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02/03/2017

Donald Trump et les religions (La Croix)

Donald TRUMP BIBLE.jpgA relever hier dans La Croix un très bon article de Marie Malzac sur le rapport entretenu entre Donald Trump et les religions. Le protestantisme n'y est pas évoqué, mais ce n'est sûrement pas un oubli, gageons qu'un autre article s'en charge.

Mon collègue Moktar Ben Barka, très bon spécialiste du champ nord-américain, y apporte une analyse éclairante. IL souligne notamment que «son univers religieux, inexistant, est par conséquent totalement incohérent».
«D’un côté, (Trump) affirme collectionner les bibles. De l’autre, il ne fait pas bien la distinction entre Ancien et Nouveau Testament, cite des passages bibliques de façon erronée, y compris en présence de pasteurs évangéliques spécialistes des Écritures... »

Lien.

02/02/2017

USA: Plus de 90% des membres du Congrès se déclarent chrétiens

PF_01.03.17.faithonthehill-00-08.pngAlors que le bulldozer Trump fait des vagues aux Etats-Unis et au-delà, où en est le Congrès? Une intéressante étude du Pew Forum nous révèle un élément intéressant sous l'angle "religion et politique". 

Au début des années 1960, alors que plus de 90% de la population américaine se déclarait chrétienne, plus de 90% des membres du Congrès étaient chrétien aussi. Aujourd'hui, alors que la part de la population déclarée chrétienne a baissé de vingt points (de 90% à 70%), la part des membres du Congrès déclarés chrétiens n'a quasiment pas changé: toujours plus de 90%. En revanche, la répartition confessionnelle a évolué: déclin des protestants (de 75% à 56% entre 1961 et aujourd'hui), montée des catholiques (de 19 à 31%).

Lien.

01/02/2017

Suprémacisme et massacres de St Foy (2016) & de Charleston (2015)

1341397-alexandre-bissonnette-27-ans-fait.jpgLe 17 juin 2015, un suprémaciste blanc tirait dans une Église afro-américaine. Bilan 9 morts (tuerie de Charleston). Le terroriste qui vient de massacrer au Québec six fidèles musulmans en train de prier vient du même arrière-plan identitaire. Mes lecteurs savent combien je refuse l'indignation sélective. Quelle que soit leur origine confessionnelle, les fidèles tués en prière et leurs familles méritent la même compassion.

Et le même effort de décryptage afin de ne pas se limiter aux discours du type "la faute à pas de chance".

Pour élucider ce qui a rendu possible le carnage monstrueux de la mosquée de St-Foy (Québec), il faut, sans relâche, poursuivre l'étude en profondeur des milieux suprémacistes. Et, à un autre niveau, faire de la pédagogie en direction de tous ceux qui sont tentés de minimiser les dérives démagogiques d'un Trump ou d'une Marine Le Pen. Alexandre Bissonnette (auteur de la tuerie au Québec) était fan de ces deux derniers. Cela n'explique pas tout et ne justifie rien. Mais sous-estimer les foyers idéologiques de la haine de l'autre est une erreur. Vigilance.

Lire et relire, sur le suprémacisme identitaire, les travaux de Stéphane François, l'un des meilleurs spécialistes du sujet (lien).

19/01/2017

Investiture Trump: devine qui vient prier

Photo_2-3_bis-1.jpgAu petit jeu du "devine qui vient prier..." à l'investiture de Donald Trump, qui aura lieu demain, le pasteur Franklin Graham avait la cote. Gagné! Le fils et héritier du "pasteur de l'Amérique" Billy Graham (toujours en vie, bientôt 99 ans) sera effectivement le religieux le plus en vue lors de la cérémonie d'investiture.

C'est lui qui effectuera la prière publique. Cet évangélique de poids, à la tête de la BGEA et de Samaritan's Purse, n'avait pourtant pas pris officiellement parti pour Donald Trump lors de la campagne, mais ce n'est un secret pour personne qu'il préférait Trump à Clinton. Par ailleurs, on lira avec profit dans Réforme ce joli portrait croisé de deux pasteures du Sud des Etats-Unis, l'une pro-Trump, qui assistera à l'investiture (Paula White), l'autre anti-Trump, Jennifer Butler, qui organisera une marche de protestation (lien vers l'article de Noémie Taylor-Rosner).

10/11/2016

Election de Trump: avec le soutien de huit évangéliques blancs sur dix

CM Capture 1.jpgTrump, presbytérien (réformé) non-pratiquant de moeurs légères, n'a évidemment pas été élu sur critères religieux.

Si les évangéliques blancs, qui représentent plus de 20% de l'électorat américain, ont voté en masse pour lui (81%, contre 60% des catholiques blancs, voir tableau ci-contre du Pew Forum), c'est non pour des raisons théologiques ou éthiques (même si elles ont pu marginalement jouer, notamment sur l'avortement), mais d'abord pour des raisons socio-économiques.

Bien plus fragiles économiquement que les fidèles des sideline churches (anciennes églises établies, aujourd'hui en fort déclin), un peu moins bien lotis aussi que les catholiques ou même parfois que les musulmans, les évangéliques blancs ont subi, plus que d'autres, la fragilisation de la petite classe moyenne.

La globalisation néolibérale, avec son cortège de fermetures d'usines et de dumping social, a sinistré nombre de campagnes et de petites villes. Et les évangéliques blancs ont préféré ce qu'ils pensent être un DOMPTEUR de la globalisation, même populiste et démagogue, plutôt qu'un PROMPTEUR de la globalisation à leurs yeux représenté par Hillary Clinton, égérie du libre-échange et de la finance mondialisée.

09/11/2016

Séisme électoral de magnitude 10: Donald Trump élu président des USA

5027851_9_c39e_new-york-ny-november-09-republican_749407299c45af8fc5a976007b71f586.jpg

Très largement soutenue par l'establishment financier, médiatique et politique des Etats-Unis, Hillary Clinton, femme-courage hyper compétente, était partie pour être la prochaine présidente des Etats-Unis.J'avais préparé ma blognote à 2H30 du matin, saluant l'événement, qui aurait été aussi un jalon fort dans la conquête, par les femmes, de la magistrature suprême...

Mais la crise sociale et culturelle aux Etats-Unis était telle que le vote populaire a déjoué tous les pronostics. Le ticket Trump-Pence l'a emporté. C'est une énorme surprise, un gigantesque choc, car jamais un président américain n'a été à ce point peu préparé à gouverner. Et jamais un candidat n'avait manié à ce point le registre ordurier dans une campagne américaine. La démocratie a parlé. Donald Trump sera le prochain locataire du Bureau ovale, et Twitter va chauffer comme jamais.

Ce séisme électoral de magnitude 10 doit inviter chacune et chacun à l'auto-examen. La remise en cause. N'avons nous pas sous-estimé la colère populaire? Ne sommes-nous pas tombés dans le piège du buzz, réduisant Trump à sa caricature, en oubliant trop facilement sa force de travail spectaculaire, et les axes d'une politique néo-protectionniste (pour l'intérieur) et anti-saoudienne (pour l'extérieur) qui méritent mieux que notre seul mépris?

Là-dessus, un des très rares intellectuels français (aimé ou détesté) qui avait perçu cela est Emmanuel Todd (lien), qui voit dans le vote populaire Trump un "recentrage démocratique". L'inquiétude, légitime, ne doit pas nous paralyser. Retroussons-nous les manches, allons sur le terrain avec pragmatisme, au plus près des hommes et des femmes qui souffrent et doutent, et redoublons de créativité et d'énergie pour construire un monde juste et fraternel.

21/10/2016

TRUMP, messie politique pour les Born Again blancs?

Evangéliques shift.jpgEn 2011, lorsqu'on demandait aux électeurs de différents "blocs religieux" s'ils estiment qu'un comportement privé immoral empêche une attitude éthique dans un poste officiel, les plus intransigeants étaient les évangéliques blancs. OUI, à leurs yeux, une mauvaise moralité privée décrédibilise la conduite dans les affaires publiques.

Cinq ans plus tard, à cette même question, renversement total. Les évangéliques blancs sont désormais LES PLUS ACCOMMODANTS. Même les non-religieux sont plus stricts. Pour plus de 70% des électeurs blancs évangéliques américains interrogés en 2016, ce n'est pas grave d'être immoral en privé, cela n'empêche en rien une conduite éthique dans les affaires. Ce renversement (cf graphique ci-contre, avec en bleu 2011, en jaune 2016) est à bien des égards stupéfiant, surtout en si peu de temps.

La cause a un nom: TRUMP.

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19/10/2016

Recomposition de la droite chrétienne américaine

CM Capture 1.jpgAlors que la campagne présidentielle américaine n'en finit pas de toucher le fond, avec notamment la révélation de l'étonnante inconscience d'Hillary Clinton dans ses emails, et la consternante brutalité d'un Donald Trump en praticien (autoproclamé!) de l'agression sexuelle, la droite religieuse aux Etats-Unis se recompose.

Les catholiques blancs de droite votent désormais en majorité pour Hillary Clinton.... alors que seuls les évangéliques blancs de droite restent majoritairement attachés à Trump, selon un sondage du 11 octobre (lien). Même si beaucoup de leaders évangéliques se sont désolidarisés de Trump, ce qui est le cas aussi du grand magazine Christianity Today, d'autres facteurs jouent pour expliquer ce soutien.

Des ténors comme James Dobson et Falwell Jr, fans de Trump jusqu'au bout, ont leur part de responsabilité, ainsi qu'un pragmatisme à courte vue, qui voit dans Trump le restaurateur anti-système d'une Amérique prospère...

A quel prix?

Lire à ce sujet l'excellente enquête de Céline Hoyeau dans La Croix (lien).

05/08/2016

Le facteur religieux dans les élections présidentielles américaines

Religions-et-Elections-présidentielles-aux-Etats-Unis-212x300.jpgLes 22 et 23 septembre 2016, se tiendra, à Aix-en-Provence, un colloque international portant sur Religions et élections présidentielles aux Etats-Unis.

Il est permis de se demander si les prochaines élections présidentielles aux États-Unis sont en train de changer durablement les rapports de force et les clivages du vote américain.

 

Pour en savoir plus, cliquer ici (lien).

13/06/2016

Réactions à Orlando: ne pas entrer dans le piège de Daech

9782707186102.JPGL'effroyable tuerie d'Orlando hier (50 morts dans un Night Club LGBT) impose, plus que jamais, un devoir de clarté. Directe et pédagogique. Parce qu'elles analysent, décortiquent et font comprendre, les sciences humaines disposent d'atouts immenses pour cela. Encore faut-il qu'elles parviennent à sortir de leur tour d'ivoire, afin de faire barrage aussi bien à ceux qui "noient le poisson" (confusion) qu'à ceux qui "jettent de l'huile sur le feu" (surenchère).

Aujourd'hui, l'impératif, pour les sociétés pluralistes qui défendent les valeurs de liberté et de responsabilité, est celui-ci: refuser à la fois l'angélisme (il faut nommer, et combattre les liberticides) et le piège mortel de la réponse par l'exclusion, qui fait le jeu des ennemis de la liberté. Se battre pour les libertés et les droits de tous ne devrait pas être négociable, ou à géométrie variable.

Longtemps, l'angélisme s'est avéré une menace aussi grande que la surenchère. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Beaucoup sont sortis de l'angélisme, et ont rejoint les rangs de la surenchère... Attention danger. Quand Trump veut interdire aux musulmans l'accès au sol américain, et que Sarkozy exalte en France les "moeurs chrétiennes" (sic), ils entrent tous deux dans un piège, font exactement ce que Daech veut qu'ils fassent. Ils font des distinctions selon les citoyens en fonction de leur passé ou de leur religion, encouragent la catégorisation et la relégation des minoritaires. Ils nourrissent, sans même s'en rendre compte (?), le jeu des ennemis de la liberté, entrent dans le "piège Daech" (Luizard) et alimentent des ferments de guerre civile.

No Pasaran.

02/03/2016

L'ouragan Trump, un trompe-l'oeil?

CM Capture 1.jpgLes choses se clarifient aux Etats-Unis après le "super-Tuesday". Côté démocrate, rien ne paraît plus s'opposer à l'investiture d'Hillary Clinton. Côté républicain, c'est un peu plus compliqué, mais le rouleau compresseur Trump, vainqueur hier (dans 7 Etats), semble bien en voie de s'imposer, même si Ted Cruz, en remportant les primaires du Texas (+Oklahoma & Alaska), a sauvé les meubles. Le puissant électorat évangélique, dans cette affaire, reste très divisé. Majoritairement conservateur, il n'est pas pour autant enthousiasmé en bloc par Trump, dont le profil lui paraît trop éloigné de ses critères.

Au-delà des primaires, c'est sans doute une des cartes maîtresses d'Hillary Clinton en vue des élections de fin d'année. Un sondage CNN de ce début de semaine montre que Trump perdrait largement, le 8 novembre, face à Hillary. L'ouragan Trump, ça marche au sein des primaires républicaines, mais aux élections de fin d'année, c'est un trompe-l'oeil.

21/02/2016

Primaires rép de Caroline du Sud: Trump rafle 33% du vote évangélique

CM Capture 1.jpgLors des primaires républicaines de Caroline du Sud, les tendances déjà repérées se confirment: Trump fait la course en tête. Même dans l'électorat évangélique, a priori peu enthousiaste devant le profil chrétien très peu pratiquant de Trump, la tendance est là: Trump aurait remporté 33% du vote évangélique de Caroline du Sud. Ted Cruz aurait remporté 27% de ce vote, et Rubio 22% du même vote.

Le résultat final de la primaire, tous votes compris, indique un autre tiercé: Trump (1), Rubio (2) et Cruz (3), avec un "mort" sur le champ électoral, Jeb Bush, dont la campagne n'a jamais décollé.

Ces résultats lassent-ils à penser que les évangéliques "font" la victoire de Trump? (lien)

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19/02/2016

La battle Trump-Cruz et l'enjeu du vote évangélique

primaires républicaines 2016,etats-unis,usa,donald trump,ted cruz,nbc,pat robertson,évangéliquesC'est une réalité électorale depuis longtemps aux Etats-Unis: les électeurs évangéliques (près d'un tiers du vote républicain) ne se déterminent pas seulement, dans leur choix, en fonction du degré de ferveur religieuse du candidat. Le pasteur Pat Robertson (Christian Coalition), dans les années 1980, s'en était rendu compte. Il escomptait un full support des born again, il n'eut droit qu'à un peu plus de 10% de leurs votes.

C'est la raison pour laquelle, actuellement, Ted Cruz, bien plus religieux que Trump, ne recueille pourtant pas autant de promesses de vote évangélique en ce début de primaires. Ce n'est pas nécessairement un signe de sécularisation interne du vote évangélique, mais plus sûrement l'indication que Trump incarnerait (pour l'instant?) mieux que Cruz la colère de la classe-moyenne blanche dans la société américaine (en crise) d'aujourd'hui.

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11/02/2016

Primaires du New Hampshire: moindre part du vote évangélique

donald-trump.jpgComme d'habitude aux primaires du New Hampshire, la part évangélique dans la mobilisation électorale républicaine (turn-out) a été bien plus basse qu'en Iowa. Quand 64% des électeurs républicains de l'Iowa, lors de ces primaires 2016, se rattachaient au protestantisme évangélique, cela n'a été le cas que du quart des électeurs républicains du New Hampshire.

Résultat logique: Ted Cruz l'évangélique ultraconservateur est passé premier en Iowa, tandis que Donald Trump l'a largement emporté en New Hampshire. Trump séduirait pour l'instant une grosse majorité de Républicains "peu religieux", tandis que Cruz séduirait beaucoup de Républicains évangéliques...

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02/02/2016

Iowa: Ted Cruz le Born Again terrasse le Trump Barnum

élections américaines 2016On l'avait un peu oublié: même si l'Amérique se sécularise, le puissant électorat évangélique reste un major player, particulièrement dans la course à l'investiture républicaine.

Trump, favori des sondages, mais incapable de reconnaître une table de communion (sur laquelle il a posé dernièrement par erreur un billet de banque), en a fait les frais. Cette version ultraconservatrice et hypercapitaliste de la droite républicaine s'est fait doubler, aux primaires de l'Iowa par un ténor ultraconservateur et évangélique, Ted Cruz, membre de la Convention Baptiste du Sud.

Le sénateur du Texas sait utiliser sa foi, dont il maîtrise codes et éléments de langage, pour mobiliser de larges pans de l'électorat US, un peu inquiets tout de même des outrances et approximations du Trump Barnum.

A suivre.

14/12/2015

Evangéliques US: elle porte le hijab en solidarité avec les musulmans

larycia-hawkins.jpgLe Wheaton College (Illinois), où j'ai eu l'occasion de faire des recherches en 2000, 2001, 2006 lorsque je travaillais en priorité sur la socio-histoire du protestantisme évangélique états-unien, est considéré comme le "Harvard évangélique". De ce creuset sont sortis de très nombreux pasteurs, théologiens, missionnaires, évangélistes, tel Billy Graham.

Aussi est-il particulièrement significatif de voir que l'une de ses professeures, Larycia Hawkins, ci-contre, a décidé de porter le hijab  jusqu'à Noël en solidarité avec les musulmans américains, actuellement sous forte pression, et humiliés par les déclarations ignobles du démagogue extrémiste Donald Trump.

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