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30/03/2017

Guyane: mettre fin aux privilèges coloniaux du clergé catholique

Mgr-Emmanuel-Lafont-eveque-Cayenne-Guyane_0_729_486.jpgA lire dans La Croix la prise de position ferme et solidaire de l'évêque de Cayenne, Mgr Lafont, au sujet des mouvements sociaux en Guyane, destinés à alerter sur le manque de volontarisme étatique pour corriger inégalités et insécurité. Le représentant catholique soutient les revendications qui visent à "obtenir du changement", y compris en réformant les immobilismes et héritages néocoloniaux qui plombent la société locale.

Pour passer de la parole aux actes, une initiative logique serait de mettre fin aux privilèges coloniaux (hérités de 1828) qui obligent le contribuable guyanais à financer tout le clergé catholique local. Rompre avec cette discrimination officielle héritée du temps des colonies est une mesure de justice élémentaire, qui permettrait de réaffecter les sommes à l'intérêt général (y compris la sécurité publique), replaçant par ailleurs les cultes sur un pied d'égalité.

Rappelons que ce débat traverse la société guyanaise depuis quelques années, et ce blog s'en est fait l'écho (lien).

06/01/2015

"Il serait bon que l'Eglise renonce d'elle-même à un privilège"

L-eveque-de-Cayenne-jeune-pour-demander-aux-catholiques-de-financer-leur-Eglise_article_main.jpgSi la Guyane doit toujours financer le clergé catholique (cf. blognote précédente), signalons que l'évêque de Cayenne, Mgr Lafont, a pris (tardivement?) le train en marche en souhaitant que son Eglise apprenne à autofinancer ses prêtres, comme le font tous les autres cultes de Guyane.

Les ponts semblent cependant rompus avec le Conseil Général, dont le président a mis tout dernièrement l'évêque à la retraite (lien)!

Appuyant son propos d'un jeûne en octobre dernier, l'évêque désormais retraité déclarait, dans La Croix (lien): 

"Cette situation est le fruit de l’histoire mais elle ne correspond plus à la société multiculturelle et multireligieuse dans laquelle nous vivons. (..) Il serait bon que l'Église renonce d'elle-même à un privilège plutôt que d'attendre qu'il lui soit enlevé"... (La Croix, mis en ligne le 7.10.2014)

De sages paroles à méditer aussi du côté des Eglises d'Alsace et Moselle financées sur fonds publics...

05/01/2015

Prêtres payés par l'argent public (Guyane): c'est reparti comme en 1828

France, laïcité, république, guyane, charles X, catholicisme, église catholique, france d'outre-merLa nouvelle est passée en catimini pendant les fêtes: en dépit d'une décision dûment votée par le Conseil Général de Guyane qui visait à mettre fin à la "discrimination positive" dont bénéficiait le clergé catholique de Guyane, rémunéré aux frais des citoyens, le tribunal administratif a imposé de revenir aux pratiques en cours depuis le roi Charles X: le clergé catholique de Guyane est donc à nouveau salarié aux frais des contribuables, croyants ou pas.

Ce qui n'est pas le cas des pasteurs. Ni des imams. Ni des rabbins. Ni des prêtres d'aucune autre religion. En contradiction frontale avec les conquêtes de la laïcité. Et avec un principe d'égalité tout simple.

Un exemple supplémentaire des hypocrisies d'une laïcité française bien moins "propre" dans sa pratique que dans ses principes. Et un aliment de plus à la rancoeur de toutes celles et ceux qui en ont assez de ces double-discours et petits arrangements entre héritiers installés dans leurs privilèges.