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02/10/2019

France : transfert de compétences de la MIVILUDES

Capture d’écran 2019-10-01 à 22.55.36.pngEn France, le transfert annoncé de compétences de la MIVILUDES (mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires) au Ministère de l'intérieur inquiète certains milieux mal informés.

En réalité, c'est une bonne nouvelle pour la nécessaire lutte contre les dérives sectaires en France.

La MIVILUDES, de plus en plus décrédibilisée, souffrait en effet de sévères dysfonctionnements. Cette structure coûteuse et peu efficace s'appuyait, d'une part, sur une définition trop restrictive et trop laxiste des dérives sectaires (excluant de nombreux creusets idéologiques et religieux, notamment l'islam, une large part de l'Eglise catholique, et la militance politique radicale). D'autre part, elle s'était mis à dos, depuis 2005 (démission de Nathalie Luca) la quasi totalité du milieux des chercheurs, par un certain amateurisme opportuniste qui laissait craindre une politique approximative de la chasse aux sorcières, plutôt qu'une expertise républicaine maîtrisée et éclairée.

Doté d'une forte expérience de terrain, d'un pragmatisme lucide (moins d'idéologie, plus de données fiables) et d'un spectre d'intervention plus large, gageons que le Ministère de l'Intérieur (et des cultes) reprendra, avec plus d'efficacité et de justesse, le flambeau de la prévention et de la lutte nécessaire contre les dérives sectaires tous azimuts.

Des dérives toujours actuelles, dans tous les milieux, qui peuvent broyer les personnes, les familles, et conduire au pire: que la République soit vigilante est une bonne chose!

05/01/2018

Pour la traçabilité des infos et la régulation du sponsoring

Capture d’écran 2018-01-04 à 22.44.47.jpgGrâce à Regardsprotestants, il faut lire l'excellente analyse de James Woody, publiée sur "Esprit de liberté".

Elle est intitulée "Contre une législation sur les 'fausses nouvelles'.

Sur la défense de la liberté d'expression, je partage totalement l'avis de l'auteur. Et ce blog a souvent pris position sur cette ligne. En revanche, je ne cultive pas la même inquiétude, sur le dossier évoqué, quant au risque de dérive liberticide. En regardant les choses dans le détail, on peut remarquer ces trois points:

1/ Sauf erreur, il n'est pas question d'un projet de loi contre les "fausses nouvelles", mais plutôt d'une loi qui limite le sponsoring opaque des fake news, ce qui est très différent; on n'est pas dans la police de la pensée, mais dans la régulation de la pseudo info-pub manipulatoire qui trompe le lecteur.

2/ Le sponsoring opaque massif de fake news (mais aussi parfois de publicité religieuse) est à certains égards comparable au commerce des indulgences au XVIe siècle, dénoncé par les Réformateurs. Pour accéder à ce que l'on convoite (tantôt le salut, tantôt l'info croustillante ou la renommée), on paye et on fait commerce, sans scrupules

3/ Le sponsoring massif et la non-traçabilité des fake news sur les réseaux sociaux (qui vont bien plus loin que ce que l'on a pu connaître avant la Révolution numérique) limitent en réalité la liberté d'information et de pensée. Réguler le sponsoring et demander la traçabilité des infos, tout en prenant soin de ne pas se prononcer sur une Vérité (sic) officielle, ce n'est pas censurer ou réduire la liberté, c'est la restaurer.

05/07/2016

La théorie du complot et les pompiers pyromanes

stéphane françois,gsrl,éducation nationale,liberté de penser,complotisme,esprit critique,libération,police de la penséeDans le cadre de la lutte contre la radicalisation, le ministère de l’Education recommande au corps enseignant de prévenir et de sensibiliser les élèves contre les «théories complotistes».

Une approche précipitée et dogmatique. Une incitation à «penser droit» ?

A lire, dans Libération, cette excellente tribune, signée par des chercheurs, qui alerte sur un risque de formatage de la pensée à l'école via des formations de basse qualité contre le complotisme.

Stéphane François, enseignant-chercheur à l’université de Valenciennes et membre associé du GSRL, a participé à cette tribune, à lire ici.

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