17/02/2013

21% des Français feraient primer les règles de leur religion

sociovision_2.jpgC'est un chiffre qui fait réfléchir: selon une enquête Sociovision rendue publique et analysée dernièrement sur le site Fait-religieux.com, 21% des Français interrogés font primer "les règles de leur religion" sur celles de la société. Parmi eux, on note une surreprésentation des religions minoritaires: ils sont 58% parmi les Français musulmans, 40% parmi les juifs, 37% parmi  les protestants et 20 % parmi les catholiques. 

Paris est sur-représenté aussi (tiens tiens), avec 43% des habitants de la grande couronne et 32% des habitants de la petite couronne...  Pour tous les résultats et commentaires de cette enquête passionnante, cliquer ici (site Fait-religieux.com).

Commentaires

Je trouve la question extrêmement ambiguë.

Je serais sans hésiter parmi les 20% qui répondraient oui, sans hésiter (si cela vous amuse, je vous ferai un jour en privé une liste de comportements jugés "déviants" par mes collègues de travail...).

Si au lieu des "règles de la société", on me dit "les lois de l'Etat", je ferai une réponse entièrement différente (mais avec tellement de "si" et de "mais" que, face à un sondeur, je préférerais me dire "sans opinion").

Bref, je ne vois pas bien quelle conclusion on peut tirer de ce chiffre...

Écrit par : Alain Blachair | 17/02/2013

Comme le commentaire précédent, je trouve la question beaucoup trop ambigue et complexe pour être simplement posée dans un sondage exigeant une réponse rapide et tranchée.

Pour moi, il s'agit d'un faux débat : les règles de la société, la société m'oblige à m'y soumettre parce que j'en fais partie, parce qu'elle estime que ces règles sont nécessaires au vivre ensemble ; les règles de la morale religieuse, c'est moi qui choisis de m'y soumettre librement, parce que je crois qu'elles émanent de Dieu et sont les meilleures pour moi et pour tout individu. Si je désobéis aux règles de la société, par exemple aux lois, la société a le droit, et même le devoir, de me punir ; si je désobéis aux règles de ma religion, aucune instance supérieure (à part éventuellement Dieu lui-même, mais il n'est pas un sujet de droit) n'est en droit de me punir.
Donc lequel prime ? Je dirais aucun, puisqu'il s'agit de deux domaines distincts des lois sociales et de la morale individuelle. Pour ma vie personnelle, mon comportement est certainement davantage influencé par la seconde que par la première ; mais celle-ci n'engage que moi, parce que j'ai choisi de m'y tenir, et il ne me viendrait jamais à l'esprit de vouloir l'imposer à toute la société (par ex. par des lois interdisant un comportement individuel que la Bible appelle péché mais qui n'a pas de conséquences sociales négatives).
Dans une société démocratique, les lois sociales devraient être faites de sorte à respecter au maximum la liberté de conscience de tout un chacun, sans que la conscience de l'un n'entrave la liberté de l'autre ou que la liberté de l'un ne choque la conscience de l'autre. Le seul cas de figure qui me vienne en tête où ma foi chrétienne primerait clairement sur les lois sociales, serait si une loi exige de moi un comportement incompatible avec ma morale chrétienne, auquel cas je choisirais d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Mais heureusement, ce genre de cas de figure est encore rare... pour l'instant !

Écrit par : Un étudiant défend sa foi | 20/02/2013

Je suis d'accord avec vos deux commentaires. Avec un bémol: ces données montrent quand même a minima qu'un Français sur cinq est prêt à faire primer ses convictions religieuses, si ces dernières entrent en conflit avec d'autres valeurs. Ce qui n'est nullement, de mon point de vue, un signe d'intolérance ou de fanatisme: c'est simplement un rappel que ni l'Etat, ni le conformisme social n'ont forcément toujours le dernier mot quant aux valeurs des individus, ce qui, dans le fond, est plutôt une bonne nouvelle!
Car au jour où l'Etat déraille, à moins que ce soit le conformisme social (ou les deux mon général), il peut être utile et même salvateur que des repères axiologiques forts restent mobilisables ailleurs, par exemple (et en particulier) dans les religions, quels que soient les défauts de ces dernières.

Écrit par : SF | 20/02/2013

Je suis d'accord avec votre dernier commentaire. Et c'est ce que je pensais depuis le début, mais que je n'osais pas écrire: je trouve que ce chiffre est plutôt une bonne nouvelle.

Écrit par : Alain Blachair | 22/02/2013

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