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30/12/2018

Déjouer les pièges de la 'sociologie' de la déploration

sciences sociales, sciences sociales des religions, méthodologie, épistémologie, sciences humaines, christophe guilluy, no society, sociologie de la déploration, idéologie, études décoloniales, études postcoloniales, intellectuelsDans la cabale qui a dénoncé récemment, en France, les études décoloniales et postcoloniales, j'ai pris position pour défendre la légitimité de ces dernières. Le décentrement intellectuel est une exigence, s'y dérober est une erreur.

Les problèmes soulevés étaient par ailleurs mal posés. En effet, les dérives dénoncées, de manière généralisante, étaient englobées avec un cadre d'étude et d'analyse. Alors que c'est d'une méthodologie Et d'une épistémologie déficientes qu'il faut plutôt s'inquiéter, au lieu d'invalider en bloc le cadre d'analyse postcolonial ou décolonial, dont nous avons besoin pour mieux penser notre temps.

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21/12/2018

Etudes postcolonales et décoloniales: repères

études postcoloniales,études décoloniales,colonisation,décolonisation,sciences sociales,jean-françois bayart,pascal blanchard,la découverte,livre,capucine boidin,houria bouteldjaPour aller plus loin sur les enjeux posés par les études postcoloniales et décoloniales, rappelons d'abord l'écart entre la militance associative (avec ses points forts mais aussi ses dérives, cf. discours sectaires et racialistes de Houria Bouteldja) et la recherche. Cette dernière a vocation à produire de l'analyse, du recul, en s'affranchissant des discours préconstruits et des idées reçues. En sciences sociales, l'angle postcolonial et décolonial, lorsqu'il évite le dérapage militant et ouvre au débat, peut permettre aujourd'hui de mieux penser nos objets d'étude.

Voici quatre références (parmi bien d'autres) pour s'y retrouver. Capucine Boidin, en 2009, avait signé un bel article intitulé "Etudes décoloniales et postcoloniales dans les débats français" (lien). Un an plus tard, un article de Sciences Humaines "Faut-il brûler les études postcoloniales" (lien) mettait en dialogue Jean-François Bayart, auteur d'un livre très critique (lien), et l'ouvrage collectif Ruptures postcoloniales (ed. La Découverte), qui invite à la nuance et à l'enquête de terrain (lien).

20/12/2018

Dénoncer le "décolonialisme" (sic)? Recadrage par Ludivine Bantigny

16695088.jpgUne éclairante controverse traverse actuellement le champ des sciences sociales (et de l'intelligentsia) en France. Tout est parti d'une charge violente et argumentée, au ton alarmiste, contre le "décolonialisme" (sic). Elle a été signée par 80 intellectuels, et non des moindres (lien). L'idée vise à alerter sur la nocivité supposée des rhétoriques post- ou décoloniales, dont on estime que les stratégies "attaquent frontalement l'universalisme républicain" (sic).

La mouvance ainsi attaquée n'a pas répondu sur le même mode.

Mais une historienne, Ludivine Bantigny, a apporté une réponse vigoureuse, argumentée (elle aussi).... et nettement plus convaincante à mes yeux (lien). En-dehors de quelques nuances, je souscris au texte de Ludivine et je la remercie.

A partir de mon long parcours intellectuel d'historien du contemporain, mais aussi éclairé par mon itinéraire personnel, je suis profondément convaincu, comme cette collègue, qu'on ne pourra mieux réaliser les promesses de la République, si souvent trahies, qu'en passant par le décentrage décolonial et postcolonial. Et il y a encore du boulot!

Cet exercice provoque certes des dérives, parfois graves, dont il convient de combattre le sectarisme. Mais le décentrage lui-même est salutaire, nécessaire, et porteur d'espoir.

A suivre...

09/02/2018

Théologies de la prospérité: lire Blessed

Capture d’écran 2018-02-09 à 11.50.23.jpgAprès une passionnante après-midi au colloque annuel de l'AFSR cette semaine (thème général, "Religions et classes sociales"), je reviens sur un des thèmes traités: celui des théologies de la prospérité.

Accompagnement et adaptation aux sociétés néolibérales dans une logique de performance? Discours manipulatoire pour foules naïves? Ou expression d'une revendication post-coloniale d'un salut intramondain de la part de christianismes des Suds qui se sont émancipés d'un certain paternalisme chrétien européen?

Pour mettre en perspective l'influence états-unienne, il faut lire l'ouvrage de référence sur le sujet. Ecrit par Kate Bowler, il a été publié en 2013 aux éditions Oxford University Press.

Lien.

14/09/2013

Le Congo chez Tintin : un numéro d'AFRICAN DIASPORA

congo, tintin, sarah demart, sébastien fathComme nous le rappelle ci-contre ce pastiche visuel d'un goût douteux, on est passé de "Tintin au Congo" à la phase "Congo chez Tintin".

Entendons: voici le temps postcolonial, avec l'enjeu des migrations subsahariennes en Europe, et notamment congolaises en Belgique.

Pour éclairer ces questions, signalons que Sarah Demart, auteure d'une superbe thèse déjà signalée dans ce blog, a largement participé, avec une belle équipe d'auteurs, au Volume 6 de la revue African Diaspora (Brill, 2013), intitulé Congolese Migration to Belgium and Postcolonial Perspectives.

Un numéro marquant, qui prend bien en compte les enjeux religieux, dont le glossaire est consultable ici (lien).