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29/02/2020

Décoloniser les regards : le panache clairvoyant d'Aissa Maiga

716JsXnoX9L.jpgLes évolutions de la société française face aux enjeux de diversité font couler beaucoup d'encre, et attirent les caméras.

Nous en avons vu un nouvel exemple hier soir, avec la cérémonie des Césars 2020, distribuant des récompenses pour le Cinéma français.

On notera, d'une part, la propension continue du milieu culturel subventionnné à protéger les siens à tout prix, même lorsque les accusations s'accumulent (cf. Polanski, mis à cause pour viol par douze femmes et récompensé du César 2020 de meilleur réalisateur).

Ce qui vient en écho à l'affaire Matzneff, écrivain pédophile militant très longtemps surprotégé bec et ongle par le milieu littéraire français (mais finalement lâché depuis quelques mois grâce au courageux livre-témoignage de Vanessa Springora).

On notera, d'autre part, le panache prophétique et clairvoyant d'Aïssa Maïga, actrice de talent et de conviction qui place le milieu du cinéma français face à ses responsabilités, dans un contexte marqué par des décennies de sous-représentation objective des noirs (et autres) sur les écrans.

Pour sourcer ces enjeux, on lira avec grand profit le livre collectif Noire n'est pas mon métier (2018).

Cet ouvrage n'est pas du prêchi-prêcha, mais un recueil éclairant et précis de seize témoignages vécus, de la part d'actrices noires confrontées, en France, à de multiples obstacles liées aux filtres racisés au travers desquels elles ont été regardées.

Loin de défendre une vision différentialiste de la société, ces actrices plaident au contraire pour que leur couleur de peau ne les range plus dans une catégorie stéréotypée (être noire n'est pas un métier!) ,et ne les marginalise plus par rapport à la diversité des rôles et des opportunités.

Un très grand livre pour en finir avec les mensonges de celles et ceux qui osent parler confortablement au nom de "l'universalisme", préemptant la République, tout en confisquant à leur seul profit les allées du pouvoir et des privilèges, que ce soit dans les domaines culturels, mais aussi religieux ou politiques.

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08/03/2019

La France noire (depuis le XVIIIe siècle), mag L'Histoire

Vincent Bollenot, Joël Cornette, Jean Barthélemi Debost, François Héran, Pap Ndiaye, Sylvain Pattieu, Sue Peabody, Isolde Pludermacher, Frédéric Régent, Christelle Taraud, france, noirs, république, l'histoireLa présence noire en France a une histoire : si elle recoupe largement celles des traites et de la colonisation, et donc les débats qui leur sont liés, elle ne se confond pas totalement avec elles.

Au XVIIIe siècle, plusieurs milliers de Noirs séjournent en France, dont le sol garantit la liberté. La logique coloniale remet ce principe en cause mais n'empêche pas l'installation de plusieurs milliers de Noirs. La république universaliste leur fait une place dès 1793. Et avec l'abolition de l'esclavage en 1848, 250 000 nouveaux libres deviennent citoyens de plein droit.

Malgré la violence des discriminations, la France entretient avec sa part noire depuis deux cents ans une relation que seule explique une histoire longue.

 

Un très beau dossier du mensuel L'Histoire (mars 2019).

Lien.

08/05/2018

"Noire n'est pas mon métier" (ed. du Seuil)

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Au détour de Gospel et francophonie (lien), on peut lire, page 194, que "les Noirs restent très largement sous-représentés sur les écrans du cinéma français dans les deux premières décennies des années 2000".

Un talentueux collectif de seize actrices vient de signer un livre salutaire (aux éditions du Seuil) pour bousculer les stéréotypes et favoriser une plus grande diversité dans le cinéma français. Un milieu du 7e art qui s'auto-congratule pour son ouverture supposée, mais qui se révèle souvent bien plus conservateur que les milieux universitaires ou médiatiques, par exemple... Ces derniers ont pourtant aussi des progrès à faire en matière de mixité et d'émancipation postcoloniale des consciences et des pratiques.

Total soutien à Aïssa Maïga et ses consoeurs.... et n'oublions pas les hommes noirs, qui sont AUSSI concernés par une mise à l'écart trop fréquente des bons rôles dans le cinéma français.

Lien.

23/04/2016

France: Laurence Rossignol aggrave son cas

laurence rossignol,racisme,intolérance,néocolonialisme,révisionnisme,france,république,bondyblog,sénat,droits des femmes,noirs,islam,femmes et religion,société de consommation,mnefIl n'est pas du tout dans mes habitudes d'appeler un(e) ministre à la démission. Mais le scandale Laurence Rossignol est si lamentable qu'en tant que chercheur et citoyen, je me sentirais sali et lâche si je restais silencieux.

Sali, et complice d'un des dérapages ministériels les plus honteux des 30 dernières années. Mélange de bonne conscience, de révisionnisme, de vocabulaire raciste et de pseudo-féminisme néocolonial, l'interview de Laurence Rossignol, le 30 mars dernier, aurait dû entraîner sa démission, surtout au vu des excuses dilatoires présentées après coup par l'intéressée.

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10/11/2015

Nouveaux regards sur l'esclavage (ed. Empreinte) est paru !

nouveaux-regards-sur-lesclavage.jpgIl est publié !

C'est un excellent livre interdisciplinaire, dirigé par le sociologue Jean-Claude Girondin, sur lequel j'espère pouvoir revenir plus en détail. Eclairant de manière croisée les enjeux liés à la mémoire de l'esclavage, au christianisme et au "vivre-ensemble", ce volume collectif ouvre des pistes passionnantes. Un "must" à acquérir dans sa bibliothèque pour lire au coin du feu pendant les fêtes!

Le voici ainsi présenté sur le site de l'éditeur (Empreinte):

Ce livre qui s’adresse à un large public, cherche à mieux faire connaître la traite et l’esclavage des Noirs ainsi que la condition de vie de ces derniers en métropole et aux Antilles françaises. Malgré la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par le Parlement français en mai 2001, il n’en demeure pas moins que l’esclavage reste à bien des égards un sujet tabou pour de nombreux Africains, Antillais et Métropolitains.

Cet ouvrage porte sur l’histoire douloureuse de l’esclavage et de ses abolitions, sur l’actualité des Droits de l’Homme et sur l’avenir des sociétés post-esclavagistes, le tout dans la perspective de l’impérieuse nécessité du vivre ensemble au-delà de nos différences. (Lien).

10/10/2015

Juifs et noirs, causes communes (Nicole Lapierre)

9782234060432FS-small146.gifA noter, le 21 octobre prochain, une conférence de Nicole Lapierre, sociologue et anthropologue, sur la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, "cause commune des juifs et des noirs". Elle aura lieu au MEDEM (université populaire en plein Paris). 

 

L'occasion de rappeler le grand livre de Nicole Lapierre, Causes communes. Des Juifs et des Noirs, Stock, coll. « Un ordre d'idées », 2011, dont on trouvera une lecture approfondie ici (lien).