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27/10/2015

JO 1968, podium du 200m: au-delà de l'icône, l'enquête historique

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La liturgie des droits de l'homme a ses héros et ses images saintes. Mais il ne faut jamais oublier d'exercer son esprit critique. Le podium du 200m, aux Jeux Olympiques de 1968, est entré dans l'Histoire pour le fameux poing levé des deux champions noirs (John Carlos et Tommie Smith), dénonçant le racisme.

Quant au 3e homme, le coureur blanc, on n'y fait pas attention. Voire on le ramène à l'ordre raciste conservateur (d'autant qu'il ne lève pas le poing). Enorme erreur!


En grattant l'icône photographique par une enquête sérieuse, on s'aperçoit que cet homme, l'Australien Peter Norman, fut un héros non moins admirable que les deux autres champions du podium.

Un héros tragique, rejeté par les siens, et tombé dans les oubliettes de l'histoire jusqu'à cette magnifique enquête de Riccardo Gazzaniga dernièrement traduite en français (lien).

(Merci à Hugo d'avoir signalé ce site)

Commentaires

Cet exemple est éclairant du traitement médiatique et idéologique des "hauts faits". Bravo de le remettre en circulation après cette enquête. Il peut faire réfléchir tous ceux qui célèbrent la "visibilité sociale" (là aussi) et nous rendre critiques quant au pouvoir immédiatement et complètement signifiant des "symboles". Pratiques, nécessaires, les signes et symbolent sont susceptibles du meilleur et du pire. En créant le buzz ils oblitèrent et anesthésient la pensée, la mettent sur des rails, la formatent. Quelquefois ils sont réducteurs au possible. Ainsi d'un texte attribué au pasteur Niemöller,, qui a circulé récemment à propos du "danger terroriste", et qui décriait "le bruit des pantoufles", assimilant tout silence à un recul, une peur de crier sa révolte. Comme si la mise au point d'analyses d'envergure, de travaux de recherche critique, avec ou sans pantoufles, dans un cabinet de travail ou un laboratoire de recherche, étaient comme tels inférieurs au cri, au poing levé, bref, à l'immédiateté signifiante calculée d'avance pour son audience et sa visibilté. Manichéisme, à la limite. Toute révolte doit-elle immédiatement se signifier, déboucher sur l'arêne? Les résistants de l'ombre ne portent-ils que des pantoufles? Ceux qui ne lèvent pas le oing manquent-ils de mains? merci d'introduire, en ce temps dévolu au spectaculaire, cette réflexion utile. Gef

Écrit par : gef | 28/10/2015

Qi sait si les plus grandes revolutions ne sont pas nees dans les pantoufles?

Écrit par : Andrée | 29/10/2015

Je n'osais le dire, Andrée (merci à vous), tant les "pantoufles" sont honnis, avec cette confusion croissante entre activité et activisme, performance et simple travail, simple contribution, passivité (coupable?) et sensibilité, "passibilité" comme capacité à être touché dans notre condition d'être humain exposé à l'imprévu, au mystère, au sublime;... Qu'il y ait des charentaises intellectuelles et spirituelles, soit. Attention à leur confort. mais que toute "manifestation", tout slogan, tout sigle de révolte soient signes de vraie pensée, il y a de la marge. Nous sommes habitués par les medias à donner l'importance au "spectacle", oubliant qu'il est trié, orienté, bidouillé. t le travail en sourdine, la maturation, la croissance sous terre et pendant l'hiver?
Vive ces "pantoufles" là. gef

Écrit par : gef | 01/11/2015

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