USA : mutations socioreligieuses
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NPE : en direct pour débattre "EN SOCIETE" (France 5)
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Les nationalistes chrétiens (interview Le Monde)
"Les nationalistes chrétiens sont bruyants parce qu’ils sont inquiets: la société leur échappe"
Les nationalistes chrétiens forment un mouvement hétéroclite mais puissant, notamment aux Etats-Unis, où ils se sont affichés derrière Donald Trump. L’historien et sociologue Sébastien Fath analyse, dans un entretien au « Monde », ce courant mobilisé pour que le christianisme soit « le ciment d’une nation forte ».Grand merci à Cyprien Mycinski d'être venu m'interviewer au GSRL.
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Jimmy Carter (1924-2024)
L'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter (1924-2024), natif de Georgie, a tiré sa révérence il y a quelques jours, au terme de l'année 2024, à l'âge de 100 ans. C'est une grande page d'histoire politique et religieuse états-unienne qui se tourne.
De confession baptiste, il était à la fois born again évangélique revendiqué, et politiquement progressiste, ce que certains ne lui pardonnèrent pas. Pour un retour sur sa vie remarquable, scandée d'un Prix Nobel en 2002, lire cet article dans Réforme, "Jimmy Carter, chrétien et anticonformiste", publié l'an dernier (lien). <img class="r-4qtqp9 r-dflpy8 r-k4bwe5 r-1kpi4qh r-pp5qcn r-h9hxbl" title="Drapeau des États-Unis" draggable="false" src="https://abs-0.twimg.com/emoji/v2/svg/1f1fa-1f1f8.svg" alt="
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Trump, White Evangelical Christians, and American Politics
Alors que les Etats-Unis s'enfièvrent à nouveau en vue de l'élection présidentielle de cet automne 2024, de nouveaux travaux académiques viennent opportunément compléter ce que nous connaissons déjà sur la dynamique religieuse de l'électorat de Donald Trump, à nouveau candidat à la présidence.Parmi ces articles et ouvrages, signalons en particulier le très attendu ouvrage collectif intitulé Trump, White Evangelical Christians, and American Politics, dans lequel les chercheurs en sciences politique Anand Edward Sokhey et Paul A. Djupe ont réuni de nombreux travaux originaux, qui éclairent les dynamiques de mobilisation, les continuités (sur lesquelles ils insistent) et les recompositions de l'engagement politique des évangéliques blancs, puissante minorité active aux Etats-Unis.
L'ouvrage n'est pas encore paru, mais des matériaux sont déjà disponibles.
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2024 Rock & roll
Le rock n'roll est has been, mais en même temps indémodable.Le genre de chose qui plaît aux historiens, sensibles à la patine du temps et au caractère relatif des 'nouvelles vagues'.
"Tout ce qui est nouveau n'est pas toujours bon, et ce qui est bon n'est pas toujours nouveau".
L'occasion, pour ces voeux 2024, de saluer le beau livre de référence que la professeure Leah Payne s'apprête à publier, aux éditions Oxford University Press, God gave rock & roll to you, a History of Contemporary Christian Music.
Publication prévue dans un mois (1er février 2024), au cours d'une année 2024 qui s'annonce tumultueuse et rock & roll.
Avec du neuf, du vieux, et avant tout,espérons-le, de l'énergie créative et partagée.
Bonne année 2024 à toutes et à tous !
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The Chosen: la manne du financement par les spectateurs
Alors que le christianisme est traversé, y compris dans certaines variantes évangéliques, par des dynamiques "top-down" (du haut vers le bas), qui font en partie écho à la vogue des démocraties autoritaires et illibérales, le mouvement inverse, "bottom-up" (du bas vers le haut) n'en reste pas moins très vivace.
En témoigne la série phénomène THE CHOSEN, dont j'ai regardé hier soir un inédit sur la nativité. Elle est devenue, en 2023, la série de tous les records en matière de crowd-funding: plus de 100 millions de dollars récoltés par les spectatrices et spectateurs.
Consacrée à la vie de Jésus et des disciples, cette série américaine qui dépoussière les codes est diffusée dans le monde entier (elle arrive à sa saison 4). Elle n'a pourtant pas été imposée par un grand studio, mais portée avant tout par le public lui-même, sorti d'un rôle passif pour être acteur/financeur de la mise en place de la série, prévue sur sept saisons.
Avec une originalité: le visionnage est gratuit et le financement libre n'est que proposé. Le résultat? Une manne providentielle, qui a dépassé les espérances de Dallas Jenkins, le créateur de la série.
A noter qu'en France, "The Chosen" est diffusée par Netflix depuis février 2023, ainsi que par C8 et Canal+Série.
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Rosalynn Smith Carter (1927-2023), le magnolia d'acier
Engagée dans l'activisme humanitaire dans le cadre du Carter Center, co-dirigé avec son époux Jimmy Carter, ancienne "First Lady" des Etats-Unis (1976-80), souvent comparée à Eleanore Roosevelt, Rosalynn Smith Carter a tiré sa révérence le dimanche 19 novembre 2023.Baptiste, démocrate, enfant de l'Etat de Georgie, Rosalynn Carter a co-écrit, avec beaucoup d'autres, des pages marquantes de l'histoire sociale, culturelle et politique des Etats-Unis depuis les années 1960. Femme de foi, diacre dans son Eglise baptiste, mais aussi rompue aux combats politiques, très engagée pour des causes humanitaires comme celui de la santé mentale, elle laisse une marque significative.
Surnommée "le magnolia d'acier" pour sa combinaison de grâce discrète et de force inflexible, elle a récemment été l'objet, avec son mari, d'une très bonne biographie politique, Jimmy and Rosalynn Carter: Power and Human Rights, 1975-2020 (Oxford University Press, 2022).
Lorsque Jimmy Carter a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2002, il a immédiatement précisé que ce prix appartenait tout autant au Carter Center et à Rosalynn.
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"Silenced", Free Methodists & ministères féminins au tournant du XXe siècle
Grâce notamment aux remarquables travaux de Christine Heyrman, on sait que l'évangélisme du Sud des Etats-Unis, devenu patriarcal et conservateur dans la seconde moitié du XIXe siècle, était précédemment plus ouvert à la mixité, à l'ouverture des ministères aux femmes, et à la démocratisation du prophétisme.Avant ce livre de Christy Mesaros-Winckles, on avait en revanche moins d'éléments sur la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, en particulier sur les débats sur les ministères féminins qui ont secoué les milieux "Free Methodists" (méthodistes libres) en Amérique du Nord, de 1890 à 1920.
Sur cette page d'histoire oubliée, entre bataille pour la reconnaissance (des femmes évangélistes et diaconesses) et mise au pas dans un contexte de montée du fondamentalisme protestant, il faut lire "Silenced, the Forgotten Story of Progressive Era Free Methodiste Women" (2023).
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Un livre sur les évangéliques sionistes des Etats-Unis
Sous la direction de Bernadette Rigal-Cellard et de Solange Lefebvre, Katia Lucas a soutenu, en 2014, une thèse de doctorat en études anglophones sur le réseau états-unien Christians United for Israël à l'Université de Bordeaux 3. Huit ans plus tard, il est grand temps de signaler la publication de son ouvrage, intitulé Les évangéliques sionistes des États-Unis : Christians United For Israel, John Hagee et ses disciples (Paris, L'Harmattan, 2022)
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"Les évangéliques à la conquête du monde"
"Les évangéliques à la conquête du monde". Ce titre accrocheur renvoie à un répertoire prisé et récurrent, non seulement dans les médias, mais aussi, parfois dans l'édition scientifique. Il a été choisi par la chaîne ARTE qui a diffusé, à partir du mardi 4 avril 2023, les trois épisodes d'un excellent documentaire consacré à l'évolution des rapports entretenus entre les protestants évangéliques états-uniens et la politique, jusqu'aux événements de la prise du capitole, le 6 janvier 2021.
De quoi donner du grain à moudre aux réflexions engagées à nouveau frais sur les logiques de polarisation et de repolitisation religieuse qui marquent aujourd'hui la scène mondiale. Et l'occasion de féliciter les auteurs, avant de faire retour sur l'histoire récente de la fabrique du regard vidéo sur les évangéliques, en terminant par des questions à poursuivre.
Lire la suite ici (FOCUS, Observatoire International du Religieux)
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Oral Roberts et le Prosperity Gospel
"J'ai essayé la pauvreté, et je n'ai pas aimé".Ce slogan, et bien d'autres, nous viennent du pasteur et télévangéliste pentecôtiste états-unien Oral Roberts (1918-2009), qui peut être aujourd'hui considéré comme le principal initiateur, à grande échelle, de ce qu'on appellera la "théologie de la prospérité", ou l'Evangile de la prospérité" (Prosperity Gospel).
On disposait jusqu'à présent d'une bonne monographie académique, signée David Edwin Harrell, Jr., Oral Roberts: An American Life (Bloomington: Indiana University Press, 1985).
Réjouissons-nous désormais de ce nouveau livre qui paraît en cette année 2023, éclairé par les dernières recherches, et axés sur le lien entre le télévangéliste et l'émergence du Prosperity Gospel.
Il est signé Jonathan Root et s'intitule Oral Roberts and the rise of the Prosperity Gospel (Eerdmans, 2023).
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Relire Serge Molla sur Martin Luther King
Aux Etats-Unis et au-delà, c'est le Martin Luther King Day (#MLKDay). L'occasion de souligner l'actualité, et aussi le poids intellectuel et historiographique du pasteur baptiste et Prix Nobel de la paix 1964.En langue française, on rappellera en particulier ces deux très bons livres de Serge Molla sur la pensée de Martin Luther King.
Tout d'abord Les idées noires de Martin Luther King (dire discutable, mais contenu passionnant), Labor et Fides, 2008, et ensuite Martin Luther King prophète (Labor et Fides, 2018).
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Race for revival
On attendait depuis longtemps un ouvrage historique de fond sur les relations entre évangélisme états-unien contemporain et Corée du Sud. Un lien qui a impacté la géopolitique du christianisme (et du soft-power américain) durant près d'un demi-siècle.Voici le livre attendu, grâce à ce bel ouvrage signé Helen Jin Kim, à partir de sources riches et diversifiées, à la fois en coréen et en anglais.
Une référence publiée chez Oxford University Press
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Terrorisme suprémaciste: nouvelle tuerie de masse (Buffalo)
D'un point de vue purement quantitatif, le djihadisme islamiste reste le premier vecteur de terrorisme des dix dernières années en Europe et en Amérique du Nord. Mais le suprémacisme blanc, alimenté de haines identitaires et de l'idéologie mortifère du "Grand remplacement", occupe sans conteste la seconde place de ce macabre podium.
Il a encore frappé samedi 14 mai 2022 à Buffalo (Etat de New Yord, USA). Un suprémaciste blanc de 18 ans, qui laisse derrière lui un Manifesto en PDF "expliquant" son geste, a tué 10 personnes. Parce qu'elles étaient noires.
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Bell Hooks (1952-2021)
Saluons ce soir l'héritage laissé par Bell Hooks, intellectuelle et militante qui a tiré sa révérence il y a quelques jours.Auteure d'une oeuvre majeure, elle est très largement reconnue comme une pionnière de l'extension du périmètre intellectuel et social du féminisme contemporain aux femmes noires (longtemps mises de côté par la plupart des féministes blanches).
Publié en 1981, son Ain't I a Woman? Black Women and Feminism, est un ovni pour l'époque, qui a ouvert la voie à une, puis deux générations de féministes. Parfois excessive, comme dans ses critiques de Beyoncé sur le terrain de la sexualisation du corps, elle n'en a pas moins laissé un héritage majeur, considéré comme à la source du féminisme intersectionnel.
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Gloria Richardson (1922-2021)
En tant que leader des droits civiques sur la côte est du Maryland au début des années 1960, Gloria Richardson, issue d'un milieu protestant épiscopalien peu pratiquant, a servi de pont entre l'activisme non-violent du révérend Martin Luther King Jr. et les tactiques et programmes plus radicaux et confrontationnels du mouvement Black Power.On peut aussi la considérer comme l'une des inspiratrices, bien plus tard, de Black Lives Matter. Elle est est décédée le 15 juillet à son domicile de Manhattan. Elle avait 99 ans.
Le New York Times lui a consacré un bel hommage, qui permet aussi de sourcer des éléments clefs de son itinéraire de femme noire militante au service des Droits Civiques.
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Evangélisme blanc aux Etats-Unis : le recul se confirme
L'enquête PRRI (Public Religion Research Institute) est une des grandes enquêtes périodiques qui permet d'évaluer l'évolution des affiliations religieuses aux Etats-Unis.Les catégories employées posent certes des difficultés de méthode, imposant aux chercheurs de ne pas les reprendre aveuglément telles quelles.
Mais les données produites n'en sont pas moins très intéressantes. Elles révèlent, à l'occasion des résultats du 2020 Census of American Religion, un recul confirmé de l'évangélisme blanc aux Etats-Unis: d'après cette enquête, les "blancs" seraient désormais plus nombreux, à nouveau, à fréquenter les mainline churches (anciennes Eglises établies) que les Evangelical churches !
C'est un retournement de tendance très significatif, qui demandera à être vérifié/recoupé avec d'autres enquêtes.
Les raisons ? On peut en citer trois:
-l'effet boomerang du soutien de 80% des évangéliques blancs à Trump, au risque de brouiller les frontières entre politique et religion, nationalisme et christianisme
-la trop lente adaptation des White Evangelicals aux problématiques inclusives (de tous ordres), campant sur un discours conservateur de plus en décalage avec l'évolution de la société
-la crise systémique depuis 10 ans, aux Etats-Unis, des modèles d'autorité pastorale des megachurches (manque de contrôle, mégalomanie, double discours, effets délétères du star-system, burn-out en série des pasteurs etc.)
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Cicely Tyson (1924-2021)
Elle avait choisi, pour titre de son autobiographie publiée en ce début d'année 2021, le refrain d'un hymne chrétien célèbre, "Just As I am" (Tel que je suis).Le même titre que celui choisi, jadis, par l'évangéliste Billy Graham dans son autobiographie publiée en 1997.
Cicely Tyson, actrice africaine-américaine de grand talent, s'en est allée dans sa 97e année, laissant derrière elle un héritage considérable.
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Billy Graham, un documentaire de référence sur France 2
L'évangélique et évangéliste américain Billy Graham (1918-2018) est la figure religieuse de loin la plus populaire du XXe siècle aux Etats-Unis.
"Pasteur de l'Amérique", "grand prêtre de la religion civile américaine", il a puissamment impacté l'histoire états-unienne tout en conduisant, sur plus de 60 ans, un immense ministère d'évangélisation transnational sur tous les continents. Aussi faut-il saluer le très beau travail pédagogique accompli par Audrey Lasbleiz (sur une idée de Christophe Zimmerlin) au travers d'un documentaire France 2 en deux épisodes:
-Billy Graham, le pasteur de l'Amérique (1/2) : Rendez-vous à la Maison Blanche (diffusé le 8 novembre 2020)
-Billy Graham, le pasteur de l'Amérique : missionnaire sans frontière (2/2), diffusé le 15 novembre et visionnable en replay jusqu'au 22 novembre 2020 au lien suivant :
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De Trump-Pence à Biden-Harris

L'alliance tactique (deal) entre Trump et les 3/4 des évangéliques blancs a-t-elle pris fin avec la défaite de Trump face au ticket démocrate Biden-Harris ?
Il est trop tôt pour le dire.
Au crédit de Donald Trump, on retiendra que lors des élections 2020, le président Trump a largement réussi à rassembler son camp, mobilisant plus d'électeurs qu'en 2016.
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Evangéliques américains et complotisme sur internet
La fin de la neutralité du Net, aux Etats-Unis, n'en finit pas de dérouler ses conséquences inquiétantes pour la démocratie. En un mot: les internautes américains restent désormais dans leur "bulle de confort".En Europe, un internaute musulman et un internaute catholique qui effectuent la même recherche Google trouveront (en gros) les même résultats. Aux Etats-Unis, la liste donnée par Google sera différente.
Aux Etats-Unis, Internet fournit désormais aux consommateurs ce qu'ils aiment (ou ce qui rentre dans le périmètre de leur abonnement). Et élimine les voix différentes, discordantes, critiques. D'où cette polarisation qui marque la société états-unienne, dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences.
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Respirateurs pour qui ? Dilemme éthique et rôle de la religion
En cas de manque de respirateurs, à qui donner les meilleures chances?Cette question s'est posée, et se pose toujours, dans certains contextes hospitaliers confrontés à la pandémie du Covid19.
Parmi les options éthiques qui se présentent, on reconnaîtra l'option utilitariste, qui va privilégier les plus jeunes, les plus résistants. Et l'option de non-discrimination, qui vise à ne pas écarter les plus faibles.Une enquête du Pew Forum nous apprend que les Américains les plus croyants/religieux sont bien plus nombreux (60%) à privilégier la non-discrimination, alors que les moins religieux sont majoritairement (57%) favorables à une préférence utilitariste, visant de fait à sacrifier les plus faibles au nom des meilleures chances de survie.
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Sécularisation aux USA: Barna confirme
Une grande enquête de l'institut Barna (proche des protestants évangéliques, qui dominent le paysage chrétien aux Etats-Unis) vient nous apporter des éléments supplémentaires pour appuyer la thèse de la sécularisation de la société américaine. Elle est intitulée "State of the Church 2020".
Cette étude est présentée comme l'enquête la plus approfondie jamais conduite par l'institut Barna depuis 35 ans. Elle révèle notamment que la pratique religieuse est passée, aux Etats-Unis, de 45% en 2000.... à 25% en 2020.
Une mutation majeure.
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"Trump doit être démis de ses fonctions" (Christianity Today)
Ce n'est pas vraiment une surprise, mais c'est un événement:Le plus influent mensuel protestant nord-américain, le grand magazine évangélique américain Christianity Today, s'est prononcé cette semaine en faveur, sinon de la destitution de Donald Trump, du moins pour sa mise à l'écart du pouvoir.
L'éditorialiste explique que pour les mêmes raisons qui avaient poussé à justifier l'impeachment de Bill Clinton, vingt ans avant, il faut aujourd'hui demander la destitution de Trump (qui a cependant peu de chances de se produire). En cause, le MENSONGE, moralement inacceptable pour un chef d'Etat.
De quoi susciter un tumulte de réactions. Dans la descendance de Billy Graham (évangéliste parmi les fondateurs de Billy Graham), un petit-fils, Boz Tchividjian, a applaudi l'éditorial de Christianity Today, tandis que Franklin Graham (fils aîné de Billy) l'a regretté (lien).
En France, la pasteure baptiste Joëlle Sutter Razanajohary a publié une analyse pleine d'humour et de verve, regrettant la "si longue retenue" de CT face à un Trump notoirement grossier avec les femmes, tandis que le site Evangélique.info s'intéresse de près à ce séisme, qui place Trump en position délicate vis-à-vis des nombreux évangéliques blancs états-uniens qui le soutiennent.
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Le pouvoir précaire des célébrités féminines évangéliques
Qu'elles se tiennent seules ou à côté de leurs maris, les célébrités féminines évangéliques issues du milieu des megachurches (Eglises de plus de 2000 pratiquants hebdomadaires) jouent plusieurs rôles: prédicatrice, maîtresse de maison, figure de talent, conseillère, exemple de beauté. Elles suivent et parfois subvertissent les règles visibles et invisibles qui régissent la vie des femmes évangéliques, obtenant tantôt de belles récompenses ou des déconvenues sévères. Elles doivent être belles, mais pas impudiques; exemplaires, mais pas fausses; vulnérables au péché, mais non déviantes. Malgré leur influence et leur richesse, ces femmes se sont longtemps vues refuser le symbole le plus important du pouvoir spirituel - la chaire... Mais les choses ont changé, et à l'âge de la célébrité, nombreuses sont celles qui ont commencé comme "femme de quelqu'un", et qui ont terminé comme pasteure ou pasteure officieuse de tous, au-delà même de la megachurch d'origine.
Merci à Kate Bowler, excellente spécialiste du sujet, de nous proposer cette enquête approfondie, en terrain évangélique nord-américain, sur les femmes évangéliques issues du monde des mega-Eglises et de la célébrité (Beth Moore, Joyce Meyer, Victoria Osteen...). Des femmes dont l'exercice du "pouvoir précaire" a contribué à redéfinir les rôles féminins au sein du protestantisme évangélique, et au-delà.
Un livre publié en octobre 2019 aux éditions Princeton University Press.
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Jessye Norman (1945-2019)
Beaucoup, en France, se souviennent qu'en 1989, Jessye Norman avait été invitée d'honneur de François Mitterrand pour interpréter la Marseillaise sur la place de la Concorde à Paris, à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française.Soprano d'exception native de Georgie (Etats-Unis), la cantatrice Jessye Norman était aussi, à l'occasion, amatrice de musique Gospel. Elle en avait interprété plusieurs chefs d'oeuvre, dont Amazing Grace.
Merci Jessye.
Lien.
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Toni Morrison (1931-2019)
Immense figure de la littérature états-unienne contemporaine, Prix Nobel en 1993, Toni Morrison s'en est allée.Quand les flots du silence et de l'indifférence déshumanisent, son indomptable plume a remonté le courant, vers la source de notre humanité partagée. Non-conformiste, créative, engagée, inspirée, Toni Morrison était, du point de vue religieux, devenue catholique, dans son enfance. Sans rien renier, ni de sa liberté, ni d'un compagnonnage de toute une vie avec les autres Eglises afro-américaines, notamment baptistes (Cf. la narratrice de Sula).Plusieurs de ses oeuvres reflètent, à des degrés divers, le rôle joué par cette spiritualité chrétienne de résistance et de libération décrite dans l'ouvrage de Sylvia FREY (Water from the Rock, Princeton University Press, 1991). Parmi tant d'autres horizons et pépites qui invitent à (r)ouvrir ses livres.Merci Toni Morrison. -
"Onction pétrolière"? christianisme et pétrole aux USA
Professeur associé à l'Université Notre Dame, familier des études qui croisent religion et économie, Darren Dochuk vient de sortir un livre particulièrement fouillé, susceptible d'apporter de nouveaux éclairages sur les recompositions du christianisme aux Etats-Unis dans le contexte de l'essor de l'industrie pétrolière."This is one of the best and most original books ever written about the marriage of capitalism and Christianity in America", commente notamment Michael Kazin, professeur à Georgetown University.
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Rachel Held Evans (1981-2019)
Le décès de Rachel Held Evans fait grand bruit outre-Atlantique. Cette auteure et conférencière chrétienne à succès incarnait en effet une liberté spirituelle et une ouverture particulièrement appréciées en ces temps où les positions se polarisent.Progressivement sortie du milieu évangélique états-unien dans les années 2010, sans rejeter la foi chrétienne, elle a publié plusieurs ouvrages marquants, dont A Year of Biblical Womanhood (2012) où elle raconte son année passée à vivre comme une femme de l'Ancien Testament. Journaliste dans les colonnes des plus grands titres, bloggeuse, oratrice de talent, elle aimait débattre sans condamner, échanger sans claquer la porte, en allant au fond des choses. Elle s'en est allée à seulement 37 ans, non sans laisser un héritage mêlant dignité, courage, spiritualité et liberté. Lien.
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Emil Ferris et les monstres familiers
Ci-contre, voici Deeze, le grand-frère encombrant, avec un Jésus tatoué sur l'épaule. Il fait partie du roman graphique de plus de 400 pages publiée par Emil Ferris (après 48 refus d'éditeurs). Une plongée étourdissante dans le Chicago populaire des années 1960, non sans vertiges, monstruosités, enfers et paradis artificiels. Cette BD hors norme vient de remporter un prestigieux prix à Angoulême (lire ci-dessous).Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. L’Américaine Emil Ferris s’est vu décerner, samedi 26 janvier, le fauve d’or du meilleur album de l’année écoulée pour Moi, ce que j’aime, c’est les monstres (Monsieur Toussaint Louverture), à l’occasion du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Il s’agit du tout premier roman graphique de cette illustratrice de 56 ans qui n’avait même jamais publié de livre auparavant.
Lire la suite ici (lien).




