, je mérite néanmoins le respect et ce que j'ai à dire n'est pas insensé comme vous le prétendez, en refusant de le prendre en considération, en le balayant ainsi d'un revers de manche méprisant... c'est trop facile !
Bonne journée à vous,
En espérant si vous voulez entamer le débat avec moi,
que vous le fassiez loyalement, sur un terrain d'égalité,
et non en me confisquant le droit à la parole, comme vous venez de le faire.
Je fais confiance à votre intégrité, que vous saurez réparer rapidement cette offense à notre égalité d'accès à ce forum.
Cordialement,
Ami

Écrit par : Ami | 13/06/2006

Mes excuses pour une partie de mon dernier message,
où je croyais à tort, que vous n'aviez pas publié mon pamphlet.
Comme il paraît que le pamplet en question est bel et bien sorti, contrairement à ce que je croyais,
tout mon précédent développement à ce sujet devient nécessairement caduc.
Avec mes excuses,
Par ailleurs je vais suivre votre conseil et tâcher de revenir à plus de mesure et moins d'excès dans mes propos.

Écrit par : Ami | 13/06/2006

2e réponse à "Ami"
Je réponds à votre réponse, et puis je vais m'arrêter là. Vous lisez trop vite cher Monsieur. Si vous aviez pris la peine de cliquer un peu plus haut dans la rubrique "commentaire", vous auriez vu que loin d'être non-publié, votre commentaire figure bien sur mon blog, sans la moindre censure donc. Et c'est bien pour cela que je vous ai répondu aussi sur mon blog. Je joue franc jeu, et j'ai toujours respecté le droit à la parole et au débat.
La raison de votre méprise, c'est que les commentaires sur les blogs sont publiés par ordre chrono. Je n'y puis rien si ma réponse n'est pas immédiatement contigüe à votre texte de départ. D'où l'importance de prendre le temps de lire avant de crier à l'atteinte à la liberté d'expression!!! Vous réfutez le terme de "parano" ? Vous prouvez pourtant, par votre réaction très excessive et viscérale, que vous avez besoin d'aide sur ce plan... Cela dit je m'excuse si j'ai pu vous blesser, car ce n'était pas mon intention. Je respecte votre parcours, et je reçois vos précisions sur votre républicanisme, même si c'est un curieux républicanisme que de taxer de pétainisme la politique de la République actuelle.

Écrit par : sfath | 13/06/2006

"Ami", si l'État était totalitaire vous seriez incapable d'exprimer ce pont de vue (exemple de la Chine où le régime contrôle l'internet) et les universitaires, à l'instar de M. Fath, ne pourraient dire non. Le totalitarisme en France est inexistant, et votre verve façon "c'est tous des pourris" en est la plus belle illustration. Si vous souhaitez ne pas être traité de "parano" alors évitez de dire, je cite, que les membres de la MIVILUDES sont "de véritables démons au service des forces des ténèbres". Je peux vous assurez qu'en cédant à ce formalisme excessif vos propos perdent toute leur valeur.

Je crois que vous vous méprenez ou que vous n'avez pas lu les derniers rapport de la MIVILUDES : il n'y a plus de "liste noire de secte" (petit amalgame de votre part), mais le signalement de dérives ou de risques sectaires dans certains groupes (ce ne sont pas des listes façon 1996 ou 1999!). J'ai reçu le dernier rapport de cette mission interministérielle et j'ai pu lire que la MIVILUDES s'interroge sur les Frères de Plymouth - Sébastien Fath se pose plus ou moins les mêmes questions, si je ne m'abuse - : ça ne signifie pas qu'elle crie au déchaînement médiatique et à l'acharnement totalitaire à l'encontre de ce groupe de protestants évangéliques. Ce sont certaines de leurs pratiques qui inquiètent. De même que les satanistes, les extrémistes ou les médecins rétifs à la médecine traditionnelle sont libres d'exprimer leurs croyances ou conceptions philosophiques ou médicales, s'ils mettent en pratique des actes contraires aux droits de l'homme et portant atteinte à l'ordre public ou aux libertés fondamentales, alors il y a vigilance et lutte. Je trouve cela normal. Tous les groupes mettant en pratique des actes juridiquement dérivants (peu importe que ces actes soient socialement déviants ou non) - partis politiques, associations, religions ou courants de pensée - doivent être sanctionnés. Je n'accepterais pas qu'un membre de ma famille soit orienté auprès d'une personne possédant le titre de médecin et préconisant de renifler de petites plantes pour soigner son cancer.

Autre chose, si la MIVILUDES discriminait les religions minoritaires, alors pourquoi Jean-Michel Roulet, son président, aurait-il attesté, sous les caméras de France 2, que les mormons ne posent "aucun problème" et que la MIVILUDES n'a aucune trace de dérive sectaire à l'encontre du dit groupe ? Pourtant, les mormons sont souvent critiqués par l'UNADFI ou le CCMM...

M. Fath, pardonnez-moi mes propos de "fan", mais j'admire votre courage et votre panache. Vous êtes un exemple de citoyen nuancé et optimiste (en plus, j'approuve vos propos sur Ségolène!) et un des plus grand scientifique français spécialiste du protestantisme (...encore désolé pour mes propos admiratifs !). Je comprends vos motivations - je suis d'accord avec vous, il serait nécessaire d'incorporer plus de sociologues et chercheurs en science humaine - même si je suis déçu que vous ne puissiez faire part de vos conceptions éclairantes lors de ces débats du conseil d'orientation de la MIVILUDES. Dommage ! Ce sera pour plus tard ?

Dernière question avant de vous repasser l'antenne, quel type de structure souhaiteriez vous voir pour traiter des dérives sectaires ? Un observatoire sans pouvoir ? Une Haute autorité façon la HALD ?

Merci

Laoi Mirna

Écrit par : Laoi Mirna | 21/06/2006

Bonjour,
Mon opinion est qu'il n'y a pas de problème de "sectes" en France, juste une peur de ce que l'on ne connait pas. Statistiquement parlant, nous savons qu'il y a moins de suicides, de problème d'alcool ou de drogue dans les "minorités spirituelles".
Ceci dit, il y a des délinquants partout, y compris dans le monde politique si prompt à nous faire la morale.

Écrit par : hubertji | 24/06/2006

OK pour la prise de position
mais vos propositions?
oui pour la mise à plat de l'organisme en question
et après?
L'ingorance en matière religieuse (diversité etc) est chronique en France et personne ne cherche vraiment à dissiper cette ignorance puisque l'on nous renvoie sans cesse à un fantasme de "sectes dangereuses "au lieu de chercher à cerner la réalité qui est bien différente.

Écrit par : Claude | 27/06/2006

La toute nouvelle "commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs" fera-t-elle appel aux travaux de sociologues ou d'historiens ?
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/secte_sante_mineurs.asp

Écrit par : Baptiste | 10/07/2006

Réponse à Baptiste :
S'ils font comme en 1996, où ils se sont contentés de recopier une liste noire commandée aux RG et dressée à la hâte où s'est glissée l'église Baptiste (sic), où ils ont passé 20 secondes d'examen pour chacun des 172 mouvements épinglés, où aucun débat contradictoire n'a eu lieu, où aucun de ces mouvements (les plus divers et tous spirituels) aucun n'a jamais pu se défendre, mais où tous se sont retrouvés blacklistés du jour au lendemain avec tous les médias répercutant la délation publique pendant 9 ans - jusqu'à ce que Raffarin y mette officiellement fin en partant en 2005 (bravo mon Ami Raffarin) - avec l'impossibilité de mettre les députés devant leurs responsabilités de diffamation (impunité organisée), bref, s'il continuent sur la même pente de briser les familles et d'insinuer la méfiance, la désinformation et la haine avec toujours autant d'arrogance et d'aplomb, réussissant à faire croire aux naïfs qu'ils défendent la veuve et l'orphelin, alors non, ils ne consulteront pas les universitaires.
Les ultras parmi eux, qui sont les seuls à avoir la parole dans les massmédias, n'ont pas changé d'un iota leur ligne de conduite, Roulet affirme avec aplomb que les droits de l'homme sont un "prétexte fallacieux" (sic)...
De toutes façons, les droits de l'homme déjà ça les gêne pas mal, mais alors les universitaires, vous pensez, ils sont beaucoup trop objectifs, instruits, et ils ont tendance à penser par eux-mêmes, alors pour une opération de propagande de plus, ils auront du mal à en recruter des crédibles et des honnêtes...
De toutes façons ils se sont déjà fait une opinion, ce n'est évidemment pas une enquête, mais un simulacre d'enquête, tout le monde le sait bien, pour redynamiser l'inquisition et détourner l'attention de leurs casseroles.
Lire à ce sujet ce qu'en ont dit les universitaires à l'époque, dans l'excellent ouvrage sous la direction de Massimo Introvigne Président Fondateur du CESNUR (Centre d'études sur les nouvelles religions) http://wwwcesnur.org, titre de l'ouvrage : "Pour en finir avec les sectes, le débat sur la rapport de la commision parlementaire" chez Dervy (Paris, 1996)...
Merci Sébastien si tu laisses passer mon message, qui, bien que virulent, est parfaitement factuel.
Merci de ton ouverture malgré nos différences de tempérament.
Bon été à tous.
Ami

Écrit par : Ami | 03/08/2006

J'apprécie votre prise de position. Vous avez raison de souhaiter un débat apaisé et équilibré. M. Brard, membre de la Miviludes a été condamné pour son opposition à des groupes religieux et M. Fenech, autre membre éminent, a publie un livre vendu à seulement 2 000 exemplaires sur la meilleure façon de régler leur compte aux "sectes". Bon, on ne peut pas dire que le débat soit très équilibré !

Écrit par : Olivier Dorlain | 21/10/2006

Le problème est que certains sociologues n'ayant pas vécu de l'intérieur d'une par, n'ont aucune crainte à parler des
mouvements qui souhaitent se faire reconnaitre comme religieux, dénoncer leur caractère sectaire est une toute autre paire de manche, cf leurs menaces d'assignations aux tribunal, quand elles ne passent pas à l'acte.. Ainsi donc, il m'apparait que seuls les sociologues dont les écrits n'ont rien de dangereux pour la continuité ou les intérêts de la secte risquent de siéger...

Ce n'est que le point de vue d'une citoyenne qui a eu l'occasion de voir combien les membres d'un certain mouvement qui n'aime pas être appelé secte, se sont sentis devenir étranger à tout sentiment républicain et démocratique, dans une dite et auto-déclarée théocratie 24h/24 en même temps que "bon citoyen" vus par eux-mêmes, quelques sociologues, et par les déclarations des écrits du mouvement en question dont les premiers s'étaient inspirés...

Cordialement votre.

Écrit par : Marie-Claude MARCHAND | 04/11/2007

bonjour
j'ai réalisé une étude sur le phénomène sectaire, une étude totalement iconoclaste et un peu humoristique, dont j'ai dégagé neuf critères ; je parle d'éducation des enfants, de structure relationnelle qui rend les personnes fragilles devant toute prise de pouvoir et cela transpire dans toutes les couches de la société. J'aimerais vous faire parvenir mon texte résumé de 6 pages. Seriez vous d'accord ?
clarification@wanadoo.fr

Écrit par : alice cherbonnel | 27/11/2007

La miviludes est chelou mais pas mal d'antimiviludes le sont aussi! Merci de garder l'équilibre que vous avez, ne tombez pas dans le "syndrôme de Stockholm" qui caractérise certains chercheurs (tombent amoureux de ceux qui les attrapent).

Écrit par : Gyslaine | 05/07/2010

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