
(Par Benjamin Régnier)
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(Par Benjamin Régnier)
Hier soir, pour cause de retard, je n'ai pu entrer dans le théâtre du 11e arrondissement où j'avais réservé une place (ce qui m'arrive très rarement!). Du coup, je me suis balladé entre 21H30 et 22H30, en particulier Avenue Ledru-Rollin; au début de ma ballade, je me suis arrêté un moment à l'angle de la rue de Charonne.
C'est là, à un moment précis, que j'ai entendu une série de déflagrations. Tac tac tac tac tac... Avec les passants près de moi, nous nous sommes dit que c'était des pétards chinois. Je me souviens avoir levé la tête pour voir si ce n'était pas plutôt des feux d'artifice, tout en me disant: quelle drôle d'idée, des feux d'artifice un 13 novembre? Autour de nous, la vie continuait, enjouée comme un samedi soir à Paris par une belle soirée de novembre.
Puis place de la Bastille, avant de reprendre le métro ligne 5, beaucoup d'effervescence. Des policiers très armés. Une ambulance qui passe.... Ambiance.... Dans le métro, nous n'avons pas marqué l'arrêt Oberkampf, ni l'arrêt République, ni l'arrêt Jacques Bonsergent. Etrange! Et des SMS ont commencé à m'arriver.
C'est alors que j'ai réalisé. A 200 mètres près, j'aurais pu essuyer une balle, mais ce n'est pas ce qui m'a frappé le plus. C'est l'absurdité stupide et inhumaine de la violence terroriste, le contaste maximal entre la haine meutrière et aveugle, et l'insouciance paisible des familles, couples et célibataires venus prendre un verre et se délasser, dans l'ambiance détendue d'un samedi soir de novembre à Paris.
Alors que la France fait le décompte des dizaines de morts tombés cette nuit et réalise qu'elle vient de vivre, en sa capitale, la pire attaque terroriste multi-sites de l'histoire de France, n'arrêtons pas de vivre. De sortir. De rire de tout.
De penser. Et d'oser.
"La France n'a pas peur".... Chiche?
Une conférence publique tenue à l'AFD (Agence Française de Développement) a réuni, le 30 septembre 2015, plusieurs auteurs (et les deux coordinateurs) du numéro "Les nouveaux christianismes" de la revue Afrique Contemporaine, paru cet été. Vidéo ci-dessous de la première partie (sans les débats avec la salle).
Alors que les débats sur la laïcité ne sont pas prêts de s'éteindre en France, il n'est pas trop tard pour signaler l'excellent entretien de fond accordé par Philippe Portier, directeur du GSRL, à Céline Chambraud, dans "LeMonde/Cultures et Idées" du 17 octobre 2015.
Il y souligne notamment que "notre laïcité française est une laïcité de reconnaissance, mais aussi, de plus en plus, une laïcité de surveillance.
Il y a une acceptation de la différence, mais, depuis les années 2000, à la faveur d'une réaction à l'affirmation identitaire de l'islam, est apparue une résistance envers les croyances englobantes, qui semblent remettre en cause le principe d'individuation", sur fond de "sorte de sacralisation du principe d'autonomie".
Lien.
Constituant l’un des fondements de la République et de la démocratie, la laïcité a perdu en lisibilité et ne peut plus se contenter de garantir une neutralité religieuse. Elle doit composer avec le besoin légitime qu’ont les croyants d’exprimer leurs convictions. Ce numéro des Cahiers français (La Documentation Française) aborde l’une des grandes questions actuelles de société et complète l’analyse par des comparaisons internationales.
(la synthèse sur le protestantisme en France est signée par votre serviteur)
Lien.
C'est un excellent livre interdisciplinaire, dirigé par le sociologue Jean-Claude Girondin, sur lequel j'espère pouvoir revenir plus en détail. Eclairant de manière croisée les enjeux liés à la mémoire de l'esclavage, au christianisme et au "vivre-ensemble", ce volume collectif ouvre des pistes passionnantes. Un "must" à acquérir dans sa bibliothèque pour lire au coin du feu pendant les fêtes!
Le voici ainsi présenté sur le site de l'éditeur (Empreinte):
Ce livre qui s’adresse à un large public, cherche à mieux faire connaître la traite et l’esclavage des Noirs ainsi que la condition de vie de ces derniers en métropole et aux Antilles françaises. Malgré la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par le Parlement français en mai 2001, il n’en demeure pas moins que l’esclavage reste à bien des égards un sujet tabou pour de nombreux Africains, Antillais et Métropolitains.
Cet ouvrage porte sur l’histoire douloureuse de l’esclavage et de ses abolitions, sur l’actualité des Droits de l’Homme et sur l’avenir des sociétés post-esclavagistes, le tout dans la perspective de l’impérieuse nécessité du vivre ensemble au-delà de nos différences. (Lien).
En préparant mon cours de demain, je me plonge dans Métamorphoses catholiques, tout récent ouvrage de Philippe PORTIER et Céline BERAUD (Paris, MSH, 2015). Un excellent sésame pour décrypter le retour à la visibilité de masse du catholicisme français dans les grands débats de société.
France Culture présente ainsi l'ouvrage:
Les différentes éditions de la « Manif pour tous » ont donné une soudaine visibilité aux catholiques en France, contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres pays de tradition catholique majoritaire comme l’Italie, la Belgique ou l’Espagne. Dans ces deux derniers pays les débats ont essentiellement porté sur la question de la filiation dans ses dimensions juridiques, et celle-ci a été traitée de manière « technique ». En France elle s’est trouvée investie d’une importante charge symbolique alors même que l’évolution de la société a multiplié les formes de conjugalité et de parentalité bien au delà du seul cas des couples et parents de même sexe..
Lien.