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20/08/2006

Pour désenclaver nos terroirs: l’exemple de Villefavard

medium_Logofvf600.jpgParmi les peuples européens, les Français sont les plus frileux devant la globalisation.

On a un peu l’impression que globalisation rime pour eux avec paupérisation, uniformisation et marginalisation des campagnes: bref, un monde globalisé équivaudrait à la capitulation de nos chers terroirs.

Il est heureusement des lieux et des initiatives qui viennent contrecarrer cette sinistrose. Je reviens tout juste d’un week-end à Villefavard, petit village perdu au cœur du Limousin, après y avoir été amicalement invité par mon illustre collègue Jean Baubérot (voir photo ci-dessous) dont la chaleureuse hospitalité familiale m’est allée droit au coeur.

 
medium_baub.JPG
Jean Baubérot sur ses terres, devant la ferme de Villefavard 

 

Diagonale du vide?

 

Au yeux des géographes, on se situe en pleine «diagonale du vide», au sein d’une zone rurale a priori condamnée par les feux conjugués de l’urbanisation et de la globalisation.

Et pourtant, ce lieu marqué jadis par un grand réveil protestant vibre aujourd’hui d’un dynamisme estival remarquable. On n’y organise pas seulement des conférences (exercice auquel je me suis livré cette année). Grâce à la transformation d’une grange en pierre de taille, muée en superbe salle de concert, on y attire quantité de groupes et d’ensembles musicaux.

Ils viennent à la fois se produire (devant un public qui peut dépasser les 300 personnes), mais aussi enregistrer des albums, tant l’acoustique du lieu est fabuleuse.

 

Salle-163-45-T.jpgFerme de Villefavard

 

Il a fallu pour cela l’audace de Jérôme Kaltenbach et son épouse, et la confiance d’amis soudés par une fraternité locale que beaucoup de Parisiens pourraient leur envier. Conçue par un architecte internationalement connu, la ferme de Villefavard s’est taillé une réputation qui dépasse de très loin les frontières du Limousin.

Comme quoi avec de l’initiative créatrice, le sens du risque et le désir de créer du lien, il n’y a pas besoin de soupe au choux pour faire venir les extraterrestres: l’exemple de Villefavard nous montre que la mise en musique des talents de tous horizons peut transformer une grange de «France profonde» en auditorium de classe mondiale.

 

Nos petits terroirs ne parlent pas seulement d’une France qui disparaît: ils peuvent aussi annoncer la France de demain, n’en déplaise aux frileux!

Commentaires

...Ça donne vraiment envie d'y faire un tour :)

Écrit par : AntoineD | 21/08/2006

Certes, une bonne initiative parmi beaucoup d'autres. La diagonale du vide, terme qui date de 1956 est caduque pour définir ces zones dites rurales. L'évolution du territoire français, c'est une autre dialectique. Le rural profond (terme déjà remplacé par les géographes qui parlent de recomposition) face au fait urbain. L'image que vous proposez me paraît ainsi bien angélique et trop éloigné des réalités si on en croit les analyse des géographes spécialisés dans la dynamique du territoire national. Que le tourisme face illusion confronté à un phénomène très bien cerné maintenant à savoir celui de la littoralisation et de l'urbanisation grandissante de la population française, ceci est un lieu commun. Il suffit d'observer le contraste saisissant entre l'intérieur et les côtes de Bretagne. La France détient trois records :
- Le premier pays touristique du monde avec 75 M de touristes
- Le pays le plus associatif de la planète
- Le pays qui compte le plus de festivals au monde.
Dans cette optique, votre exemple ne relève donc pas d'une dynamique exceptionnelle, d'autant plus que les subventions publiques doivent largement tenir en viabilité un phénomène de mode dont la culture bobo est friande !
Bel hommage toutefois à M. Baubérot dont, si je ne m'abuse ce village a fait l'objet de sa thèse de 3ème cycle.

Écrit par : p.avquist | 08/09/2006

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