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18/09/2019

Interreligieux : la conférence de la honte

François clavairoly, sectarisme, wahhabisme, Mohammed Ben Abdul Karim Al-Issa, Arabie saoudite, Haïm Korsia, rais baddawi, laïcité, France, islam politique, Ghalleb Bencheiikh

En France, dans un palais parisien et devant les caméras,  des responsables religieux, dont le Grand Rabbin de France, le président de la Fédération Protestante de France, et deux archevêques catholiques, ont cru bon de participer, le 17 septembre 2019, à une sinistre mascarade en compagnie du bourreau de Raif Badawi, blogueur martyr.

Ils ont involontairement légitimé, par leur présence, le sectarisme le plus meurtrier, incarné par le dignitaire wahhabite Mohammed Ben Abdul Karim Al-Issa, dont le palmarès ferait passer Poutine pour un saint. 

Organisée par Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l'Islam de France, la Conférence en question (quels financements?) a déroulé un festival d'hypocrisie, et affiche, évidemment, tous les poncifs d'une bonne volonté interreligieuse vidée ici de toute substance.

Paix ! Amour ! Fraternité !

Pendant que le bloggeur saoudien Raif Badawi, condamné à 1000 coups de fouets, continue depuis 7 ans de croupir dans sa geôle, la Ligue Islamique Mondiale, organisation wahhabite saoudienne, fait sa publicité en plein Paris, avec la participation de certains responsables religieux français.

Last but not least, la France continue à vendre des armes à un régime assassin et misogyne qui a fait découper vivant en morceaux, il y a quelques mois, en Turquie, un journaliste trop curieux.

Soutien à #EnsafHAIDAR

20/12/2018

Dénoncer le "décolonialisme" (sic)? Recadrage par Ludivine Bantigny

16695088.jpgUne éclairante controverse traverse actuellement le champ des sciences sociales (et de l'intelligentsia) en France. Tout est parti d'une charge violente et argumentée, au ton alarmiste, contre le "décolonialisme" (sic). Elle a été signée par 80 intellectuels, et non des moindres (lien). L'idée vise à alerter sur la nocivité supposée des rhétoriques post- ou décoloniales, dont on estime que les stratégies "attaquent frontalement l'universalisme républicain" (sic).

La mouvance ainsi attaquée n'a pas répondu sur le même mode.

Mais une historienne, Ludivine Bantigny, a apporté une réponse vigoureuse, argumentée (elle aussi).... et nettement plus convaincante à mes yeux (lien). En-dehors de quelques nuances, je souscris au texte de Ludivine et je la remercie.

A partir de mon long parcours intellectuel d'historien du contemporain, mais aussi éclairé par mon itinéraire personnel, je suis profondément convaincu, comme cette collègue, qu'on ne pourra mieux réaliser les promesses de la République, si souvent trahies, qu'en passant par le décentrage décolonial et postcolonial. Et il y a encore du boulot!

Cet exercice provoque certes des dérives, parfois graves, dont il convient de combattre le sectarisme. Mais le décentrage lui-même est salutaire, nécessaire, et porteur d'espoir.

A suivre...