21/10/2012

Mission au Soudan du Sud: jour J-2

Graham à Juba.jpgA deux jours du départ pour la République du Soudan du Sud, nouvel Etat africain créé dans la douleur... et les cris de joie le 9 juillet 2011, soulignons combien l'élément confessionnel est marquant dans l'identité du nouvel Etat.

Sans négliger les facteurs politiques, ethniques et économiques (pétrole), il faudrait être sourd, aveugle et surtout d'une grande mauvaise foi pour nier l'importance que revêt aussi la variable religieuse, à savoir un Soudan sudiste animiste et chrétien, longtemps sous la férule d'un Soudan du Nord gouverné par un régime islamiste (qui hébergea en son temps Oussama Ben Laden, installé au Soudan entre 1991 et 1996 avec ses miliciens jihadistes).


C'est pourquoi le grand "Festival d'évangélisation" organisé par Franklin GRAHAM à Juba (capitale de la République du Sud Soudan) dans le stade John Garang les 26 et 27 octobre 2012 est un événement majeur. C'est l'événement que je vais étudier sur place, pour le compte du CNRS.

Franklin GRAHAM, successeur de Billy Graham, son père, à la tête d'une puissante multinationale d'évangélisation, est le prédicateur américain le plus représentatif de l'évangélisme états-unien prosélyte, partisan du développement de sociétés civiles chrétiennes et d'une approche confrontationnelle avec l'islam.

Sa venue à Juba constitue un terrain d'observation exceptionnel des dynamiques de recomposition confessionnelle en cours dans tout l'espace subsaharien, entre christianismes endogènes (ici, Églises sud-soudanaises qui invitent Graham), missions évangéliques américaines, enjeux de développement et compétition avec l'islam.

A suivre....

Commentaires

Ah oui, M. Graham...

Remerciez moi, M. Fath : je vois déjà le titre d'un des chapitres de votre étude : "Comment les évangéliques se fabriquent une nouvelle papauté".

À suivre le site web de M. Graham, je vois : "Espoir pour une nouvelle nation" (traduction approximative)... niveau nouvelle nation, M. Graham s'y connait bien. Mais il dénonce que M. Obama, lui, ne s'y connaîtrait pas. Et que M. Romney, lui, serait mieux.

Dans un papier intitulé "Un évangélique peut-il voter pour un mormon ? " ( http://billygraham.org/articlepage.asp?articleid=8998 ) qu'il a pondu, M. Graham affirme que la nation américaine vient de la Bible et que, les mormons venant de la Bible aussi, alors on peut voter pour eux.

Une telle affirmation est pour le moins étonnante, car les évangéliques ont poursuivi les mormons pendant des siècles, précisément parce qu'ils auraient traficotés la Bible... (mais M. Graham ne semble pas le savoir).

M. Obama, selon M. Graham, voudrait recréer une nation américaine sans dieu, ou pire, avec plusieurs dieux. Les politiques voudraient reprendre les mythes fondateurs. Pareille folie vaut bien quelques tours de passe passe avec la Bible. Et donc la Bible, selon M. Graham, du point de vue de l'histoire des États-Unis, est la même pour les mormons et pour les évangéliques.

Bien sûr des festivals dans des jeunes pays sont bienvenus pour rendre toutes ces ces approximations approximatives, et montrer qui s'y connait en mythes fondateurs.

Bref. Que la papauté soit catholique, ou qu'elle soit évangélique, c'est toujours la même merde.

Écrit par : ista | 25/10/2012

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