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08/05/2017

Il s'appelle Emmanuel...

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... Mais il ne se prend pas pour le messie.

L'élection hier soir à la Présidence de la République d'Emmanuel Macron tourne la page d'un long chapitre marqué par la tentation française des "politiques du salut séculier".

La France s'est longtemps distinguée par un messianisme politique qui fait de l'Etat une quasi Eglise de substitution. François Hollande, avant son élection en 2012, avait une nouvelle fois réactivé cette "politique enchantée" dans son fameux discours du Bourget (le "rêve français" etc). Mais les flots de promesses intenables se sont heurtés à une réalité massivement constatée par les citoyennes et citoyens; au lieu de "changer la vie", les politiques ont navigué à vue, et se sont parfois servis dans la caisse. Ils ont fait la démonstration, mandat après mandat, de l'imposture du messianisme politique.

En se réclamant souvent de la "bienveillance", de l'"humilité", du refus du sectarisme (il est le seul à toujours avoir refusé de faire siffler ses adversaires), Emmanuel Macron désenchante la politique. Moins de grandes promesses, plus de pragmatisme. Moins de prêchi-prêcha, plus d'écoute des compétences de la société civile.

A l'hebdomadaire protestant Réforme qui l'interrogeait, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron affirmait: «Je ne promets ni le bonheur, ni la transcendance. Je laisse cela aux religions. Autrement, ce seraient des projets totalitaires.» (lien)

Face à une Marine Le Pen qui s'inscrivait dans la continuité du messianisme politique français (avec une inflexion frontiste orientée vers une quasi religion nationaliste), Emmanuel Macron marque une rupture choisie par presque deux électeurs sur trois. En marche.

19/08/2016

"Burkini" sur les plages publiques en France: pour clarifier le débat

france,burkini,laïcité,islam,islamophobie,liberté,égalité,fraternité,république,arabie saoudite,droits des femmes,religion et laïcité,femmes et religion,plages publiquesLa cacophonie ambiante autour du 'burkini' s'est maintenant portée, en France, sur l'enjeu des plages publiques, ce qui est un cas différent de la 'journée Burkini' organisée, puis annulée sur pression, dans un espace privé (lien). Revenons brièvement (et une dernière fois) sur ce sujet, révélateur des tensions autour de laïcité et liberté en France, pour rappeler ceci:

Au-delà des réductions démagogiques parfois alarmantes (lien), le vrai débat se pose entre sociétés pluralistes qui laissent les femmes s'habiller librement sur les plages, et sociétés punitives qui leur dictent ce qu'elles doivent porter (que ce soit, en Arabie Saoudite, pour interdire le bikini, ou pour interdire ailleurs le 'burkini').

En ce sens, interdire le 'burkini' reviendrait en réalité à 'saoudiser' (sic) la France. A l'envers, certes, mais saoudiser quand même (société punitive), en interdisant autoritairement aux femmes de porter (ou ne pas porter) ce qu'elles veulent. Alors que ce qu'il faut plutôt souhaiter, c'est une extension des valeurs de liberté des femmes et de laïcité en Arabie Saoudite et au Qatar, dont les pétrodollars n'ont hélas pas l'air de beaucoup déranger certains dirigeants français, de droite comme de gauche, quand il s'agit de signer des contrats d'armement ou faire des conférences.

Dernier rappel: le 'burkini' est une adaptation commerciale d'une très ancienne pratique 'blédarde' qui voit les femmes se baigner habillées, du Maroc à l'Egypte. Ce n'est, en rien, un uniforme salafiste. Le salafisme strict prohibe au contraire cette tenue qui pousse des femmes, qui auparavant n'allaient pas nager, à se baigner en public.

23/07/2016

Réfugiés: les protestants français se mobilisent

CM Capture 1.jpgMême le quotidien Libération, relayé par Le Monde, l'a relevé, quelques jours après l'attentat de Nice (lien).

Si le gouvernement français actuel est bon en habillage "com", les actes, eux, sont moins reluisants. C'est vrai dans la sécurité (Nice), c'est aussi vrai le cas en matière d'accueil des réfugiés, où sur le terrain, les autorités françaises n'ont pas vraiment pas de quoi être fières.

On relèvera que les protestants de France, sur ce terrain, ne se sont pas laissés berner par les satisfecits officiels, et ont montré ces derniers mois une cohérence d'action significative.

Côté protestant évangélique, cela s'est traduit par la plate-forme évangélique d'aide aux migrants de Calais, impulsée sur le terrain par CNEF Solidarité (lien). Côté protestant luthéro-réformé, cela s'est manifesté par le collectif "Exilés: l'accueil d'abord!" (lien), appuyé par le portail internet "Accueillons les exilés" (lien).

Cette campagne a été impulsée par l'EPUdF, et a été rejointe par la CIMADE, COEXISTER, la Fédération de l'Entraide Protestante (qui compte une composante évangélique), les Scouts Eclaireurs et Unionistes de France, RegardsProtestants, Réforme, entre autres (lien).

13/07/2016

Alsace-Moselle: vers l'abrogation du délit de blasphème

maxnewsworldtwo336678.jpgEn France, le délit de blasphème, ou assimilé, a souvent été utilisé pour restreindre les libertés (cf. le très bon livre de Jean Boulègue, Le blasphème en procès). Dans bien des pays, il est toujours utilisé comme arme contre les minoritaires, notamment au Pakistan, où il est responsable de l'incarcération de nombreux chrétiens, notamment Asia Bibi, toujours emprisonnée (lien).

C'est pourquoi, au nom de la laïcité, un amendement (833) a été déposé puis adopté, à l'Assemblée Nationale, pour supprimer le délit de blasphème toujours en vigueur dans le droit local d'Alsace-Moselle.

Mais la Navette parlementaire (AN/Sénat) doit encore faire son travail avant une adoption définitive, ouvrant vers l'étape (logique) suivante: mettre enfin un terme au financement discriminatoire par l'argent public de certains clergés, en Alsace-Moselle. Pour faire mieux coïncider principe et réalité de la laïcité.

13/06/2016

Réactions à Orlando: ne pas entrer dans le piège de Daech

9782707186102.JPGL'effroyable tuerie d'Orlando hier (50 morts dans un Night Club LGBT) impose, plus que jamais, un devoir de clarté. Directe et pédagogique. Parce qu'elles analysent, décortiquent et font comprendre, les sciences humaines disposent d'atouts immenses pour cela. Encore faut-il qu'elles parviennent à sortir de leur tour d'ivoire, afin de faire barrage aussi bien à ceux qui "noient le poisson" (confusion) qu'à ceux qui "jettent de l'huile sur le feu" (surenchère).

Aujourd'hui, l'impératif, pour les sociétés pluralistes qui défendent les valeurs de liberté et de responsabilité, est celui-ci: refuser à la fois l'angélisme (il faut nommer, et combattre les liberticides) et le piège mortel de la réponse par l'exclusion, qui fait le jeu des ennemis de la liberté. Se battre pour les libertés et les droits de tous ne devrait pas être négociable, ou à géométrie variable.

Longtemps, l'angélisme s'est avéré une menace aussi grande que la surenchère. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Beaucoup sont sortis de l'angélisme, et ont rejoint les rangs de la surenchère... Attention danger. Quand Trump veut interdire aux musulmans l'accès au sol américain, et que Sarkozy exalte en France les "moeurs chrétiennes" (sic), ils entrent tous deux dans un piège, font exactement ce que Daech veut qu'ils fassent. Ils font des distinctions selon les citoyens en fonction de leur passé ou de leur religion, encouragent la catégorisation et la relégation des minoritaires. Ils nourrissent, sans même s'en rendre compte (?), le jeu des ennemis de la liberté, entrent dans le "piège Daech" (Luizard) et alimentent des ferments de guerre civile.

No Pasaran.

09/05/2016

France et accueil des étrangers: peut mieux faire

Défenseur_des_droits_-_logo.jpgEn sciences sociales des religions, l'interaction des acteurs étudiés avec la société globale est au moins aussi importante à prendre en compte que leur mode d'action, d'engagement et de relation dans le milieu religieux. De ce point de vue, en France, il est très important, pour comprendre l'essor des Eglises issues de l'immigration, mais aussi l'essor de la recomposition multiculturelle des autres Eglises, d'évaluer le contexte global de l'accueil des étrangers. Et si l'attractivité considérable des Eglises évangéliques s'expliquait en partie par le fait que beaucoup de migrants s'y sentent mieux accueillis que dans le reste de la société française?

A l'appui de cette hypothèse, il faut lire le dernier rapport de Jacques Toubon, défenseur des droits. Il s'intitule « Les droits fondamentaux des étrangers en France » (305p), et pointe une banalisation et une aggravation des discriminations contre les étrangers en France. Il observe notamment que « L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt ». Lien.

11/04/2016

Religion et homosexualité, même degré de protection, ou pas ?

648x415_tract-distribue-certaines-boites-lettres-jarnac.jpgEn France, la jurisprudence permet de dénoncer publiquement la religion, moquer ses fondateurs, ou de témoigner d'avoir été délivré de la religion (cf. Charlie Hebdo etc.), mais interdit (en principe) d'insulter des religieux. L'idée peut être attaquée, pas la personne (lien).

En est-il de même pour l'homosexualité? Ou l'homosexualité est-elle en passe, en France, d'être davantage protégée, dans les prétoires, que la religion, écornant au passage le principe républicain d'égalité? C'est tout l'enjeu des délibérés attendus d'un procès en appel, après un premier jugement à Angoulême le 2 novembre dernier (lien). Le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) a réagi le 7 avril par un communiqué (lien). A suivre...

Du point de vue de l'histoire des libertés et des valeurs républicaines, la décision du 25 mai fera date. 

Lien.

20/01/2016

Manuel Valls, pompier pyromane de la laïcité ?

Valls.jpgOn est en plein paradoxe. Le premier Ministre français Manuel Valls, qu'on a connu beaucoup mieux inspiré, a quelque peu égratigné l'exigence laïque en volant au secours, devant les amis du CRIF, d'une intellectuelle retraitée de plus en plus citée par le Front National, dont de récents propos sur Europe 1 contribuent à banaliser l'islamophobie.

 

Et pourtant, le Premier ministre actuel de la République française s'est cru compétent, tel un pompier pyromane, pour donner des leçons de laïcité à l'excellent travail d'équipe conduit par Nicolas Cadène (rapporteur) et Jean-Louis Bianco (président) à la tête de l'Observatoire de la Laïcité, une structure publique qui s'évertue à défendre et sauver le socle laïque dont la France se réclame

La quotidien Le Monde résume certains aspects de ce rififi (lien) et Jean-Louis Bianco s'est exprimé (lien).

13/01/2016

"On ne doit pas interdire tout ce qui ne plaît pas à certains" (N.Cadène)

observatoire-laicite.jpgL'intégrisme religieux et l'intégrisme séculariste contraignent les consciences, sont tentés par la censure des différences déplaisantes, et poussent à l'intolérance.

Le premier, en France, est bien ciblé, et il y a du boulot! Le second, beaucoup moins, au point qu'il voudrait se grimer en pseudo-laïcité, alors qu'il en est la négation hideuse.

Ces deux intégrismes menacent, en France, le pacte laïque et les valeurs de la République. Nicolas Cadène, dans une réflexion pondérée, trace un an après les attentats contre Charlie Hebdo, le chemin d'une laïcité forte et pacifiée, au travers d'un bilan et d'une analyse à lire absolument.

C'est dans L'Express.

Lien.

24/11/2015

France: refuser la logique du bouc émissaire

CM Capture 4.jpgIl faut le rappeler: en France, face à Daech, la seule responsabilité collective qui vaille, c'est celle de la République dans toutes ses composantes. Au sein de la nation plurielle, les citoyennes et citoyens musulmans de France sont et restent, plus que jamais, une richesse très précieuse pour le pays, et construisent, avec beaucoup d'autres, son avenir. En parallèle à la lutte internationale contre le nouveau califat wahhabite fanatisé qui, de facto, s'est constitué au Moyen-Orient, il est capital, en France, de refuser la logique du bouc émissaire.

S'en prendre aux terroristes et leurs réseaux, oui bien-sûr, mais sans jeter l'opprobre sur six millions de concitoyens sous prétexte qu'ils sont soupçonnés de partager la même religion.

Favoriser les rencontres, les débats et la fraternité, sur la base des mêmes droits pour tous, est un devoir national.

A cet égard, il n'est pas inutile de jeter régulièrement un oeil sur le portail francophone musulman pluraliste Oumma.com, d'une très grande popularité, et aux contenus formidablement variés.

On y lira notamment qu'à l'inverse de certains pseudo-spécialistes, on y appelle un chat un chat, et l'Arabie Saoudite est clairement pointée comme finançant le djihadisme.... Une Arabie saoudite richissime courtisée par de nombreux politiques français de toutes tendances.

Lien.