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16/10/2019

Nathalie Luca filme Haïti: voir et en débattre au GSRL

 nathalie luca, cesor, ehess, gsrl, haiti, ong, religion, études postcoloniales, sciences sociales des religions, lewis clormeusL'annonce a déjà été faite sur ce blog en juin dernier.... Je me permets de la reproduire à la veille de la date: un remarquable film documentaire de Nathalie Luca (directrice du CESOR) sera montré et expliqué demain jeudi 17 octobre 2019 au séminaire interne du GSRL au Campus Condorcet. Nathalie Luca viendra exposer ses défis méthodologiques, ses découvertes et ses questionnements de chercheuse en sciences sociales à partir du terrain haïtien.

Une perspective très stimulante qui permettra de croiser réflexions sur religion, ONGs, recompositions des sociétés civiles postcoloniales.

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30/09/2019

La controverse postcoloniale en France (recension)

Controv.jpgÀ l’automne 2018, Le Point publiait une tribune signée par 80 personnalités dénonçant la supposée menace d’une hégémonie des théories «décoloniales» dans les universités françaises. Le journal réveillait ainsi le spectre d’un débat houleux dans l’Hexagone.

La thèse d’Anne-Claire Collier tombe à point nommé pour éclairer la construction sociale de ce type de controverses idéologiques et théoriques.

Cette thèse constitue une plongée passionnante dans la sociologie politique et conceptuelle des débats autour de la notion de «postcolonial» dans l’espace savant français contemporain.

Lire la suite de cette excellente recension de thèse, signée Emir Mahieddin, ici (lien).

20/06/2019

Pentecostalism and Politics in Africa

Capture d’écran 2019-06-20 à 09.48.31.pngL'épicentre du christianisme s'est déplacé vers l'Afrique au cours des dernières décennies. Le pentecôtisme s'est imposé comme un acteur central de ces recompositions.

Cet ouvrage collectif sous la direction de Adeshina Afolayan, Olajumoke Yacob-Haliso, Toyin Falola propose de nouveaux éclairages poscoloniaux sur les liens complexes entre la politique et le pentecôtisme africain.

 

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14/06/2019

Nou se wozo (Haiti), un film de Nathalie Luca

nathalie luca,cesor,ehess,gsrl,haiti,ong,religion,études postcoloniales,sciences sociales des religionsEn Haïti, l’État est faible, instable. Les Organisations Non Gouvernementales internationales, riches et puissantes, donnent l’impression de gouverner à sa place au mépris des initiatives locales. Les désastres naturels, parce qu’ils nécessitent dans l’urgence l’intervention de l’aide extérieure, amplifient encore cette situation. Après le passage de l’ouragan Matthew qui a ravagé le sud du pays en 2016, la colère des Haïtiens contre la toute-puissance des ONG est montée d’un cran. Ils veulent être considérés comme des acteurs de leur société et non pas comme des victimes. (...)

Un film documentaire passionnant de Nathalie Luca (directrice du CESOR), déjà présenté à l'EHESS, sera montré et expliqué au séminaire interne d'octobre 2019 au GSRL. Nathalie Luca viendra exposer ses défis méthodologiques, ses découvertes et ses questionnements de chercheuse en sciences sociales à partir du terrain haïtien.

Une perspective très réjouissante qui permettra de croiser réflexions sur religion, ONGs, recompositions des sociétés civiles postcoloniales. Lien

17/05/2019

(Ultra)Modernités postoloniales en débat (GSRL)

republique-et-islam-plat1-1.jpgLe GSRL (UMR 8582) s’est retrouvé à Ivry-sur-Seine, le mois dernier, pour un quatrième séminaire interne particulièrement marquant, car, couplé cette fois-ci avec un atelier théorique, ce qui a donné l’occasion d’un format adapté et rallongé, avec deux orateurs principaux et un temps plus substantiel donné à l’échange. Le thème central du jour était Modernité, modernités multiples, ultramodernités.

La réflexion commune s’est articulée autour de la perspective d’un historien, Pierre-Jean Luizard (CNRS), venu présenter son dernier livre, La République et l’islam, aux racines du malentendu (Paris, Tallandier, 2019), et l’approche d’un sociologue, Jean-Paul Willaime (EPHE), venu détailler les différentes déclinaisons de la modernité et de son prolongement ultramoderne, en prenant comme point d’appui l’hypothèse des modernités multiples de Schmuel Eisenstadt.

Un résumé détaillé est disponible sur le site du GSRL (lien).

30/12/2018

Déjouer les pièges de la 'sociologie' de la déploration

sciences sociales, sciences sociales des religions, méthodologie, épistémologie, sciences humaines, christophe guilluy, no society, sociologie de la déploration, idéologie, études décoloniales, études postcoloniales, intellectuelsDans la cabale qui a dénoncé récemment, en France, les études décoloniales et postcoloniales, j'ai pris position pour défendre la légitimité de ces dernières. Le décentrement intellectuel est une exigence, s'y dérober est une erreur.

Les problèmes soulevés étaient par ailleurs mal posés. En effet, les dérives dénoncées, de manière généralisante, étaient englobées avec un cadre d'étude et d'analyse. Alors que c'est d'une méthodologie Et d'une épistémologie déficientes qu'il faut plutôt s'inquiéter, au lieu d'invalider en bloc le cadre d'analyse postcolonial ou décolonial, dont nous avons besoin pour mieux penser notre temps.

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21/12/2018

Etudes postcolonales et décoloniales: repères

études postcoloniales,études décoloniales,colonisation,décolonisation,sciences sociales,jean-françois bayart,pascal blanchard,la découverte,livre,capucine boidin,houria bouteldjaPour aller plus loin sur les enjeux posés par les études postcoloniales et décoloniales, rappelons d'abord l'écart entre la militance associative (avec ses points forts mais aussi ses dérives, cf. discours sectaires et racialistes de Houria Bouteldja) et la recherche. Cette dernière a vocation à produire de l'analyse, du recul, en s'affranchissant des discours préconstruits et des idées reçues. En sciences sociales, l'angle postcolonial et décolonial, lorsqu'il évite le dérapage militant et ouvre au débat, peut permettre aujourd'hui de mieux penser nos objets d'étude.

Voici quatre références (parmi bien d'autres) pour s'y retrouver. Capucine Boidin, en 2009, avait signé un bel article intitulé "Etudes décoloniales et postcoloniales dans les débats français" (lien). Un an plus tard, un article de Sciences Humaines "Faut-il brûler les études postcoloniales" (lien) mettait en dialogue Jean-François Bayart, auteur d'un livre très critique (lien), et l'ouvrage collectif Ruptures postcoloniales (ed. La Découverte), qui invite à la nuance et à l'enquête de terrain (lien).

20/12/2018

Dénoncer le "décolonialisme" (sic)? Recadrage par Ludivine Bantigny

16695088.jpgUne éclairante controverse traverse actuellement le champ des sciences sociales (et de l'intelligentsia) en France. Tout est parti d'une charge violente et argumentée, au ton alarmiste, contre le "décolonialisme" (sic). Elle a été signée par 80 intellectuels, et non des moindres (lien). L'idée vise à alerter sur la nocivité supposée des rhétoriques post- ou décoloniales, dont on estime que les stratégies "attaquent frontalement l'universalisme républicain" (sic).

La mouvance ainsi attaquée n'a pas répondu sur le même mode.

Mais une historienne, Ludivine Bantigny, a apporté une réponse vigoureuse, argumentée (elle aussi).... et nettement plus convaincante à mes yeux (lien). En-dehors de quelques nuances, je souscris au texte de Ludivine et je la remercie.

A partir de mon long parcours intellectuel d'historien du contemporain, mais aussi éclairé par mon itinéraire personnel, je suis profondément convaincu, comme cette collègue, qu'on ne pourra mieux réaliser les promesses de la République, si souvent trahies, qu'en passant par le décentrage décolonial et postcolonial. Et il y a encore du boulot!

Cet exercice provoque certes des dérives, parfois graves, dont il convient de combattre le sectarisme. Mais le décentrage lui-même est salutaire, nécessaire, et porteur d'espoir.

A suivre...

09/02/2018

Théologies de la prospérité: lire Blessed

Capture d’écran 2018-02-09 à 11.50.23.jpgAprès une passionnante après-midi au colloque annuel de l'AFSR cette semaine (thème général, "Religions et classes sociales"), je reviens sur un des thèmes traités: celui des théologies de la prospérité.

Accompagnement et adaptation aux sociétés néolibérales dans une logique de performance? Discours manipulatoire pour foules naïves? Ou expression d'une revendication post-coloniale d'un salut intramondain de la part de christianismes des Suds qui se sont émancipés d'un certain paternalisme chrétien européen?

Pour mettre en perspective l'influence états-unienne, il faut lire l'ouvrage de référence sur le sujet. Ecrit par Kate Bowler, il a été publié en 2013 aux éditions Oxford University Press.

Lien.

14/09/2013

Le Congo chez Tintin : un numéro d'AFRICAN DIASPORA

congo, tintin, sarah demart, sébastien fathComme nous le rappelle ci-contre ce pastiche visuel d'un goût douteux, on est passé de "Tintin au Congo" à la phase "Congo chez Tintin".

Entendons: voici le temps postcolonial, avec l'enjeu des migrations subsahariennes en Europe, et notamment congolaises en Belgique.

Pour éclairer ces questions, signalons que Sarah Demart, auteure d'une superbe thèse déjà signalée dans ce blog, a largement participé, avec une belle équipe d'auteurs, au Volume 6 de la revue African Diaspora (Brill, 2013), intitulé Congolese Migration to Belgium and Postcolonial Perspectives.

Un numéro marquant, qui prend bien en compte les enjeux religieux, dont le glossaire est consultable ici (lien).