On l'attendait, il est paru ! Vives félicitations à Evert Veldhuizen pour le livre important qu'il nous offre (éditions Olivétan), "première étude historique consacrée aux mouvements charismatiques protestants" en France (préface de l'historien Pierre-Yves Kirschleger, p.12).
Cette enquête fouillée témoigne d'une excellente connaissance du terrain. Elle décrit, comme l'indique le sous-titre, "émergence, dynamique et intégration d'un mouvement (1968-1988)".
La diversité et la fluidité des ancrages ecclésiaux de cette offre charismatique est finement auscultée, au fil de 365 pages rondement menées. L'érudition mobilisée se double d'analyses stimulantes, qui n'hésitent pas à bousculer certaines idées reçues: l'auteur souligne ainsi, dans la postface, que le charismatisme étudié "accentue les identités particulières au lieu d'effacer les lignes qui les distinguent" (p.347).
Un précieux chaînon manquant historiographique, qui nous permet de mieux articuler l'histoire des protestantismes en France au XXe siècle avec les reconfigurations charismatisées contemporaines. A mettre sous le sapin de Noël !
Belles glanures sur le 

Il n'est pas trop tard pour signaler l'excellent numéro thématique que la revue 
Le pasteur et "missionnaire de la francophonie", 









"Les protestations des agriculteurs européens contre l’excès de « paperasse » se réduisent-elles à une manipulation des syndicats de l’agro-industrie ? Une orientation néolibérale favorable à la dérégulation souffle certes sur les braises du mécontentement. Certains flairent l’opportunité pour plus de profit. Mais la clameur paysanne, excédée par le poids écrasant des formulaires et des normes, est trop assourdissante pour ne pas révéler aussi une tendance de fond : depuis les années 1980, nos sociétés dites « occidentales » se sont engagées dans une course à l’hypernormativité. Tout est prétexte à une règle, une loi ou un décret.
L’évangélisme et les Églises prophétiques postcoloniales africaines, qui fédèrent en 2020 au moins 200 millions de fidèles, s’inscrivent dans une circulation transnationale nourrie par la musique Gospel. Une sensibilité judéophile s’y exprime. Elle est portée par trois vecteurs : l’impact des héritages juifs en Afrique, l’influence du sionisme évangélique états-unien, et un sionisme africain centré sur la figure prophétique de Moïse. Ces influences alimentent un sionisme afro-évangélique judéophile qui développe différentes logiques d’impact. 




