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07/02/2010

Affaire Boulazhar, suite: le rôle de la CIMADE

Cimade70ans.jpgL'affaire Boulazhar continue.


D'autant que le préfet Patrick Stefanini entend faire appliquer la même procédure d'expulsion ("reconduite à la frontière" est l'expression exacte et politiquement correcte) à Salma Boulazhar.

 

Salma n'est autre que la soeur jumelle de Salima, déjà expulsée depuis jeudi après avoir été précédemment arrêtée par la police et conduite, en pijama, au centre de rétention.


 

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Pour avoir quelques échos directs et sonores, je vous invite notamment à écouter le début d'une émission France Inter de Daniel Mermet, le 5 février 2010, sur le lien suivant.

On y entend une enseignante de Clermont-Ferrand, puis le préfet Stéfanini, puis enfin Salima Boulazhar elle-même, interviewée depuis le Maroc.

 

 

En complément d'information, et pour évoquer le rôle du protestantisme (revenons à mes moutons de spécialiste), soulignons le rôle considérable joué, en cette affaire comme dans d'autres, par une association d'inspiration protestante née il y a 70 ans, la CIMADE.

 

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La CIMADE, oeuvre emblématique du protestantisme français

 

La CIMADE veut dire "Comité inter mouvements auprès des évacués" .

Elle constitue une des oeuvres sociales les plus emblématiques du protestantisme français, élargie à l'horizon oecuménique.

Mobilisée au service des populations déplacées, des migrants et réfugiés, la CIMADE s'implique tout naturellement au service de la défense des droits de Salima et Salma Boulazhar.

 

Face à l'argumentation strictement légaliste de Patrick Stéfanini (qui pourrait surprendre un peu certains, compte tenu du passé judiciaire de ce fonctionnaire, condamné par la justice, il y a quelques années, dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris), la CIMADE rappelle notamment, dans cette affaire, cet argument indiscutable: certes, les soeurs Boulazhar peuvent, au regard de la loi française actuelle, être "reconduites à la frontière" (sic). Ce qui a été accompli n'est pas, techniquement, illégal.

 

Mais TOUT EN RESPECTANT LA LOI, une autre solution, infiniment plus humaine, aurait pu être trouvée.

Dixit : "Au lieu de profiter d'une erreur dans le parcours de la demande pour faire une expulsion de plus, le Préfet aurait pu les aider à régulariser leur situation et ainsi leur éviter autant de souffrance et d'humiliation et leur permettre de poursuivre sereinement leurs formations professionnelles".

 

Cliquez ici pour lire toute l'argumentation de la CIMADE.

 

 

CIMADE 1940.jpgA quand une grande thèse d'Histoire sur la CIMADE?

 

Terminons en soulignant l'intérêt documentaire exceptionnel du nouveau site de la CIMADE, relooké en profondeur, avec de riches contenus documentaires, à l'occasion des 70 ans de l'association.

 

En attendant la grande thèse d'Histoire qu'il faudrait consacrer à cette association, ce site internet vaut vraiment le détour, et constitue un apport non négligeable à l'historiographie contemporaine de notre pays, dans son rapport avec les migrants.

 

Le livret de l'exposition des 70 ans de la CIMADE peut aussi être téléchargé, directement sur le site ou ici et ci-dessous (cliquer sur l'image).

 

Cimade70ans.jpg

 

Ce livret passionnant ne remplace pas une synthèse historique plus complète et plus distanciée, qui reste à écrire, mais c'est un bon début pour découvrir l'itinéraire de cette association militante et engagée sur le terrain au service de cette exigence: "l'Humanité passe par l'autre".

 

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