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11/02/2015

Laïcité & "interprétation fallacieuse de la neutralité de l'Etat" (Baubérot)

BAUBEROT.jpg"La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, ainsi que la non-discrimination et l'égalité des citoyens devant la loi, quelle que soit leur religion. Voilà les deux finalités majeures de la laïcité, qui pose, comme moyen pour y parvenir, la séparation des Eglises et de l'Etat, vu comme un arbitre, neutre. La loi énonce que la religion n'est pas affaire d'Etat.

Cela ne veut pas dire qu'elle soit reléguée à la sphère privée, contrairement à l'interprétation qui se répand depuis des années, produisant une confusion et un glissement fallacieux".

 

Au-delà de ce petit extrait, il faut lire et relire l'ensemble de cet interview lumineux à l'Express, qui clarifie le débat sur la laïcité en France et propose des pistes courageuses et utiles.

Du très bon Jean Baubérot! Lien.

Commentaires

Si, dans cet interview de l'Express Jean Baubérot est très "clair" ("lumineux", je ne sais pas), il continue de replier la problématique laïque sur la loi de 1905, négligeant la laïcité scolaire de plus de 20 ans antérieure. A mon sens c'est sur ce terrain, éducatif et pédagogique que se joue, aussi, sinon plus, la laïcité. C'est dans cet espace que le fameux "vivre-ensemble" invoqué par toutes sortes de chorales, est vécu et construit. De simples "mesures" n'y suffiront pas. Il faut une philosophie claire de ces enjeux. A force de jouer les filières scolaires de manière ségrégative (ou de créer par acquit de conscience la confusion sans précautions du "collège unique – cela revient au même), à force de confondre obscurantisme et exigence, quête spirituelle articulée sur la raison critique, à force de dévaluer l'éducation de la sensibilité et du vécu esthétique (qui crée une sorte de réceptivité partageable même dans la diversité des ""goûts"), l'école n'est plus qu'une parenthèse sociétale ouverte aux pesées sociales et non plus le lieu de l'être ensemble réfléchi et existentiellement vécu. Certes, on ne cesse de les oublier, il y eut, il y a encore l'école active, Freinet, Montesorri, d'autres... mais rendus si marginaux. Dire que Freinet a du se réfugier dans l'école privée..., lui qui ne visait que l'ouverture au monde.
Les mises au point de Baubérot sont utiles, mais sur quel terreau se construit la laïcité? L'opinion publique ne se forme pas uniquement dans le débat journalistique, elle est à construire activement à l'école, avec un souci de critique accueillante (qui ne détruise pas d"'abord les référents de l'autre) et le souci permanent d'une trame d'expérience vécue commune qui évite de réduire l'"autre" à l'appartenance.
cela dit j'adhère à la mise au point sur la "neutralité". En fait, si elle signifie "ni l'un ni l'autre" (ne uter) il faut que les positions de l'un et de l'autre soient connues et discutées, éclairées.
Cordialmt, gef

Écrit par : gef | 11/02/2015

Il est tout de même rassurant de voir que ceux qui connaissent le mieux le sujet ne confondent pas la France d'Aristide Birand et l'Albanie d'Enver Hoxha (parce que la religion-dans-la-sphère privée, c'est dans ce type de régime qu'on la trouvait).

Je me sens un peu moins seul subitement.

Écrit par : Alain Blachair | 11/02/2015

Cela fait plusieurs fois que je rencontre le mot interview au masculin. Il est normalement féminin. 0n dit une interview. Mais, aurait-il changé de genre ?

Écrit par : Rey Marc | 11/02/2015

@Rey Marc

Du langage franglais, nouvelle hermaprhodite,
De quel genre ferai-je, cette interview bénite,
Ou béni ? car sans peine aux blogueurs hasardeux,
L'usage déjà, je crois, laisse le choix des deux.

Nicolas B.

Écrit par : Nicolas B. | 12/02/2015

C'est vrai qu'"interviewé vient d'"entrevue" (et non d'entretien") et devrait se mettre au féminin. cela dit, l'usage est aussi normatif, lui qui fait vivre les mots.
Cependant, mes excuses à Rey Marc.
Pour toute la problématique du "privé" un grand travail de redéfinition s'imposerait, pour que la définition juridique, à la peine au fil des modes de vie et de l'intrusion médiatique et électronique, soit reprise.
Mais la tension existe déjà entre "liberté d'expression" et "neutralité" conçue comme abstinence réflexive et expresive.
gef

Écrit par : gef | 12/02/2015

http://www.cnrtl.fr/definition/interview

Mot féminin, mais quelquefois employé au masculin. Voir l'exemple tiré du journal des Goncourt.

Écrit par : Alain Blachair | 12/02/2015

Merci pour ces précisions. Les mots étant des créatures vivantes, ils (ou elles ?) évoluent d'un genre (pour ne pas dire d'un sexe) à l'autre.

Écrit par : Rey Marc | 13/02/2015

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