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09/01/2008

Nicolas Sarkozy ne parle pas globish

3f83c0e80a6c49bdd07bfb948298d817.jpgDe Beijing à Los Angeles, de Londres à Lagos, de Sydney à Rio de Janeiro, tout le monde parle «globish».
Késako?
Le globish, c’est le «global English», anglais basique parlé sur tous les continents, qui permet de franchir les barrières nationales.
Tout le monde ? Non, un petit village résiste encore et toujours…. Vous connaissez la rengaine. Sauf que dans la BD, Astérix et Obélix parlent couramment aux romains, ce qui veut dire…. Qu’ils parlaient le latin, le «globish» de l’époque!


46f9127c8be8b2e496e5a3c30ffc73db.jpgCoup fatal à France 24 trilingue 

De toute évidence, voici une réalité qui a échappé à notre président.

En annonçant hier la mort de France 24 en arabe et en anglais, sous prétexte que l’argent du contribuable ne devrait financer qu’une chaîne satellitaire en français, Nicolas Sarkozy vient de re-ghettoïser la culture française, qui n’en avait pas besoin.
Quelle erreur !

Al Jazira diffuse depuis belle lurette non seulement en arabe, mais aussi en anglais. CNN diffuse en anglais…. Mais aussi en arabe. Idem pour la BBC.

Et voilà que France 24, qui avait eu l’intelligence de diffuser en français, en anglais et en arabe…. se voit condamnée au ghetto linguistique (doré) par Nicolas Sarkozy!

France Monde, qui remplacera France 24, se limitera au français.


Je pense que du côté de CNN, de la BBC ou d’Al Jazira, on doit bien rigoler.
Eux ont compris que ce qui compte le plus, ce n’est pas la langue, c’est le contenu. Et pour valoriser au mieux ce contenu, il faut élargir l’offre de langues.

Si l’on veut faire profiter un large public globalisé d’une belle photo, on la diffusera en JPEF, en TIFF, en PDF, dans tous les formats possibles. Il en est de même pour un beau contenu culturel et/ou journalistique (français), qu’il faut savoir diffuser dans toutes les langues possibles.

 

Formidable retour en arrière 

89b7502deda4c0a19b3762d842bea8ce.gifEn retournant au seul français, notre télévision satellitaire effectuera un formidable retour en arrière. Est-ce ainsi que Nicolas Sarkozy entend faire taire les critiques sur son américanité supposée?

J’ignore quels conseillers mal inspirés lui ont suggéré ce choix autoritaire. Il reste que c’est un choix stupide et carrément désastreux pour l’avenir du regard français sur le monde... sauf peut-être si on multipliait par vingt demain les budgets des Alliances Françaises dans le monde, afin de multiplier par deux ou trois les francophones de la planète (mais on n'en prend pas le chemin).

En se limitant à la francophonie, renonçant à atteindre ceux qui ne parlent pas français, on se recroqueville, alors que l’heure devrait être au contraire à l’échange tous azimuts, forts des contenus qui sont les nôtres.

Nicolas Sarkozy est certes loin d’être le seul à tenir ce genre de posture, coincée entre frilosité, ignorance et démagogie.

 

ebd1122695c16f45e3281059d6a852be.gifUn exemple protestant français 

Il y a pas mal d’années de cela, lorsque le Centre Protestant d’Etude et de Documentation (CPED) se situait encore dans ses vieux locaux, rue de Vaugirard, je me souviens précisément d’une réunion de réflexion sur la conception du site internet Protestants.org, principal portail protestant français.
Je n’étais alors qu’un étudiant avancé, mais j’avais mis témérairement mon grain de sel, et proposé ceci: que le site, portail du protestantisme français, comporte des rubriques en anglais, sans pour autant tout vouloir faire en version bilingue.

Le théologien Laurent Gagnebin m’avait alors très vertement rabroué, s’exclamant en substance: «on ne va quand même pas céder à l’impérialisme culturel américain! Si les anglophones veulent venir, ils n’ont qu’à apprendre le français»!


Résultat: la richesse protestante française reste accessible aux seuls francophones, et les millions et millions d’internautes protestants et non-protestants qui «globishent» vont voir ailleurs…

Fort heureusement tout de même pour les protestants français, certains ont eu l’intelligence de passer outre les Oukazes anti-langue anglaise, ce qui m’a permis de mettre en lien, sur mon nouveau petit blog en anglais, le site du Musée virtuel du protestantisme, doté de nombreuses notices en anglais.

Mais quel dommage, pour le rayonnement d’un grand portail internet français comme protestants.org, de se priver de rubriques en anglais….

Le dommage est 1000 fois plus grand lorsqu’il touche à la télévision satellitaire. Nicolas Sarkozy ne l’a pas compris, mais espérons que parmi les «erreurs» futures qu’il saura reconnaître (comme il a su reconnaître quelques erreurs passées lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008), figurera sa funeste décision de condamner une chaîne satellitaire française trilingue, qui faisait honneur à notre pays sur les cinq continents.

Commentaires

Tu as donc fait le pas... et créé ton blog en anglais... Bravo ! Ca va m'inciter à faire de même.

Écrit par : Baptiste | 10/01/2008

Deux points :
1/ L'Etat français a toujours été frileux avec les langues, nous, les bretons de Bretagne et d'ailleurs, le savons bien! Ceci dit, la langue corse semble ne poser aucun problème... Mais si vous suivez le combat (ce n'est plus un débat) pour la sauvegarde et la relance de la langue bretonne, vous mesurez toute la frilosité de l'Etat français (qui n'est pas composé de minorités culturelles mais d'une population une et indivise, avec une seule langue - de quoi lui permettre d'éradiquer toute culture déjà existante) quand à l'approche linguistique, ne serait-ce qu'en terme de politique intérieure... Alors s'ouvrir à l'extérieur, alors qu'on n'est pas capable de s'accorder à l'intérieur, semble être - évidemment - de la folie pure...
Combien d'élus, de droite comme de gauche, sont pour la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires (http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires)? Pas le président français...

2/ Pouvez-vous en dire plus sur les confessions du Président concernant ses "erreurs" de la conférence de presse du 8 janvier?

Bravo Sébastien pour votre blog, qu'il soit en français comme celui-ci, ou en anglais comme celui-là. Toujours pertinent!

Écrit par : lionEl | 10/01/2008

Réponse à Baptiste
Thanks for the encouragement!
J'attends avec impatience ton blog an anglais!
Quant au mien oui je me suis lancé en bricolant, avec quelques craintes touchant au temps qu'il faudra consacrer... mais en tablant sur le fait que les stimulations intellectuelles vaudront le coût en heures. Comme je compte me limiter sur French Windows à une note tous les 15 jours, cela devrait être gérable.

Écrit par : SF | 10/01/2008

Réponse à LionEl
Votre remarque sur les langues régionales est tout à fait pertinente en effet.
Quant aux "erreurs" confessées par Nicolas Sarkozy, il y en a trois (il fait dans ce registre bien mieux que Bush Jr qui, interrogé de la même manière, ne put en reconnaître aucune). La presse s'en est fait l'écho aussi je ne développerai pas. L'une d'entre elles touchait à la TVA sociale, mal nommée et mal annoncée.

Écrit par : SF | 10/01/2008

Bravo pour cette initiative qui fait de toi une belle locomotive. Au plaisir de lire ce blog en Anglais espérant qu'il contaminera d'autres chercheurs francophones à déjà se lancer et pourquoi pas aller si loin...

Écrit par : fades | 10/01/2008

Franchement, je viens d'apprendre cette décision sur votre note Sébastien Fath et j'ai peine à croire ce que je viens de lire, c'est presque irréel pour moi.

Euh, non, franchement, ça va servir à quoi cette chaîne internationale si elle émet qu'en français?!? C'est pour que les gens qui sont déjà habitué à la culture francophone puisse la contempler, enfin contempler sa petite mort, en toute tranquilité?!? Sans être embêtés par ses imbéciles de l'impérialisme anglophone?!?
Euh, quand on a des positions pareils, je crois qu'il faut avoir les moyens de ses ambitions, car dire aux autres qu'il faut se mettre au français si ils veulent découvrir notre culture, enfin ce qu'il en reste, c'est du petit impérialisme ça il me semble, de l'impérialisme de pacotille et ça n'est pas réservé à ceux qui s'occupe du protestantisme français.
Euh, pour faire simple, il me semble que c'est arrogant, ridicule et stupide. Là, désolé, mais je n'arrive pas à trouver d'excuses. France24 aurait pu mourrir d'une belle mort, en ayant essayé, mais se flinguer tout seul de cette manière pour mieux supporter l'hiver qui s'annonce froid, là désolé, je n'arrive vraiment pas à trouver d'excuses.

Personnellement, j'essaie, sur tous les endroits où j'écris sur Internet de faire comprendre aux gens l'importance de ce nouveau latin qu'est l'anglais, et qu'au minimum il ne faut pas mépriser cet outil de communication, surtout si c'est pour se la jouer vieille gloriole d'une langue qui meurt peu à peu, le français. Pour vous en convaincre, écoutez comment on parle dans les médias, écoutez les langages jeunes, les langages branchés, les langages techniques, les chansons, etc.

En plus quand on veut se la péter il faut me semble-t-il, comme je l'ai déjà dit, avoir les moyens de ses ambitions, c'est à dire au minimum respecter ce qui reste des structures de sa langue, sans s'en interdire des évolutions bien sûr, mais juste respecter, ou au minimum essayer de respecter cette langue.
Or ceux qui assassinent le français à tous les coins de rue de manière plus ou moins grossière sont légions, peut-être autant que ceux qui maudissent l'impérialisme de l'anglais en se gaussant du haut d'une pseudo-supériorité intellectuelle française qui n'existe pas.
Or, c'est dommage car il y aurait bien je crois ce qui pourrait rester d'un regard français sur le monde qui peut-être interressant peut faire avancer les choses vers le haut dans certains domaines, mais bon c'est sûr qu'en coupant le bouton sur les deux canaux extra-francophones, on choisit plutôt le chemin de l'asphyxie, prémice d'une mort proche?

Personnellement, je suis assez convaincu de peu ou proue la mort prochaine de la langue française au profit de l'anglais ou plutôt, et je vous remercie Sébastien Fath de citer ce nom ici du "globish", ce nouveau latin.
Je suis étonné qu'on en entende quasiment pas parlé en France, enfin mon étonnement est vite relativisé par la conscience que j'ai de la fermeture et de l'arrogance qu'a notre culture qui n'a pas les moyens de ses ambitions.
Néanmoins cela ne m'empêche d'essayer de m'exprimer dans le français le plus correcte qui soit et quand je lui porte des coups, car pour moi le futur c'est le globish, à chacun de s'en saisir pour l'améliorer, je le fais de manière honnête et franche en passant directement à l'anglais que j'essaie d'employer de la manière la plus correcte possible.

A ce titre toutes ces francisations de mots anglais que je trouve stupides car inutiles et inemployées m'enervent particulièrement. Les américains, quand ils font appel à des éléments de culture française, ils emploient des mots français, seulement voilà ce sont des mots qui correspondent à des vieilles gloires, des vieux clichés de la france, en particulier le romantisme avec "femme fatale", "rendez-vous" (mince! j'en ai pas d'autres qui me viennent à l'espit!).
Mais nous forcément c'est un raz-de-marrée culturel qu'on se prend en pleine tête, alors comme on avait un petit piedestal avant, on a du mal à le quitter, ce qui conduit à des choses parfois pathétiques, souvent ridicules et de toutes manières fatigantes.

Enfin, j'aimerais revenir sur les langues régionales, qui ont été évoquées dans les commentaires.

Personnellement je reste assez circonspect avec ce renouveau des langues régionales et j'ai du mal à avoir un regard positif dessus.

Bon, tout d'abord, je sais, en France les langues et les cultures régionales ont été assassinées à la révolution et après. Mais bon ce qui est fait est, non?
On ne réssuscite pas les morts il me semble, non? (Euh, s'il vous plaît j'espère que personne ne me sortira pas l'histoire de la résurection de la résurection de Jésus, si jamais c'était le cas, je me contenterai de répondre que je ne porte pas crédit à cela en tant que fait mais plutôt en tant que quelque chose qui serait du domaine de la métaphore).

J'ai l'impression que ce renouveau des langues régionales traduit une espèce de fermeture au monde, pris de panique devant sa complexité, on se réfugie dans le passé et on ressort les vieux cadavres, on se love dans les cercueils et on essaye de s'empreindre de l'esprit des morts. Pourquoi? Parceque dans le passé, c'était forcément mieux! Tout était plus paisible! Plus calme! La vie était forcément plus agréable! Et puis, on a une identité à défendre! Elle ne s'inscrit absolument plus dans la réalité, mais il faut la défendre!
Euh, pourquoi? Ben, euh? Euh? Euh, c'est rassurant, ça fait des repères, c'est ça, non? Des repères qui ferment les perspectives futures pour se complaire dans le passé figé, mais bon, ça fait des repères...

Alors forcément, je n'accuse pas le renouveau des langues régionales de tout ça, mais il me semble qu'elles sont un symbole fort de cet état d'esprit qui me semble-t-il est bien présent en France pour ce que je connais de mieux, et je dirais aussi un peu partout dans le monde, à part peut-être dans certains coins de la Californie à la limite, où là-bas, ils cherchent encore à inventer, à défricher de nouvelles pistes pour le futur, ils défrichent, construisent, transforment, vont au devant de l'avenir.
Je dis pas que j'aime tout ce qu'ils font là-bas, mais je me permet juste de saluer cet état d'esprit. Il se pourrait d'ailleurs que ça ne dure plus très longtemps pour eux là-bas. Cette région, pourrait à l'instar de l'Amérique puis du monde entier se faire croquer par ce qui pourrait être une vague géante, celle des "evangelicals" (évangéliques en français), avec la puissance de leurs armées de megachurches. Et alors là, on referait pas un bon du temps où on parlait le breton courament de Brest à Rennes (si tenté qu'on parlait le même breton à Brest et à Rennes, ce que je ne sais pas et que je dis sans aucune condescendance), mais avec ces "joyeux amis là" (mais peut-on vraiment appeler ce qu'ils transmettent de la joie?), c'est du 2000 ans ou plus en arrière qu'on pourrait connaître psychologiquement ou tout du moins une tendance vers cela.

Alors bon, je sais, tout ce que j'esquisse là, c'est pas très gai, fantasque pourront dire certains, voire carrément stupide pour d'autres. Mais de toutes manières, cela n'engage que moi et chacun en fait ce qu'il en veut, de la considération pour ses propos me suffiront et je suis ouvert à tout débat constructif. Je me permet de tenir ces propos car il me semble qu'ils trouvent un échos dans la réalité et j'espère une certaine pertinence.

Il me semble aussi que ces évolutions dont je parle pourraient être normales au vu de l'évolution de l'espèce humaine. Si elles ont bien lieu, je ne doute pas qu'elle saura les dépasser et s'en sortir par le haut à plus ou moins long terme, si elle se perpétue bien entendu, ce dont j'ai envie.

Seulement pour qu'elle s'en sorte par le haut, ben faut qu'elle veuille s'en sortir, faut qu'elle agisse. Je considère que le moins que je puisse faire dans ce sens c'est d'écrire sur Internet pour parler des dangers qui sont selon moi crédibles et pour essayer de trouver des débuts de pistes à partager avec d'autres pour s'en sortir par le haut.

Voilà pourquoi, vous tombez sur de longs commentaires de ma part sur ce blog et voilà pourquoi ils débordent vite d'un sujet circonscrit.

Voilà donc aussi pourquoi je vous présente mes excuses pour cela et vous remercie si vous êtes allé au bout de ce commentaire et des autres que j'ai pu écrire.

Je réfléchis par ailleurs à la possibilité de faire un blog personnel qui pourrait donner une forme plus construite à mes propos, et à l'instar d'autres ici je réfléchis aussi à ce qu'il puisse avoir une forme anglophone.
Bon, pour l'instant rien de concret, mais si jamais ça se fait peut-être n'aurait vous plus à "subir" ces longs commentaires qui débordent un peu, voire beaucoup, des sujets de ce blog. Mais, en attendant, et même peut-être si ça se réalise, je crois que tant qu'on ne me fera pas sentir, même gentiment, qu'il faudrait mieux que j'aille voir ailleurs avec mes commentaires, il y a de fortes chances pour que je continue!

Je remercie donc une fois de plus Sébastien Fath pour l'espace très interressant que constitue ce blog, tant pour l'espace à consulter que pour l'espace pour s'exprimer.

C'est donc ainsi que d'une manière, amicale, cordiale et sincère je remercie tous ceux qui ont porté attention à ce commentaire et je les salue!

Écrit par : tsionebreicruoc | 10/01/2008

Benoist,
Ce qui ajoute à la longueur de vos commentaires, et qui est pour moi vraiment ennuyeux à lire, c'est lorsque vous vous étendez sur les excuses que vous formulez d'écrire si longuement. A part ça, vos remarques sont intéressantes!

Concernant les langues régionales, je sens que vous n'êtes pas familier avec cette notion (je peux me tromper) et que vous ne le voyez que comme la résurrection fictive d'une culture enterrée. Je dois reconnaître que c'est la partie visible de l'iceberg : la parole est souvent donnée aux militants passéistes, et étrangement c'est souvent ceux-ci qui se battent pour avoir des postes à responsabilités dans ces mouvements. Heureusement, pas toujours.

Mais la question des langues régionales, c'est un peu plus que ce retour en arrière. C'est permettre aux gens de vivre leur culture aujourd'hui. Vous dites par exemple que la langue française se meurt. Doit-on pour autant arrêter de parler français? Non, vous-même semblez être d'accord pour préserver la langue.

Sachez que pour ce qui concerne la langue bretonne, c'est pareil. Jamais elle n'est morte. L'Etat français a sévèrement interdit aux enfants de l'école publique, laïque et républicaine de "parler breton et de cracher par terre", parler breton est devenu une honte et c'était sévèrement réprimé dans toutes les couches d'activité sociales (travail, administration, etc) et en effet, pour ne pas trop troubler les jeunes générations, on ne parlait presque plus breton à la maison, sauf entre locuteurs.

Mais croyez-vous sincèrement que personne en Bretagne ne parlait breton? Croyez-vous que la langue ait pu mourir? Il y a toujours eu des gens qui parlait cette langue non pas parce que c'était l'expression de leur héritage culturel passéiste, mais parce que c'était l'expression de leur présent culturel. Leur identité. Et aujourd'hui, il y a un vrai désir de transmission et de redécouverte de cette langue. Cela ne signifie pas revenir en arrière, cela signifie intégrer la langue à la culture française. Ce n'est pas un rejet de la langue française, au contraire.

Je vous encourage à imaginer ce qu'un rapport comme le rapport Benesti (http://cirdel.lyon.free.fr/IMG/pdf/rapport_BENISTI_prevention.pdf)
peut faire sur les personnes d'un autre langage culturel, à savoir que le fait de ne pas parler français à la maison mène à la délinquance. La personne par exemple d'origine anglaise, ou maghrébine, doit apprendre le français, c'est une évidence, mais doit-elle oublier de parler la langue de sa naissance? Doit-elle ne pas la transmettre?

Lorsqu'on étudie les séquelles de la répression culturelle en Bretagne, on s'aperçoit que les traumatismes sont énormes, parce que l'identité des personnes a été bafouée. Pour moi, il s'agit de trouver l'équilibre le plus juste possible entre le respect des cultures minoritaires et leur engagement à vivre la culture française. Ou comment l'expression de la culture régionale peut enrichir la culture française.

Pour info, si je vis en Bretagne, je ne suis pas breton!!! Enfin, si, par baptême, si l'on peut dire. Ma femme est bigoudène (sans coiffe) et mes filles sont dans une école Diwan - apprentissage du breton selon le principe de l'immersion. Bien sûr, ce n'est pas une école publique, laïque et républicaine, elle est juste laïque et républicaine. Parce que l'Etat français ne veut toujours pas reconnaïtre que le breton peut être une langue natale valable. Or, mes filles parlent très bien le français, je vous assure!!!

En tout cas, un grand merci à Nicolas pour sa lutte acharnée contre toutes les langues de la France...

Écrit par : lionEl | 11/01/2008

Comme Benoist, j'apprends l'info par le blog. Une occasion de plus de remercier Sébastien Fath !
Concernant les langues régionales, je répondrais à Benoist qu'une langue entraîne une manière de pensée spécifique, car dans chaque langue les mots désignent quelque chose qui n'est jamais exactement recouvert par la traduction du mot dans une autre langue. Et donc connaître plusieurs langues est une richesse de pensée supplémentaire, cela permet de faire d'autres associations d'idées lorsque l'on étudie un sujet aux multiples ramifications, comme par exemple en... sociologie !

Écrit par : Matthieu | 12/01/2008

lionEl

Tout d'abord il se pourrait en effet que vous n'ayez plus à subir les excuses qui accompagnaient jusqu'à présent souvent mes commentaires.

En effet, je pense que je l'ai assez fait, personne ne m'a rien reproché jusqu'à présent et j'ai pu avec mon dernier message expliquer sur ce site le sens de ma démarche qui faisait que mes commentaires débordaient facilement des sujets circonscrits.

Je vous remercie par ailleurs pour l'intérêt que vous portez à ce que j'écris et vous devez être bien conscient que cela m'encourage...!

Pour revenir au sujet en question:

Tout d'abord je dois vous dire que le lien que vous me proposez renvoie à une erreur 404.

Ensuite. J'ai lu et entendu tout ce que vous avez écrit dans votre message.

Très franchement, je trouve votre point de vue tout à fait respectable mais j'ai peur que celui-ci ne décrive que ce que pourrait être les meilleurs rapports qu'il pourrait y avoir entre les langues, une sorte d'utopie linguistique, en particulier pour les raisons psychologiques qui font qu'on se tourne ou pas vers ces langues. Je soupçonne donc votre approche de la démarche qui mène aux langues régionales d'être circonscrite à des objectifs plutôt que correspondant à une réalité, ou alors pour un nombre minime de personnes. Je vous assure qu'il sagit là d'un point de vue sincère et pas d'une défense bête et méchante de ma position.

Pour ce qui concerne ma position, voici tout d'abord l'approche concrète que j'ai des cultures et langues régionales:

Comme je l'ai dit dans un de mes commentaires de ce blog (note sur Harry Potter), j'ai pas mal déménagé durant mon enfance et n'ai donc pas d'attache régionale particulière si ce n'est les différentes régions dont sont originaires les différentes parties de ma famille qui, elles, étaient stables, peut-être une partie de ma position peut aussi trouver une explication là-dedans.

Néanmoins depuis une dizaine d'années (10 ans à la mi-juillet), j'habite dans une petite ville du Sud-Ouest, Castres, 70km à l'Est de Toulouse, 100km à vol d'oiseau à l'Ouest de Montpellier, 70 km au Nord de Carcassonne, 40 km au Sud d'Albi. Là, on est dans le pays de l'Occitanie, et donc de la langue Occitane. Pays de l'Occitanie qui recouvre d'ailleurs si j'ai bien compris une bonne partie de la moitié Sud de la France. Et par ici quand on parle d'école qui enseignent les langues régionales, on parle de "calendrete". Les calendrete ne sont pas légions je crois dans la région mais il y en a une à Castres. Je connais des gens qui y mettent leurs enfants et j'ai pu discuté avec une personne qui y travaille bénévolement (ouais, niveau budget, c'est loin de rouler sur l'or). J'ai pu donc apprendre tout un tas de choses sur le fonctionnement de cette école, et, parraît-il, on y va pas forcément pour parler l'Occitan, mais aussi parceque ces calendrete privilégient des modes de fonctionnement et de pédagogie alternatifs ce qui n'empêche pas que la langue occitane soit très importante dans leur programme. Par exemple, il paraît que même des familles d'origine maghrébine viennent y inscrire leurs enfants en se foutant pas mal qu'on y parle occitan, mais parcequ'elles pensent que cette école sera bien pour eux et si ma mémoire est bonne peut-être aussi parceque cette école n'est pas très chère, et soit dit en passant, quand il y a des fêtes il paraît que ce sont ces familles d'origine maghrébine qui sont les plus actives en terme de participation (gâteaux, etc).

Voilà pour ce qui concerne mon approche concréte des cultures et langues régionales.

Néanmoins, malgré tout ce que vous m'avez dit, que j'ai considéré, et malgré mon approche concrète de cette question et je persiste et signe.

En effet, je suis les médias, j'écoute les gens parler ici et là, et j'essaye toujours de me situer le plus possible dans la justesse quant à la réalité, mettant mes "à priori" sans cesse au défi et m'ingéniant à trouver une légitimité à tous ceux qui existent, ne cherchant donc à détruire que ceux auxquels, suite à ma démarche, je ne trouve pas de légitimité. Et, soit dit en passant, quand je parle de prospectives tout cela est très important pour moi.

Dans ce sens, et c'est là que je persiste et signe, ce renouveau des cultures régionales, dont les langues sont un symbole fort, traduit bien pour moi le fait qu'on va chercher les vieux repères, parcequ'on est paumé devant la compléxité et la dureté du monde. Les vieilles cultures sont figées et passées donc idéalisées, donc idéal pour se rassurer, donc on se tourne vers elles.

Comme je l'ai déjà dit, d'une manière plus ou moins forte, il semble que ce soit un mouvement mondial ("global" pour la jouer globish), qui épargne encore jusqu'à présent que quelque coins de la Californie et quelques centres de recherches principalement aux Etats-Unis et ici ou là de part le monde. Je crois que c'est un mouvement qui, ici ou là, prendra des formes de plus en plus visibles à tendance explosives.

La modernité écrasante de la mondialisation mâche, avale, digère toutes les cultures mondiales qui essayent de s'adapter peu ou proue, de gré ou de force, à celle-ci. Je crois que ces retours en arrière régionaux de par le monde, régions d'un pays comme régions du monde, connaîtront donc une phase éclatante, qui après l'explosion, laissera un grand vide dans lequel pourra alors s'engouffrer le grand retour en arrière, celui qui englobe tous les aspects de l'être humain, celui de la religion.

Je pense qu'il y aura deux grands retours en arrrière, celui du côté chrétien, que les évangéliques sont selon moi en train de construire et celui du côté musulman que je pense un autre mouvement va construire, un mouvement qui selon moi rafflera la mise politique et religieuse des coups d'éclats d'Al-Qaida et qui sera l'avenir politique de son idéologie, un mouvement qui par certaines manières de fonctionner ressemble pas mal aux évangéliques. Ce mouvement s'appelle le "Hizb ut-Tahrir" (la traduction française qu'on donne est "Parti de la Libération Islamique", le PLI), mouvement qui est aussi en pleine construction et qui ne saura pas avare de mutations selon moi, tout comme les évangéliques. C'est un mouvement que je conseille de suivre pour les années à venir et dont on peut trouver une description ici: http://www.liberation.fr/actualite/monde/276332.FR.php. Les évangéliques d'un côté et ce mouvement de l'autre créeront selon moi à terme chacun une entité politico-économico-religieuse régnant sur chacun un empire, partageant la Terre en deux. Seulement voilà, l'un sera riche, l'autre pauvre et je pense que le pauvre renversera le riche, peut-être même parceque le riche fort de sa supériorité aura voulu se frotter au pauvre, le tout dans un climat de radicalité religieuse universaliste et passéiste couplée à la modernité technologique avec en fond l'apparition de nouvelle(s) religion(s), spiritualité(s) qui préparer(a)(ont) le futur et ouvrir(a)(ont) de nouvelles perspectives pour l'Humanité. Tout cela, comme je l'ai déjà dit, si l'espèce humaine se perpétue bien entendu, et comme je l'ai déjà dit, j'en ai vraiment envie! Il semble qu'il y ai tant à explorer, découvrir, connaître, comprendre, tant de frontières à repousser, que je n'ai pas envie que ça s'arrête stupidement pour quelques orgueils ou envies mal placés (pas mal l'euphémisme! non?).

Wow! On a pas mal voyagé! Non? Dans l'espace tout d'abord, on est parti de Bretagne et on s'est rendu à Castres. Puis dans le temps, dans lequel on se retrouve vachement loin là! Enfin, peut-être, let us see! J'aime bien cette expression, and it permit me to speak my globish! This sort of easy and basic english language, you know what I mean, course.

Bon par rapport à ces développements, je tiens à préciser que je n'ai jamais lu Huntington ou un de ses avatars et que même si l'on peut trouver ça prétentieux je me fie avant tout à ma réflexion et à mon analyse sans pour autant me fermer à ceux qui sauront me montrer si je me trompe, et je sais reconnaître quand je me trompe. Ensuite, comme je l'ai dit dans mon dernier message:

Tout ce que j'écris là, certains pourront trouver ça fantasque, grossier voire stupide mais soyez sûr que je ne m'ingénie pas à chercher ce qui peut faire le plus peur, car, pour faire simple, et vous avez pu peut-être vous en rendre compte en me lisant, je pense bien que "après la pluie, le beau temps", à savoir que, passé ces obscures obstacles, l'espèce humaine si elle continue peut s'en sortir par le haut, tout n'est qu'une question de temps et il me semble en sens qu'à notre époque la patience et la sérénité tiennent lieu de grandes vertus.

Tout cela n'engage que moi et chacun en fait ce qu'il en veut. Je suis ouvert à tout débat constructif et si mon idée d'espace personnel sur Internet se concrétise, je pourrais notamment développer un peu plus tout cela.

Voilà, merci pour l'attention de tous ceux qui sont arrivés jusque là et peut-être à la prochaine pour un nouveau voyage sur cette compagnie, Sébastien Fath, ou sur une autre, let us see!

Salutations!

P.S.: S'il vous plaît, j'ai fait ressortir le "s" dans mon pseudo, et je m'en suis expliqué pourquoi dans la note sur l'affiche de l'UNEF de ce blog, mais mon appelation, que je préfère d'ailleurs, c'est Benoît, merci!

Écrit par : tsionebreicruoc | 12/01/2008

Hehehe

Je découvre votre commentaire après avoir envoyé mon dernier message Matthieu.

Merci pour votre précision dont je suis conscient et à ce titre je crois qu'il serait bon qu'on se saisisse du globish pour lui donner de la complexité et de la nuance, pour construire cette langue, pour ne pas en faire quelque chose qui ressemblerait peu ou proue à une "novlangue", si vous voyez ce à quoi je fais référence. A savoir une langue simpliste et basique qui déboucherait donc sur une pensée basique et simpliste et donc sur une organisation de la société basique et simpliste.

Vous me permettez par ailleurs de faire apparaître là quelque chose que j'avais voulu mettre dans mon premier message et que j'avais oublié.

C'est que personnellement, je n'ai aucun problème, et je trouverai même pas plus mal, que l'on enseigne les langues régionales pour ce qu'elles sont, c'est à dire des langues mortes.

Mais s'ingénier à faire revivre ou faire vivoter quelque chose qui n'a plus de perspectives et plus de ressorts s'inscrit dans le mouvement que j'ai décris dans mes deux commentaires de cette note.

Écrit par : tsionebreicruoc | 12/01/2008

Merci pour cet article. Je n'en ai rien entendu sur les principaux médias français. Pourquoi Sarkozy a-t-il agi en catimini ?
La France est toujours jacobine et nombriliste. Un commentateur a évoqué comment les Bretons ont été maltraités, je pourrais en dire autant des Alsaciens. A l'école des années 1960, nous étions punis lorsqu'en cours de récréation nous parlions l'alsacien qui était pourtant notre langue maternelle. Nous avions appris l'alsacien à la maison et le français à l'école. Nos parents et nos grands parents ballottés plusieurs fois entre la France et l'Allemagne (Français avant 1870, Allemands en 1970, Français en 1918, Allemands en 1940, Français depuis 1945) n'auraient pas pu nous l'apprendre correctement. En 1940 on était passible d'internement ou de déportation si on parlait le français. Après la guerre, il était "chic de parler français" (selon une campagne de publicité manipulatrice de l'époque). Parler l'alsacien équivalait à parler le "boche" pour de nombreux Français venus d'autres régions. La pression psychologique était énorme. Pour franciser la région au plus vite, l'Etat avait fait venir de nombreux fonctionnaires d'autres régions. Enfant, j'ai été témoin de scènes où des personnes (et notamment ma mère) étaient rabrouées par des fonctionnaires de la caisse de sécurité sociale parce qu'elles s'exprimaient en alsacien. Nous avons connu l'humiliation, non seulement de la part de l'Allemagne nazie, mais aussi de la part de la France après la "libération" !
Pourtant, la connaissance de l'alsacien m'a permis d'apprendre l'allemand avec beaucoup de facilités, et même l'anglais, comparé aux camarades originaires d'autres régions qui avaient beaucoup de mal à apprendre ces langues. Même à l'armée, dans les années 1970, on me rétorquait que "on est en France, qu'avons-nous besoin de langues étrangères ?"
Malgré tout je pensais cette période révolue. L'attitude du président de la République nous démontre le contraire, hélas ! D'ailleurs, la France est, depuis des années, en Europe le seul pays à n'avoir pas signé la charte des langues régionales ! Une preuve de plus de sa frilosité en la matière. C'est désespérant.

Écrit par : Patrick B. | 12/01/2008

Tiens un autre billet anti-Sarkozy - les sociologues de droite, ça existe ? :)

Pour ce qui est du "grand portail protestant français protestants.org", je suis d'accord avec votre analyse en ce qui concerne sa localisation en anglais.

Par contre, votre qualicatif "grand" me dérange. Je ne trouve pas ce portail "grand", tant au niveau technique (vieilles technologies web, très web 1.0 voir 0.5) qu'au niveau de son contenu. Je trouve, par exemple, que ce portail ne donne pas assez de voix au protestantisme évangélique et n'est donc pas représentatif du protestantisme français, perdant ainsi sa légitimité ... par exemple, la semaine dernière lors de la semaine de prière de l'Alliance Evangélique Mondiale, aucune annonce n'avait été posté sur le site.

Il existe aujourd'hui un créneau 'vide' sur le web protestant francophone pour un site qui donnerait une voix aux protestants évangéliques, 'historiques' et libéraux. Le TopChrétien ne le fait pas non plus (et vire dans beaucoup d'excès), car plus pentecôtiste voir charismatique qu'autre chose.

Écrit par : Tim | 13/01/2008

Benoit,
Je situe très bien votre raisonnement, puisque j'y suis confronté presque quotidiennement (et oui, même en Bretagne!!!)
Mais alors je m'interroge. Puisque je vous ai posé une question à laquelle vous n'avez hélas! pas répondu : pourquoi vous obstiner à parler (ou écrire) en français, alors que vous dites vous-même "je suis assez convaincu de peu ou proue la mort prochaine de la langue française".
Au sujet des langues régionales, vous dites : "C'est que personnellement, je n'ai aucun problème, et je trouverai même pas plus mal, que l'on enseigne les langues régionales pour ce qu'elles sont, c'est à dire des langues mortes.

Mais s'ingénier à faire revivre ou faire vivoter quelque chose qui n'a plus de perspectives et plus de ressorts s'inscrit dans le mouvement que j'ai décris dans mes deux commentaires de cette note." Si ces langues régionales, pratiquées encore par des milliers de gens dans leur quotidien (!!!) sont pour vous des langues mortes, et si ce que vous dites sur le françaos (à savoir qu'il est en train de mourir, ce qui me semble proche du terme "vivoter" que vous utilisez), alors cessez de nous écrire en french (pour faire globish)...

Ou alors considérez que le français ne se meurt pas. Ou alors considérez que les langues régionales peuvent avoir une richesse vivante à apporter à la culture française...

Merci en tout cas à la personne alsacienne qui nous retrace les contours historiques de sa langue natale. C'est toujours très enrichissant pour le français que je suis.

Et tiens, juste au détour - parce que je suis un évangélique et que j'aime me référer à la Bible - voici ce que dit l'apôtre Jean lorsqu'il décrit sa vision de ce qui se passe(ra) dans le ciel :
"...je vis une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer. C'étaient des gens de toute nation, de toute ethnie (ou tribu), de tout peuple, de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l'Agneau... Ils proclamaient d'une voix forte : Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le trône, et à l'Agneau." Apocalypse, 7.9-10

Écrit par : lionEl | 13/01/2008

Pour le rapport Benisti (langues et délinquance) vous le trouverez à la fin de l'article suivant :
http://www.afrik.com/article8155.html

Écrit par : lionEl | 13/01/2008

Réponse à Tim
Mon billet n'est pas "anti-sarkozyste".
Du reste, à l'inverse de certains collègues, je ne me définirais pas comme un "anti-sarkozyste" primaire, même s'il est vrai que je n'ai pas voté pour Nicolas Sarkozy aux dernières présidentielles. Je ne considère Nicolas Sarkozy, ni comme un nouveau Berlusconi, ni comme un nouveau G.W.Bush: ces comparaisons manichéennes et démagogiques ne sont pas les miennes.
En revanche, c'est vrai que cette décision de notre chef de l'Etat me paraît regrettable (et ce n'est pas la seule). Par-delà les questions de personnes, j'ai souhaité nourrir le débat et mettre mon grain de sel dans la blogosphère (peu bavarde sur ce sujet de la mort de France 24).
Concernant le site de la FPF, je vous trouve un peu sévère... mais vous n'avez pas tort de souligner qu'il existe un créneau protestant généraliste, "tous courants", que personne n'occupe sur le Web.

Écrit par : SF | 13/01/2008

Tout d'abord, pardon pour le commentaire en double (en plus il est long!), problème technique, je ne vois pas vraiment comment ça s'est produit.

Ensuite, lionEl

Je n'ai aucun problème avec tous ces gens qui parlent encore le breton ou par là où j'habite l'occitan ou d'autres langues régionales.

Que ces cultures continuent à exister parcequ'elles sont là, pourquoi pas, grand bien leur fasse, mais s'il vous plaît, n'entraînez pas les jeunes là-dedans!

Ces cultures, qu'on le veuille ou non, sont mortes, elles ne s'inscrivent plus dans la réalité, ne projetez pas les jeunes dans le mur du passé, n'essayez pas de réssusciter les cadavres ou de vouloir faire courir le 100m à des gens en fin de vie: perspectives: 0.

Qu'on garde des éléments de ces cultures qui trouvent encore raisonance dans le présent, ne serait-ce qu'à un niveau typiquement régional, pourquoi pas! Qu'on enseigne ce qu'ont été ces cultures et ces langues, pourquoi pas! Très bien!

Mais devant le présent complexe et difficile à maîtriser, ne nous recroquevillons pas dans le passé, sinon le futur s'occupera de nous. Je préfèrerai que ce soit nous qui nous occupions de lui, qu'on cherche à l'inventer, que l'on mêle ambition, réalité et patience pour s'ouvrir de nouvelles voies, plus éclairées que les présentes.

Laissons les cadavres au cimetière, recueillons-nous sur leurs tombes ou leurs plaques, parlons de leur mémoires, de leurs actes, essayons de les comprendre, d'apprendre de ce qu'ils ont été et de ce qu'ils ont fait pour agir au présent et envisager le futur, accompagnons aussi les gens en fin de vie, servons-nous de ce qu'ils peuvent encore nous transmettre, mais s'il vous plaît, devant notre incapacité à nous saisir du présent n'essayons pas de les faire revivre et de revivre comme eux. Le passé, c'est du passé, aussi dur a-t-il pu être. Des choses vivent puis meurent, certaines dominent d'autres allant jusqu'à les tuer et même si il est peut-être facile de tenir ce discours quand on ne se sent pas touché par l'histoire des cultures régionales, je crois qu'il me semble bon de le tenir quand même, il me semble que cette résiliance grandirait la parole de ceux qui ont été touché par la dureté du passé quant à leurs cultures respectives.

Essayons plutôt de nous tracer de nouvelles perspectives pour le futur, allons au devant de celui-ci! Soyons ambitieux, soyons conscient de toutes les réalités, ne soyons pas impatient. Voilà, me semble-t-il, les 3 conditions indispensables qu'il faut réunir pour espérer envisager un futur intéressant, même si l'on doit parler de très long terme, car il faut bien jeter les bases d'un édifice à un moment ou à un autre il me semble. C'est en tous cas plutôt par cette voie là que je suis attiré plutôt que d'essayer de réinssufler la vie à de vieilles choses qui ne trouvent plus d'échos ou que très peu dans la réalité. C'est à chacun de voir.

J'en arrive donc à ma pratique personnelle des langues, français/globish.

Voyez-vous, cela rentre dans le cadre d'une approche totalement pragmatique, tout comme ce que je viens de dire sur les langues et cultures régionales.

Je parle avant tout français et avant tout avec des gens de culture française car ce sont avec eux et dans cette langue que je peux jusqu'à présent le mieux exprimer les nuances de ma pensée, c'est avec eux et de cette manière que la communication passe le mieux, que les choses sont transmises de la manière la plus juste possible, que les connexions s'établissent le mieux, c'est nécessaire à ma socialisation dans la société dans laquelle je vis, à tous niveaux et sur différents plans.

Et pour qu'une langue rime à quelque chose, il faut en respecter les règles, orthographiques et grammaticales, tout en sachant les faire évoluer et se débarrasser de ce qui est devenu obsolète. Je m'applique donc à faire tout cela.

Néanmoins, ça ne m'empêche pas de regarder le monde dans lequel je vis dont la francophonie n'est qu'une très petite partie qui à part les francophones ne semble pas être regarder par grand monde. Dans ce monde, la planète Terre en 2008 après Jesus Christ, c'est le globish qui a raflé la mise, c'est un langage compris quasiment de par le monde, c'est le langage avec lequel on conceptualise, on technicise et surtout avec lequel on peut tout simplement... communiquer!

Alors voilà, mon propos serait plutôt celui-là:

On n'assassine pas le français, on le respecte mais on l'adapte à la modernité, si il faut y faire rentrer tout un tas de mots qui désignent des concepts concrets ou abstraits, des idées, des nouveaux éléments techniques, ben on le fait, et si pour communiquer avec d'autres faut se mettre au globish, ben on le fait, on ne joue pas à l'arrogant qu'à pas les moyens de ses ambitions (loin de là en plus!). En bref, on ne s'accroche pas bêtement au conservatisme, on avance! Un peu d'humilité et de volontarisme ne fait de mal à personne! Au contraire il me semble.

Voilà ma démarche et mon état d'esprit sur cette question.

Tout cela donnera un résultat, le français débouchera sûrement sur quelque chose qu'on pourra peut-être appeler le "frenglish" (c'est un néologisme personnel dont je ne suis pas mécontent, quelqu'un l'aurai vu ailleurs?), contraction de "french" et de "english", et qui annoncerait donc une dominance de l'anglais, sinon j'aurais parlé de quelque chose de proche que, là, je suis sûr de ne pas avoir inventé, qui est le franglais.

Et d'un autre côté le globish aura sûrement un côté plus officiel dans la logique de l'empire politico-économico-religieux que j'ai esquissé dans mes messages précédents. Il pourrait être la langue officielle de cet empire.

Je pense que c'est donc à nous de se saisir d'une part de cette évolution du français, pour en faire quelque chose qui soit le plus intéressant possible, et donc entre autres arrêter ces francisations arrogantes, idiotes et inconséquentes des mots anglais qui nous arrivent avant tout des Etats-Unis. Et d'autre part de se saisir du globish pour là aussi en faire quelque chose qui soit le plus intéressant possible en tant qu'outil de communication quasi-universel.

Comprenez-vous mieux ma position?

P.S.: Vous y êtes presque pour mon prénom, mais pour le coup vous vous êtes encore plus trompé qu'avec Benoist. Benoit et Benoît sont 2 prénoms différents je crois et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait ressortir le "s" dans mon pseudo, "s" qui a été remplacé par un "^" dans le français moderne, tout y est expliqué dans la note de l'affiche de l'UNEF. Je ferai en sorte de trouver la différence entre ces prénoms et de l'afficher sur ce blog, pourquoi pas à la suite de cette note sur les langues d'ailleurs, la place ne me semblerait pas mal choisie. En tous cas, en attendant, si vous pouviez passer à Benoît, je vous en serais grandement reconnaissant, encore merci!

Cordialement

Écrit par : tsionebreicruoc | 14/01/2008

Benoît (wow, j'y suis arrivé),

Votre position, je l'avais bien comprise dès le départ. Ils semblerait bien que ce soit la mienne (et je vous rappelle que je ne suis pas breton, pas plus que je ne me sens français, d'ailleurs... chacun fait avec les contradictions qu'il a) que vous ne saisissez pas.

L'attitude de la plupart des bretonnants que je connais concernant la langue bretonne est exactement la même que la votre concernant la langue française. Il s'agit pour eux d'une réalité qui n'appartient pas du tout au passé, mais qui est belle et bien vivante. Par conséquent il est logique que les enfants de ces bretonnants parlent la langue qui est parlée à la maison, non?

M'enfin, je vois bien qu'il est un stade où la discussion s'épuise, car le but de ces échanges n'est pas de vous convaincre, juste de vous expliquer comment ces choses sont vécues.

Merci en tout cas pour votre contribution.

Écrit par : lionEl | 15/01/2008

Mais quel est l'interêt de faire vivre la langue bretonne (ou d'autres langues régionales) dans la réalité qui est la notre?!?

Dans quoi trouve-t-elle écho?!?

Quelles sont ses perspectives?!?

S'il vous plaît ne transmettez que ce qui trouve écho dans la réalité! Le reste mettez-le à sa place, au musée, et étudiez-le, apprenez de ce que ça a été!

P.S.: Ah! Ben voilà! Merci!

Écrit par : tsionebreicruoc | 15/01/2008

Quel intérêt?
Imaginez-vous que ce qui pour vous ne correspond à aucune réalité (et aucune perspective) fait partie du quotidien de nombreuses personnes.

Apprenons à être sensibles aux réalités des autres, aussi. M'enfin, comme dirait Gaston, nous voyons là que nous touchons à la fin d'un débat (débattre sinifie tout faire pour dialoguer sans se battre) et que l'on glisse lentement vers la bataille des arguments. Je préfère donc quitter la scène, d'autant que j'estime que ce n'est pas ici la place pour une telle activité.

Mon Dieu! Qu'il est difficile d'être ouvert aux besoins et aux différences des autres!

Écrit par : lionEl | 16/01/2008

Bonjour,

Je serais d'accord avec vous complètement, si ce n'est que votre jugement est peut-être un peu trop alarmiste.

J'ai suivi la conférence de presse quasiment de bout en bout, et je ne me souviens pas du tout d'une annonce explicite, mais plutôt que M. Sarkozy avait exprimé ses vues et ses objectifs (plutôt centrés sur le rayonnement culturel par le label France Monde que de l'intransigeance linguistique d'une holding à portée internationale mais uniquement francophone).

Tout particulièrement ses commentaires sur la langue : il a, je me souviens, exprimé qu'il s'agissait d'un point de désaccord entre le gouvernement et lui-même, et semblait clairement présenter les choses comme étant toujours en discussion.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle la blogosphère (ni les grands canaux de médias, d'ailleurs) n'a pas vraiment réagi... Les propos du président ne m'ont pas vraiment donné l'impression d'une «mort annoncée de France 24».

Bref, pourquoi tant s'alarmer si les choses ne sont pas aussi fermement annoncées ?

Écrit par : Christel | 20/01/2008

Réponse à Christel

Vous avez raison, j'ai été un tantinet alarmiste.
En écoutant Nicolas Sarkozy, j'avais vraiment eu le sentiment que dans son esprit, les choses étaient bien arrêtées, et qu'il ne saurait accepter que le contribuable paie pour une chaîne qui diffuse dans d'autres langues que le français.
Mais après coup, en suivant ce dossier, j'ai compris qu'en effet les choses n'étaient pas encore tranchées. Bernard Kouchner, par exemple, est en net désaccord avec son président sur cette question.
Et la discussion reste, à plus ample informé, ouverte. Il n'y a pas encore eu de décision définitive.

Cela dit (peut-être est-ce mon côté pessimiste?), j'ai l'impression qu'il ne sera pas facile de faire revenir Nicolas Sarkozy sur son appréciation. Et comme il a beaucoup d'autorité.... je crains que la mort de France 24 en anglais et en arabe soit probable: c'est ce que le président souhaite, très clairement et très péremptoirement.

Mais l'espoir fait vivre, et tant que rien n'est tranché officiellement, faisons savoir "haut et fort" ce que les citoyens pensent d'une chaîne française internationale monolinguistique, au contraire de toutes ses concurrentes!

Écrit par : SF | 20/01/2008

Vous m'avez fait peur. J'ai cru un instant que le site du Musée virtuel du protestantisme était bilingue, ce qui l'aurait mis en contradiction avec l'esprit de la loi Toubon qui exige qu'on soit ou bien monolingue ou bien au moins trilingue, excluant que l'anglais pourrait avoir un statut priviliégié dans notre pays.

Au passage, je signale que l'agence chinoise Xinhua diffuse en six langues : chinois, anglais, français, espagnol, russe et arabe. Quid de l'AFP ? Quid de Reuters et de AP ?

Écrit par : Ludovic | 25/01/2008

Je crois que finalement, Sarko a reculé sur cette question: France 24 diffuse toujours en anglais, ouf! Peut-être qu'il vous a lu et qu'il a réfléchi? :)

Écrit par : ursule | 30/01/2011

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