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22/07/2012

Dixieland Gospel (3), musique religieuse South USA: "Dixie Land"

n0807-1-72dpi.jpegReprenons notre mini-série de l'été sur le Gospel du Sud des Etats-Unis, avec aujourd'hui l'écoute de Dixie's Land (composé avant 1859).

Cette chanson particulièrement emblématique du Sud des Etats-Unis a été éditée pour la première fois peu avant la Guerre Civile, en 1859, à la Nouvelle Orléans.

En fait, elle a été composée antérieurement par un certain Daniel Decatur Emmett (de l'Ohio), mais elle a été véhiculée dans un premier temps par "tradition orale", sans support imprimé. 


Elle est rapidement devenue très populaire, sous le titre simplifié de Dixie, au point de devenir, durant la Guerre Civile américaine, l'hymne quasi officiel des soldats confédérés (sudistes). Cet air est resté aujourd'hui extrêmement apprécié, et chanté, bien que l'on connaisse surtout le premier choeur et la première strophe.

 

Chant religieux.... Mais pas un "Gospel chrétien"

On remarquera ici quelque chose de capital: on est loin du Gospel. En fait, on est dans un registre qui copie certains thèmes du Gospel (imaginaire d'une sorte de Terre promise), mais en évidant la matière religieuse et transcendante (Dieu n'est pas mentionné, ce qui est très rare pour une chanson populaire de l'époque). Ce qui est sacralisé ici, c'est la terre des ancêtres, la terre nourricière.

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On n'est donc pas du tout dans un registre clairement chrétien, mais on se situe tout de même dans le registre de la musique religieuse, voire même d'une sorte d'"Evangile" (Gospel), mais pas l'évangile de la Bible, l'évangile d'une sacralité territoriale, culturelle voire politique, qui à certains égards fait plus penser à George W. Bush Jr qu'à Jésus-Christ. L'usage social qui a été fait de cette chanson confirme cette hypothèse: on est ici dans une "religion politique", agrarienne et nostalgique (culte des racines), appelant à vivre et mourir non pas pour un idéal ou pour le prochain, mais pour une terre, jugée "la sienne".

L'interprétation écoutée ci-dessous est une version instrumentale réalisée par l'orchestre de cuivres de Douglas Jimerson (album CD 2000), qui rend bien la tonalité martiale prise par la chanson durant la Guerre Civile.

Sur la vidéo Youtube ci-dessous, on peut écouter aussi d'autres productions de Jimerson, typiques des Brass Bands (orchestres à cuivres) de cette époque. La version de Dixie est écoutable sur la vidéo à partir de 2'30" (jusqu'à 4415").

 

Dixie's Land (ou Dixie)


Oh, I wish I was in the land of cotton,
Old times there are not forgotten,
{Alt Original: Cinnamon seed and sandy bottom,]
Look away, look away, look away Dixie Land.

In Dixie Land, where I was born in,
early on one frosty mornin',
Look away, look away, look away Dixie Land.

I wish I was in Dixie, Hooray! Hooray!
In Dixie Land I'll take my stand
to live and die in Dixie.
Away, away, away down south in Dixie.
Away, away, away down south in Dixie


NB : Dixie pourrait venir de la ligne Mason and Dixon (qui sépare le Nord du Sud), ou du français (cajun) Dix, qui désignait les billets de dix dollars en circulation en Louisiane. Strophes optionnelles :

Ole Missus marry "Will the weaver"
Willum was a gay deceiver
Look away! Look away! Look away!
Dixie Land

But when he put his arm around 'er,
He smiled fierce as a forty pounder,
Look away! Look away! Look away!
Dixie Land

His face was sharp as a butcher's cleaver
But that did not seem to grieve 'er
Look away! Look away! Look away!
Dixie Land

Ole Missus acted the foolish part
And died for a man that broke her heart
Look away! Look away! Look away!
Dixie Land

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