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10/11/2016

Election de Trump: avec le soutien de huit évangéliques blancs sur dix

CM Capture 1.jpgTrump, presbytérien (réformé) non-pratiquant de moeurs légères, n'a évidemment pas été élu sur critères religieux.

Si les évangéliques blancs, qui représentent plus de 20% de l'électorat américain, ont voté en masse pour lui (81%, contre 60% des catholiques blancs, voir tableau ci-contre du Pew Forum), c'est non pour des raisons théologiques ou éthiques (même si elles ont pu marginalement jouer, notamment sur l'avortement), mais d'abord pour des raisons socio-économiques.

Bien plus fragiles économiquement que les fidèles des sideline churches (anciennes églises établies, aujourd'hui en fort déclin), un peu moins bien lotis aussi que les catholiques ou même parfois que les musulmans, les évangéliques blancs ont subi, plus que d'autres, la fragilisation de la petite classe moyenne.

La globalisation néolibérale, avec son cortège de fermetures d'usines et de dumping social, a sinistré nombre de campagnes et de petites villes. Et les évangéliques blancs ont préféré ce qu'ils pensent être un DOMPTEUR de la globalisation, même populiste et démagogue, plutôt qu'un PROMPTEUR de la globalisation à leurs yeux représenté par Hillary Clinton, égérie du libre-échange et de la finance mondialisée.

09/11/2016

Séisme électoral de magnitude 10: Donald Trump élu président des USA

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Très largement soutenue par l'establishment financier, médiatique et politique des Etats-Unis, Hillary Clinton, femme-courage hyper compétente, était partie pour être la prochaine présidente des Etats-Unis.J'avais préparé ma blognote à 2H30 du matin, saluant l'événement, qui aurait été aussi un jalon fort dans la conquête, par les femmes, de la magistrature suprême...

Mais la crise sociale et culturelle aux Etats-Unis était telle que le vote populaire a déjoué tous les pronostics. Le ticket Trump-Pence l'a emporté. C'est une énorme surprise, un gigantesque choc, car jamais un président américain n'a été à ce point peu préparé à gouverner. Et jamais un candidat n'avait manié à ce point le registre ordurier dans une campagne américaine. La démocratie a parlé. Donald Trump sera le prochain locataire du Bureau ovale, et Twitter va chauffer comme jamais.

Ce séisme électoral de magnitude 10 doit inviter chacune et chacun à l'auto-examen. La remise en cause. N'avons nous pas sous-estimé la colère populaire? Ne sommes-nous pas tombés dans le piège du buzz, réduisant Trump à sa caricature, en oubliant trop facilement sa force de travail spectaculaire, et les axes d'une politique néo-protectionniste (pour l'intérieur) et anti-saoudienne (pour l'extérieur) qui méritent mieux que notre seul mépris?

Là-dessus, un des très rares intellectuels français (aimé ou détesté) qui avait perçu cela est Emmanuel Todd (lien), qui voit dans le vote populaire Trump un "recentrage démocratique". L'inquiétude, légitime, ne doit pas nous paralyser. Retroussons-nous les manches, allons sur le terrain avec pragmatisme, au plus près des hommes et des femmes qui souffrent et doutent, et redoublons de créativité et d'énergie pour construire un monde juste et fraternel.

21/10/2016

TRUMP, messie politique pour les Born Again blancs?

Evangéliques shift.jpgEn 2011, lorsqu'on demandait aux électeurs de différents "blocs religieux" s'ils estiment qu'un comportement privé immoral empêche une attitude éthique dans un poste officiel, les plus intransigeants étaient les évangéliques blancs. OUI, à leurs yeux, une mauvaise moralité privée décrédibilise la conduite dans les affaires publiques.

Cinq ans plus tard, à cette même question, renversement total. Les évangéliques blancs sont désormais LES PLUS ACCOMMODANTS. Même les non-religieux sont plus stricts. Pour plus de 70% des électeurs blancs évangéliques américains interrogés en 2016, ce n'est pas grave d'être immoral en privé, cela n'empêche en rien une conduite éthique dans les affaires. Ce renversement (cf graphique ci-contre, avec en bleu 2011, en jaune 2016) est à bien des égards stupéfiant, surtout en si peu de temps.

La cause a un nom: TRUMP.

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05/08/2016

Le facteur religieux dans les élections présidentielles américaines

Religions-et-Elections-présidentielles-aux-Etats-Unis-212x300.jpgLes 22 et 23 septembre 2016, se tiendra, à Aix-en-Provence, un colloque international portant sur Religions et élections présidentielles aux Etats-Unis.

Il est permis de se demander si les prochaines élections présidentielles aux États-Unis sont en train de changer durablement les rapports de force et les clivages du vote américain.

 

Pour en savoir plus, cliquer ici (lien).

02/02/2016

Iowa: Ted Cruz le Born Again terrasse le Trump Barnum

élections américaines 2016On l'avait un peu oublié: même si l'Amérique se sécularise, le puissant électorat évangélique reste un major player, particulièrement dans la course à l'investiture républicaine.

Trump, favori des sondages, mais incapable de reconnaître une table de communion (sur laquelle il a posé dernièrement par erreur un billet de banque), en a fait les frais. Cette version ultraconservatrice et hypercapitaliste de la droite républicaine s'est fait doubler, aux primaires de l'Iowa par un ténor ultraconservateur et évangélique, Ted Cruz, membre de la Convention Baptiste du Sud.

Le sénateur du Texas sait utiliser sa foi, dont il maîtrise codes et éléments de langage, pour mobiliser de larges pans de l'électorat US, un peu inquiets tout de même des outrances et approximations du Trump Barnum.

A suivre.