Pour avoir eu le privilège de faire partie du jury de thèse de doctorat de l'auteure de cet ouvrage, c'est en particulière connaissance de cause que j'ai le plaisir de très vivement recommander la lecture du livre qui en est issu.
Valérie Aubourg (chercheuse associée au GSRL) nous propose ici un "trois en un". Son livre, Christianismes charismatiques à l'île de la Réunion (Karthala, 2014) déroule d'abord une monographie historique, sociologique et anthropologique passionnante des recompositions chrétiennes revivalistes à l'île de la Réunion, fondées sur l'importance de la "vie par l'Esprit" et des dons spirituels (charismes).Il complète, prolonge et élargit la très belle somme précédemment publiée par Bernard Boutter sur le pentecôtisme réunionnais.
Mais ce livre propose aussi une précieuse étude des transversalités chrétiennes (d'un milieu à l'autre), sans s'arrêter aux frontières confessionnelles traditionnelles (catholicisme/protestantisme).
Enfin, sa richesse théorique nous fournit des outils précieux pour analyser, non seulement à la Réunion mais aussi en métropole, les processus interculturels (créolisation etc.) à l'oeuvre dans ces milieux conversionnistes.
A ces trois titres, cet excellent ouvrage doit figurer dans toutes les bibliothèques de celles et ceux qui s'intéressent aux mutations du christianisme contemporain.
A l'entrée des années 2000, alors que le nouveau succès public du "Gospel français" ou francophone ne se dément pas, de nombreux groupes continuent à voir le jour et les publics s'élargissent, conduisant à investir les plus grandes salles de spectacle disponibles. Ces ensembles ne sont pas l'apanage de chantres d'origine africaine ou caribéenne : de plus en plus de métropolitains s'approprient activement cette musique en s'insérant dans des chorales Gospel, voire en en créant de toute pièce. 
Après la décennie des années 1990 durant laquelle les spectacles et concerts Gospel se multiplient, particulièrement en Île-de-France, l'année 1999 marque un nouveau tournant. C'est en effet cette année-là que voit le jour une maison de production et de distribution intitulée Ccinia. Sa spécialité ? Le Gospel français. 






Du Québec à la Suisse en passant par Abidjan et Bruxelles, tous les choristes des principaux groupes Gospel qui se produisent aujourd'hui sur des scènes francophones ne sont pas protestants. 



Le terme de Gospel, qui signifie évangile en anglais, renvoie à la culture anglo-saxonne. 
Au début de ce mois s'est produit un incendie criminel, qui a ravagé les locaux de l'Eglise évangélique "Nouvelle Alliance", membre de la
Cela fait belle lurette que les évangéliques ont quitté le strapontin qu'on leur réservait dans le protestantisme français. Leur centralité s'affirme désormais non plus seulement en termes statistiques (ils rassemblent la majorité des pratiquants et des lieux de culte protestant), mais aussi en termes institutionnels. Après la FPF, conduite par l'évangélique Claude Baty entre 2007 et 2013, voici venu le tour des 


Cela fait trop longtemps que n'a pas été évoqué dans ce blog le programme du laboratoire
Entre charisme et gigantisme, les grands rassemblements protestants évangéliques attirent l'œil des médias. Ils se conjuguent souvent en langue anglaise, histoire oblige: à la suite de la Réforme, au XVIe siècle, le protestantisme est devenu religion majoritaire en Angleterre et au Nouveau Monde (futurs Etats-Unis et Canada). Il en est resté quelque chose. D'orientation souvent évangélique, le protestantisme anglophone crève l'écran et rime avec christianisme de masse. 