A lire : magnifique dossier thématique de "Passés futurs", coordonné par Hamza Esmili et Emir Mahieddin Volume 18 de la revue, dorénavant disponible sur OpenEdition
"L’actualité politique internationale est traversée d’imaginaires apocalyptiques de différents bords (évangélismes, sionismes, État islamique, etc.), donnant à voir la permanence des schèmes messianiques comme matrices influentes de la lecture de l'histoire.
Prenant une certaine distance avec une analyse répandue dans les années 1960, qui proposait de voir dans ces mouvements l’expression religieuse de la résistance de groupes parias ou subalternes contre l'ordre moderne et colonial, ce dossier envisage le messianisme comme un contre-jour de l'expérience moderne et une virtualité toujours latente des trois grands monothéismes, oscillant entre phases d’intensité et d’accalmie.
Caractérisés par leur ambivalence politique, et touchant toutes les classes sociales, les messianismes sont tout à la fois profondément conservateurs et potentiellement révolutionnaires, à la fois armes de résistance et instruments de domination, avant tout marqués par une logique du ressentiment envers des collectifs érigés en menaces existentielles. Ils orientent des politiques du futur animées par le désir de précipiter le monde vers sa fin, pour le régénérer, voire le recommencer."
Il n'est pas trop tard pour signaler l'excellent numéro thématique que la revue 
À l’automne 2018, Le Point publiait une tribune signée par 80 personnalités dénonçant la supposée menace d’une hégémonie des théories «décoloniales» dans les universités françaises. Le journal réveillait ainsi le spectre d’un débat houleux dans l’Hexagone. 

