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01/07/2017

Simone Veil (1927-2017)

DDkDvSUWAAEDr3-.jpgUne grande dame s'en est allée. Avec la disparition de Simone Veil (1927-2017), c'est à une figure majeure de la lutte pour les droits des femmes, mais aussi à une combattante de la construction européenne, que la France rend, à juste titre, hommage.

Non sans hypocrisie et récupération, à droite comme à gauche.

Je rappelle l'intérêt de l'ouvrage collectif (auquel a participé ma collègue du GSRL Florence Rochefort)  Les lois Veil - Contraception 1974, IVG 1975 (Armand Colin, 2012), et signale l'hommage de Georgina Dufoix dans l'hebdomadaire Réforme, dans lequel l'ancienne ministre rappelle notamment la pensée de Simone Veil sur l'avortement encadré: ni pénalisation, ni banalisation, car, disait-elle, "l'avortement restera toujours un drame" (discours du 26 novembre 1974).

Lien.

Commentaires

Je ne suis pas aussi enthousiaste que le monde politico-médiatique, emporté par cette vague de fond qui veut porter cette dame au pinacle. Cette idolâtrie est à la limite du grotesque.
Sous couvert de remédier à la souffrance des femmes qui avortent clandestinement, de faire une loi qui se voulait "IVG dernier recours après avoir épuisé tous les autres", elle a fait une loi boite de Pandore légalisant une tuerie de masse : 220 000 avortements "légaux" par an, soit en 42 ans, plus de 8 millions d'enfants tués avant leur naissance.
Pas de quoi être fier. Et si un jour les musulmans nous dominent et font la loi, c'est parce-que notre génération a fait notre démographie baisser dangereusement. Les musulmans n'avortent pas : pour eux cet acte reste un péché devant Dieu. Mais nous avons inversé nos valeurs et nous le paierons très cher.

Écrit par : Patrick B | 01/07/2017

Cher Patrick B., il est bon de ne pas succomber simplement à un "enthousiasme" collectif et de savoir raison garder.
Mais il me semble qu'il ne faut pas non plus confondre les plans d'analyse.
Que Simone Veil ait fait voter ce texte, elle qui a vu l'arbitraire des mises à mort, ne peut être compris comme un encouragement, mais comme un "pis-aller", dans des cas où la naissance d'un enfant, avant que, médicalement il ne soit autre chose qu'un "embryon" (au plan des connaissances scientifiques actuelles?), serait une catastrophe pire que sa prise en charge dans la vie sous l'opprobre général et dans certains cas dans la misère.
Vous avez raison, dès que l'idée de "confort" s'en mêle, c'est quasi un détournement de cette loi. mais c'est là un autre plan que celui de l'intention d'éviter des avortements mortifères qui, de toute façon, se faisaient, au détriment exclusif de la femme – pas du géniteur, souvent abusif, violeur, ou simplement opportuniste et sans "précaution", sans égards pour sa partenaire dont seule l'aubaine lui plaisait...
Cet "autre plan" – de l'usage d'une loi en elle-même, non pas parfaite, mais "pis-aller", garde-fou de désastres (de morts doubles dans certains cas) désigne la perversité de la nature humaine. L'idée que, dès lors qu'on peut avorter, plus besoin de se retenir, de choisir, de se protéger est désastreuse, lamentable.
C'est le problème de la "liberté", bien plus vaste: pour certains, "je peux, j'ai le droit" signifie "je fais si ça m'arrange". Et c'est vrai dans tous les domaines. Même pour des agnostiques, "je peux" devrait signifier " donc je ne "dois" pas, je délibère selon mes raisons et valeurs".

Cela dit il ne faut pas sous-estimer l'impact pour les femmes, quelles qu'elles soient, d'un avortement, qu'il est difficile d'imaginer simplement "de confort".

En vous posant au plan général des religions, n'oubliez pas que maintes religion permet l'infanticide coutumier, des filles par exemple, à la naissance, et que les avortements clandestins dévastateurs, souvent sous directive et contrôle familial pour préserver l'"honneur", sont très répandus.

Personnellement, l'avortement me bouleverse. Mais je ne serai jamais confronté à son drame en mon être intime et corporel.
Simone Veil aimait la vie, elle ne voulait pas ouvrir une "boite de Pandore". mais dans notre société, tout devient "consommation".
B à vous, fgh

Écrit par : fgh | 06/07/2017

J'aurais pas dit autre chose que Patrick B.
Certes une grande dame politique est partie. Condoléances. Mais ce pourquoi on l'a met en avant est, simplement une "tuerie" (l'avortement) et en tant que chrétien (né de nouveau...), je ne peux être d'accord avec cela. De nos jours, être contre l'avortement, l'euthanasie, ou l'homosexualité, par exemples, c'est mal vu, mais tant pis! J'assume!

Écrit par : SamuelB | 07/07/2017

De prime abord, j'avais beaucoup de mal à comprendre le parcours de Simone Veil, rescapée des camps et portant une loi qui légalise l'IVG. Le tapage autour de sa mort et les mots de M. Fath "une grande dame s'en est allée" m'ont choqué en lisant l'article la 1ère fois.

Réflexion faite, il ne me semble pas juste de rendre Mme Veil responsable de chaque IVG pratiquée depuis sa loi. Loi qui d'ailleurs n'autorisait à l'origine l'IVG qu'en cas de mise en danger de la vie de la mère, on voit combien elle a été réinterprétée depuis. Elle a eu je pense le courage de considérer l'ensemble du drame : la vie de l'enfant, mais aussi la vie de la femme. Nous chrétiens voulons protéger l'enfant en décriant l'IVG, ce qui est juste. Mais sommes nous aussi pointus à créer des structures pour accueillir les femmes en détresse, sans juger d'abord de leur situation ? C'est facile de se focaliser sur l'enfant, la femme est tout autant à protéger et l'homme souvent à condamner pour sa lâcheté. Simone Veil n'a pas inventé l'IVG. Je serais d'ailleurs curieux de savoir le nombre réel d'avortements clandestins avant sa loi, je ne suis pas sûr qu'il y ait eu explosion dans un premier temps.

Est à condamner plus sûrement l'usage qui a été fait de cette loi. L'IVG ne peut être un moyen de contraception, ce n'est qu'un drame et un échec dans tous les cas. Mais sans porter au pinacle Mme Veil, je lui crédite au minimum son honnêteté et son courage. Et ce qui me réjouit et me rassure, c'est qu'en rencontrant son Créateur, Il a pu lui dire la Vérité sur ce choix, Vérité que je me garde bien de dire à Sa place.

Écrit par : F.George | 11/07/2017

Merci à F.George pour son propos réfléchi, qui n'exclut pas ses convictions mais élargit les facteurs à considérer au lieu de se contenter d'une prestance évangélique.
gef

Écrit par : gef | 12/07/2017

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