Grand Merci à la dream team de France 5 (France.TV), Emilie Tran Nguyen et Thomas Snegaroff, pour leur invitation et les échanges de qualité lors de l’émission EN SOCIETE, en pur direct, hier soir dimanche 24 mai 2026.etats-unis
-
NPE : en direct pour débattre "EN SOCIETE" (France 5)
Grand Merci à la dream team de France 5 (France.TV), Emilie Tran Nguyen et Thomas Snegaroff, pour leur invitation et les échanges de qualité lors de l’émission EN SOCIETE, en pur direct, hier soir dimanche 24 mai 2026.Thème: les nationalistes chrétiens évangéiques & TrumpLa tenue générale des échanges & débats dans En Société, notamment avec la professeure Laure Murat que j'ai rencontrée pour la première fois à l'occasion de ce plateau, donne à montrer ce que peut être le meilleur de la télévision.Foin des poses & de l’agressivité, priorité au dialogue et à la réflexion partagée, après un reportage saisissant en milieu fondamentaliste, réalisé par Sophie Lamotte. -
Brève histoire de l'adventisme en France
Coup de chapeau à mon collègue Fabrice Desplan, auteur de référence sur les Eglises adventistes, pour l'excellente vidéo pédagogique (cliquer ci-dessous) réalisée sur l'histoire anthropologique de l'adventisme en France.
Composante active et trop méconnue du protestantisme français, l'adventisme est passé par plusieurs étapes d'adaptation culturelle, dont cette vidéo retrace les étapes en soulignant que la prise en compte de la culture est un atout plus qu'un obstacle dans la diffusion d'un message voulu comme universel.
-
NPE : entretien Le Monde
GRAND MERCI à Virginie Larousse pour cet interview dans les colonnes du Monde (mis en ligne le 22 février 2026). Ce titre s'explique notamment par le constat de 20 ans de convergence croissante vers le nationalisme chrétien, et le constat croisé de 20 ans de dégringolade démographique pour les évangéliques blancs ont fait ce pari dangereux :
En 2006, Les évangéliques blancs représentaient 23 % de la population américaine (PRRI). En 2010, leur part diminue à 21%, puis à 18% en 2014. On tombe ensuite à 14% de la population en 2020, puis à 13% en 2023, marquant une baisse drastique de dix points de pourcentage en moins de vingt ans.
J'ai beaucoup apprécié la qualité de l'échange, et la pertinence des questions posées permis un interview approfondi autorisant les nuances, ce qui est plus qu'appréciable.
Merci Virginie Larousse !
-
États-Unis : christianisme et défi libertarien
Dans ma dernière chronique dans La Croix, retour sur le défi libertarien lancé aux Eglises, et aux évangéliques en particulier, en repartant des travaux de l’essayiste Ryan Sager, qui, dès 2006, décrivait la « bataille pour le contrôle du Parti républicain »entre évangéliques et libertariens.Il explique que les « évangéliques (blancs), axés sur la normativité religieuse, et les libertariens, axés sur la liberté individuelle, partagent des combats, dont l’anticommunisme ». Mais il rappelle aussi que « les libertariens ont toujours eu tendance à considérer les conservateurs sociaux (évangéliques) comme des ploucs prêts à appuyer la Bible sur la tête des non-croyants à la première occasion, tandis que les conservateurs sociaux ont toujours eu tendance à voir les libertariens comme des fumeurs de drogue et des adorateurs du diable ».
La bataille entre nationalistes chrétiens et libertariens va-t-elle reprendre, ou une alliance solide va-t-elle se prolonger?
Il est trop tôt pour le dire, mais une chose est sûre: si des leaders évangéliques comme la néocharismatique Paula White ont dominé la campagne de 2016, c’est le libertarien Elon Musk qui sort indéniablement gagnant du casting républicain lors de la campagne de 2024: l’éléphant dans la pièce, c’est désormais lui, non sans accents (néo)messianiques.
-
Jimmy Carter (1924-2024)
L'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter (1924-2024), natif de Georgie, a tiré sa révérence il y a quelques jours, au terme de l'année 2024, à l'âge de 100 ans. C'est une grande page d'histoire politique et religieuse états-unienne qui se tourne.
De confession baptiste, il était à la fois born again évangélique revendiqué, et politiquement progressiste, ce que certains ne lui pardonnèrent pas. Pour un retour sur sa vie remarquable, scandée d'un Prix Nobel en 2002, lire cet article dans Réforme, "Jimmy Carter, chrétien et anticonformiste", publié l'an dernier (lien). <img class="r-4qtqp9 r-dflpy8 r-k4bwe5 r-1kpi4qh r-pp5qcn r-h9hxbl" title="Drapeau des États-Unis" draggable="false" src="https://abs-0.twimg.com/emoji/v2/svg/1f1fa-1f1f8.svg" alt="
-
Trump, White Evangelical Christians, and American Politics
Alors que les Etats-Unis s'enfièvrent à nouveau en vue de l'élection présidentielle de cet automne 2024, de nouveaux travaux académiques viennent opportunément compléter ce que nous connaissons déjà sur la dynamique religieuse de l'électorat de Donald Trump, à nouveau candidat à la présidence.Parmi ces articles et ouvrages, signalons en particulier le très attendu ouvrage collectif intitulé Trump, White Evangelical Christians, and American Politics, dans lequel les chercheurs en sciences politique Anand Edward Sokhey et Paul A. Djupe ont réuni de nombreux travaux originaux, qui éclairent les dynamiques de mobilisation, les continuités (sur lesquelles ils insistent) et les recompositions de l'engagement politique des évangéliques blancs, puissante minorité active aux Etats-Unis.
L'ouvrage n'est pas encore paru, mais des matériaux sont déjà disponibles.
-
2024 Rock & roll
Le rock n'roll est has been, mais en même temps indémodable.Le genre de chose qui plaît aux historiens, sensibles à la patine du temps et au caractère relatif des 'nouvelles vagues'.
"Tout ce qui est nouveau n'est pas toujours bon, et ce qui est bon n'est pas toujours nouveau".
L'occasion, pour ces voeux 2024, de saluer le beau livre de référence que la professeure Leah Payne s'apprête à publier, aux éditions Oxford University Press, God gave rock & roll to you, a History of Contemporary Christian Music.
Publication prévue dans un mois (1er février 2024), au cours d'une année 2024 qui s'annonce tumultueuse et rock & roll.
Avec du neuf, du vieux, et avant tout,espérons-le, de l'énergie créative et partagée.
Bonne année 2024 à toutes et à tous !
-
Rosalynn Smith Carter (1927-2023), le magnolia d'acier
Engagée dans l'activisme humanitaire dans le cadre du Carter Center, co-dirigé avec son époux Jimmy Carter, ancienne "First Lady" des Etats-Unis (1976-80), souvent comparée à Eleanore Roosevelt, Rosalynn Smith Carter a tiré sa révérence le dimanche 19 novembre 2023.Baptiste, démocrate, enfant de l'Etat de Georgie, Rosalynn Carter a co-écrit, avec beaucoup d'autres, des pages marquantes de l'histoire sociale, culturelle et politique des Etats-Unis depuis les années 1960. Femme de foi, diacre dans son Eglise baptiste, mais aussi rompue aux combats politiques, très engagée pour des causes humanitaires comme celui de la santé mentale, elle laisse une marque significative.
Surnommée "le magnolia d'acier" pour sa combinaison de grâce discrète et de force inflexible, elle a récemment été l'objet, avec son mari, d'une très bonne biographie politique, Jimmy and Rosalynn Carter: Power and Human Rights, 1975-2020 (Oxford University Press, 2022).
Lorsque Jimmy Carter a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2002, il a immédiatement précisé que ce prix appartenait tout autant au Carter Center et à Rosalynn.
-
"Silenced", Free Methodists & ministères féminins au tournant du XXe siècle
Grâce notamment aux remarquables travaux de Christine Heyrman, on sait que l'évangélisme du Sud des Etats-Unis, devenu patriarcal et conservateur dans la seconde moitié du XIXe siècle, était précédemment plus ouvert à la mixité, à l'ouverture des ministères aux femmes, et à la démocratisation du prophétisme.Avant ce livre de Christy Mesaros-Winckles, on avait en revanche moins d'éléments sur la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, en particulier sur les débats sur les ministères féminins qui ont secoué les milieux "Free Methodists" (méthodistes libres) en Amérique du Nord, de 1890 à 1920.
Sur cette page d'histoire oubliée, entre bataille pour la reconnaissance (des femmes évangélistes et diaconesses) et mise au pas dans un contexte de montée du fondamentalisme protestant, il faut lire "Silenced, the Forgotten Story of Progressive Era Free Methodiste Women" (2023).
-
Un livre sur les évangéliques sionistes des Etats-Unis
Sous la direction de Bernadette Rigal-Cellard et de Solange Lefebvre, Katia Lucas a soutenu, en 2014, une thèse de doctorat en études anglophones sur le réseau états-unien Christians United for Israël à l'Université de Bordeaux 3. Huit ans plus tard, il est grand temps de signaler la publication de son ouvrage, intitulé Les évangéliques sionistes des États-Unis : Christians United For Israel, John Hagee et ses disciples (Paris, L'Harmattan, 2022)
-
Néopentecôtisme en République Démocratique du Congo
C'est assez rare pour être signalé : un ouvrage en anglais, signé par le théologien Nelson Kalombo Ngoy, a été publié en 2019 autour de la question du néopentecôtisme au Congo RDC au miroir de l'Evangile de prospérité (Prosperity Gospel). On notera cependant que cet ouvrage édité chez Wipf et Stock, par son déficit de matériaux empiriques, vaut davantage par le riche regard orienté qu'il porte (confortant au passage une certaine approche états-unienne piétisante), que par les recherches de terrain (fort clairsemées) qu'il présente.
-
L'Institut Catholique de Lille vend un trésor national
L'évangéliaire dit de Saint Mihiel, rédigé au milieu du XIe siècle à la demande d'une aristocrate, Irmengarde de Nellenbourg, avait été classé "trésor national" par l'Etat en 2020, pour empêcher que l'Institut Catholique de Lille, jusque là propriétaire, ne le vende, au risque que ce patrimoine inestimable soit perdu.
Faute d'acquéreur en France, et faute de la moindre initiative volontariste du Ministère de la Culture, ce trésor exceptionnel a finalement été vendu par l'Institut Catholique de Lille aux Etats-Unis (au Paul Getty Museum, très bon musée qui, lui, connaît la valeur de ce chef-d'oeuvre).
-
Italian American Pentecostalism
Connaissez-vous les pentecôtistes italo-américains ? Pour les découvrir sous un angle historique, il existe désormais une synthèse commode, celle de Paul J. Palma, publiée en 2019 chez Routledge. J'avoue avoir complètement raté cette parution. Mieux vaut tard que jamais, le livre, basé sur des matériaux d'entretien, une riche littérature secondaire (bibliographie déjà existante) et des archives, permet aujourd'hui de combler une lacune dans l'historiographie des pentecôtismes aux Etats-Unis et au Canada. Avec une thèse centrale, l'idée que le pentecôtisme italo-américain n'est pas né d'une source unique, mais d'un bricolage entre un catholicisme populaire, une tradition réformée évangélique, et le Holiness movement.
-
Race for revival
On attendait depuis longtemps un ouvrage historique de fond sur les relations entre évangélisme états-unien contemporain et Corée du Sud. Un lien qui a impacté la géopolitique du christianisme (et du soft-power américain) durant près d'un demi-siècle.Voici le livre attendu, grâce à ce bel ouvrage signé Helen Jin Kim, à partir de sources riches et diversifiées, à la fois en coréen et en anglais.
Une référence publiée chez Oxford University Press
-
Terrorisme suprémaciste: nouvelle tuerie de masse (Buffalo)
D'un point de vue purement quantitatif, le djihadisme islamiste reste le premier vecteur de terrorisme des dix dernières années en Europe et en Amérique du Nord. Mais le suprémacisme blanc, alimenté de haines identitaires et de l'idéologie mortifère du "Grand remplacement", occupe sans conteste la seconde place de ce macabre podium.
Il a encore frappé samedi 14 mai 2022 à Buffalo (Etat de New Yord, USA). Un suprémaciste blanc de 18 ans, qui laisse derrière lui un Manifesto en PDF "expliquant" son geste, a tué 10 personnes. Parce qu'elles étaient noires.
-
Dieu XXL : le modèle méga-Eglise en question(s)
Les megachurches, ou mega-Eglises, sont des communautés cultuelles protestantes (la plupart du temps évangéliques/pentecôtistes) qui combinent deux caractéristiques:-au moins 2000 fidèles physiquement présents chaque weekend,
-et une offre de multiactivité.
S'ajoute souvent une tendance à l'autocéphalie (peu, ou pas de lien de dépendance à l'égard d'une institution supra-locale).
Ces Eglises se sont considérablement développées depuis la fin du XXe siècle.
Etudiées dans Dieu XXL, La révolution des megachurches (Autrement, 2008), elles semblent marquées, depuis 2010, par des crises de plus en plus nombreuses (Etats-Unis, Australie..).
Ces scandales à répétition questionnent un modèle... qui continue à croître malgré tout .
Merci à Youna Rivallain de m'avoir interrogé sur ce dossier dans l'hebdomadaire La Vie (lien).
-
Evangéliques en 2022, entre déconstruction et reconstruction
Comme tous les courants religieux, le protestantisme évangélique (avec ses deux poumons, de type piétiste et pentecôtiste) a été profondément affecté par la Pandémie mondiale, toujours pas finie, de la Covid19.L'évangélisme, qui représente plus d'un chrétien sur quatre dans le monde, a dû s'adapter, dans des configurations très diverses. Travaux de recherche, enquêtes se sont ralentis du fait des confinements et restrictions de circulation.
-
Bell Hooks (1952-2021)
Saluons ce soir l'héritage laissé par Bell Hooks, intellectuelle et militante qui a tiré sa révérence il y a quelques jours.Auteure d'une oeuvre majeure, elle est très largement reconnue comme une pionnière de l'extension du périmètre intellectuel et social du féminisme contemporain aux femmes noires (longtemps mises de côté par la plupart des féministes blanches).
Publié en 1981, son Ain't I a Woman? Black Women and Feminism, est un ovni pour l'époque, qui a ouvert la voie à une, puis deux générations de féministes. Parfois excessive, comme dans ses critiques de Beyoncé sur le terrain de la sexualisation du corps, elle n'en a pas moins laissé un héritage majeur, considéré comme à la source du féminisme intersectionnel.
-
Evangélisme blanc aux Etats-Unis : le recul se confirme
L'enquête PRRI (Public Religion Research Institute) est une des grandes enquêtes périodiques qui permet d'évaluer l'évolution des affiliations religieuses aux Etats-Unis.Les catégories employées posent certes des difficultés de méthode, imposant aux chercheurs de ne pas les reprendre aveuglément telles quelles.
Mais les données produites n'en sont pas moins très intéressantes. Elles révèlent, à l'occasion des résultats du 2020 Census of American Religion, un recul confirmé de l'évangélisme blanc aux Etats-Unis: d'après cette enquête, les "blancs" seraient désormais plus nombreux, à nouveau, à fréquenter les mainline churches (anciennes Eglises établies) que les Evangelical churches !
C'est un retournement de tendance très significatif, qui demandera à être vérifié/recoupé avec d'autres enquêtes.
Les raisons ? On peut en citer trois:
-l'effet boomerang du soutien de 80% des évangéliques blancs à Trump, au risque de brouiller les frontières entre politique et religion, nationalisme et christianisme
-la trop lente adaptation des White Evangelicals aux problématiques inclusives (de tous ordres), campant sur un discours conservateur de plus en décalage avec l'évolution de la société
-la crise systémique depuis 10 ans, aux Etats-Unis, des modèles d'autorité pastorale des megachurches (manque de contrôle, mégalomanie, double discours, effets délétères du star-system, burn-out en série des pasteurs etc.)
-
Cicely Tyson (1924-2021)
Elle avait choisi, pour titre de son autobiographie publiée en ce début d'année 2021, le refrain d'un hymne chrétien célèbre, "Just As I am" (Tel que je suis).Le même titre que celui choisi, jadis, par l'évangéliste Billy Graham dans son autobiographie publiée en 1997.
Cicely Tyson, actrice africaine-américaine de grand talent, s'en est allée dans sa 97e année, laissant derrière elle un héritage considérable.
-
Billy Graham, un documentaire de référence sur France 2
L'évangélique et évangéliste américain Billy Graham (1918-2018) est la figure religieuse de loin la plus populaire du XXe siècle aux Etats-Unis.
"Pasteur de l'Amérique", "grand prêtre de la religion civile américaine", il a puissamment impacté l'histoire états-unienne tout en conduisant, sur plus de 60 ans, un immense ministère d'évangélisation transnational sur tous les continents. Aussi faut-il saluer le très beau travail pédagogique accompli par Audrey Lasbleiz (sur une idée de Christophe Zimmerlin) au travers d'un documentaire France 2 en deux épisodes:
-Billy Graham, le pasteur de l'Amérique (1/2) : Rendez-vous à la Maison Blanche (diffusé le 8 novembre 2020)
-Billy Graham, le pasteur de l'Amérique : missionnaire sans frontière (2/2), diffusé le 15 novembre et visionnable en replay jusqu'au 22 novembre 2020 au lien suivant :
-
De Trump-Pence à Biden-Harris

L'alliance tactique (deal) entre Trump et les 3/4 des évangéliques blancs a-t-elle pris fin avec la défaite de Trump face au ticket démocrate Biden-Harris ?
Il est trop tôt pour le dire.
Au crédit de Donald Trump, on retiendra que lors des élections 2020, le président Trump a largement réussi à rassembler son camp, mobilisant plus d'électeurs qu'en 2016.
-
Evangéliques américains et complotisme sur internet
La fin de la neutralité du Net, aux Etats-Unis, n'en finit pas de dérouler ses conséquences inquiétantes pour la démocratie. En un mot: les internautes américains restent désormais dans leur "bulle de confort".En Europe, un internaute musulman et un internaute catholique qui effectuent la même recherche Google trouveront (en gros) les même résultats. Aux Etats-Unis, la liste donnée par Google sera différente.
Aux Etats-Unis, Internet fournit désormais aux consommateurs ce qu'ils aiment (ou ce qui rentre dans le périmètre de leur abonnement). Et élimine les voix différentes, discordantes, critiques. D'où cette polarisation qui marque la société états-unienne, dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences.
-
Sécularisation aux USA: Barna confirme
Une grande enquête de l'institut Barna (proche des protestants évangéliques, qui dominent le paysage chrétien aux Etats-Unis) vient nous apporter des éléments supplémentaires pour appuyer la thèse de la sécularisation de la société américaine. Elle est intitulée "State of the Church 2020".
Cette étude est présentée comme l'enquête la plus approfondie jamais conduite par l'institut Barna depuis 35 ans. Elle révèle notamment que la pratique religieuse est passée, aux Etats-Unis, de 45% en 2000.... à 25% en 2020.
Une mutation majeure.
-
Une somme sur le sionisme chrétien aux Etats-Unis
À travers l'étude des parcours d'activistes évangéliques, de dirigeants juifs américains et de responsables israéliens, Covenant Brothers, de Daniel Hummel (University of Pennsylvania Press, 2019) décrit et analyse la montée spectaculaire du sionisme chrétien américain après la Seconde Guerre mondiale.Selon l'auteur, les représentations conventionnelles du mouvement sioniste chrétien - activisme politico-religieux de milieux chrétiens pour soutenir l'État d'Israël - se concentrent trop sur l'eschatologie évangélique (l'Apocalypse, Armageddon etc...). Hummel met plutôt l'accent sur les dispositifs institutionnels, internationaux, interreligieux et intergénérationnels qui cristallisent et nourrissent le soutien évangélique à Israël.
-
"Trump doit être démis de ses fonctions" (Christianity Today)
Ce n'est pas vraiment une surprise, mais c'est un événement:Le plus influent mensuel protestant nord-américain, le grand magazine évangélique américain Christianity Today, s'est prononcé cette semaine en faveur, sinon de la destitution de Donald Trump, du moins pour sa mise à l'écart du pouvoir.
L'éditorialiste explique que pour les mêmes raisons qui avaient poussé à justifier l'impeachment de Bill Clinton, vingt ans avant, il faut aujourd'hui demander la destitution de Trump (qui a cependant peu de chances de se produire). En cause, le MENSONGE, moralement inacceptable pour un chef d'Etat.
De quoi susciter un tumulte de réactions. Dans la descendance de Billy Graham (évangéliste parmi les fondateurs de Billy Graham), un petit-fils, Boz Tchividjian, a applaudi l'éditorial de Christianity Today, tandis que Franklin Graham (fils aîné de Billy) l'a regretté (lien).
En France, la pasteure baptiste Joëlle Sutter Razanajohary a publié une analyse pleine d'humour et de verve, regrettant la "si longue retenue" de CT face à un Trump notoirement grossier avec les femmes, tandis que le site Evangélique.info s'intéresse de près à ce séisme, qui place Trump en position délicate vis-à-vis des nombreux évangéliques blancs états-uniens qui le soutiennent.
-
Quelle durée des sermons dans les Eglises américaines ?
Quelle est la durée moyenne des sermons dans les églises aux Etats-Unis ?Grâce au Pew Forum, on en sait un peu plus au terme d'une enquête révélatrice, qui montre que les Eglises dites "black" (afro-américaines, plutôt évangléiques) sont celles qui proposent les sermons les plus longs, devant les "évangéliques".
En queue de liste, les catholiques, avec des homélies très courtes.
-
Le pouvoir précaire des célébrités féminines évangéliques
Qu'elles se tiennent seules ou à côté de leurs maris, les célébrités féminines évangéliques issues du milieu des megachurches (Eglises de plus de 2000 pratiquants hebdomadaires) jouent plusieurs rôles: prédicatrice, maîtresse de maison, figure de talent, conseillère, exemple de beauté. Elles suivent et parfois subvertissent les règles visibles et invisibles qui régissent la vie des femmes évangéliques, obtenant tantôt de belles récompenses ou des déconvenues sévères. Elles doivent être belles, mais pas impudiques; exemplaires, mais pas fausses; vulnérables au péché, mais non déviantes. Malgré leur influence et leur richesse, ces femmes se sont longtemps vues refuser le symbole le plus important du pouvoir spirituel - la chaire... Mais les choses ont changé, et à l'âge de la célébrité, nombreuses sont celles qui ont commencé comme "femme de quelqu'un", et qui ont terminé comme pasteure ou pasteure officieuse de tous, au-delà même de la megachurch d'origine.
Merci à Kate Bowler, excellente spécialiste du sujet, de nous proposer cette enquête approfondie, en terrain évangélique nord-américain, sur les femmes évangéliques issues du monde des mega-Eglises et de la célébrité (Beth Moore, Joyce Meyer, Victoria Osteen...). Des femmes dont l'exercice du "pouvoir précaire" a contribué à redéfinir les rôles féminins au sein du protestantisme évangélique, et au-delà.
Un livre publié en octobre 2019 aux éditions Princeton University Press.
-
Jessye Norman (1945-2019)
Beaucoup, en France, se souviennent qu'en 1989, Jessye Norman avait été invitée d'honneur de François Mitterrand pour interpréter la Marseillaise sur la place de la Concorde à Paris, à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française.Soprano d'exception native de Georgie (Etats-Unis), la cantatrice Jessye Norman était aussi, à l'occasion, amatrice de musique Gospel. Elle en avait interprété plusieurs chefs d'oeuvre, dont Amazing Grace.
Merci Jessye.
Lien.
-
Toni Morrison (1931-2019)
Immense figure de la littérature états-unienne contemporaine, Prix Nobel en 1993, Toni Morrison s'en est allée.Quand les flots du silence et de l'indifférence déshumanisent, son indomptable plume a remonté le courant, vers la source de notre humanité partagée. Non-conformiste, créative, engagée, inspirée, Toni Morrison était, du point de vue religieux, devenue catholique, dans son enfance. Sans rien renier, ni de sa liberté, ni d'un compagnonnage de toute une vie avec les autres Eglises afro-américaines, notamment baptistes (Cf. la narratrice de Sula).Plusieurs de ses oeuvres reflètent, à des degrés divers, le rôle joué par cette spiritualité chrétienne de résistance et de libération décrite dans l'ouvrage de Sylvia FREY (Water from the Rock, Princeton University Press, 1991). Parmi tant d'autres horizons et pépites qui invitent à (r)ouvrir ses livres.Merci Toni Morrison.





