Qui peut se targuer, pour un ouvrage, de 11 éditions successives?
Félicitations à Jean Baubérot, dont le "Que-Sais-Je" sur l'histoire du protestantisme en est à sa 11e édition (sortie le 1er novembre 2023).
Un classique à lire et relire.
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Qui peut se targuer, pour un ouvrage, de 11 éditions successives?
Félicitations à Jean Baubérot, dont le "Que-Sais-Je" sur l'histoire du protestantisme en est à sa 11e édition (sortie le 1er novembre 2023).
Un classique à lire et relire.
Les megachurches (mega-Eglises) sont des assemblées de plus de 2000 fidèles physiquement présents chaque semaine, qui proposent par ailleurs de la multiactivité, avec une tendance à l'autocéphalie.
Cette tendance (autogestion) n'est pas systématique. Il existe des megachurches fortement insérées dans des réseaux dénominationnels (Calvary Chapel, Hillsong), avec des enjeux de gouvernance spécifiques où l'assemblée locale peut se trouver, de facto, privée de tout contrôle véritable sur les orientations choisies.
C'est sur ces questions que s'est penchée Tiavina Kléber, dans trois enquêtes très fouillées au sujet d'Hillsong France (proche de la taille megachurch).
Ces investigations apportent une haute valeur ajoutée d'analyse et de données nouvelles sur le fonctionnement très particulier d'Hillsong France, dans un contexte de crise mondiale du réseau Hillsong.
A lire ici :
Lien 1 (sur le régime fiscal d'Hillsong, entre actes et paroles)
Lien 2 (témoignage d'un ancien salarié)
Lien 3 (sur la gouvernance opaque d'Hillsong France)
Engagée dans l'activisme humanitaire dans le cadre du Carter Center, co-dirigé avec son époux Jimmy Carter, ancienne "First Lady" des Etats-Unis (1976-80), souvent comparée à Eleanore Roosevelt, Rosalynn Smith Carter a tiré sa révérence le dimanche 19 novembre 2023.
Baptiste, démocrate, enfant de l'Etat de Georgie, Rosalynn Carter a co-écrit, avec beaucoup d'autres, des pages marquantes de l'histoire sociale, culturelle et politique des Etats-Unis depuis les années 1960. Femme de foi, diacre dans son Eglise baptiste, mais aussi rompue aux combats politiques, très engagée pour des causes humanitaires comme celui de la santé mentale, elle laisse une marque significative.
Surnommée "le magnolia d'acier" pour sa combinaison de grâce discrète et de force inflexible, elle a récemment été l'objet, avec son mari, d'une très bonne biographie politique, Jimmy and Rosalynn Carter: Power and Human Rights, 1975-2020 (Oxford University Press, 2022).
Lorsque Jimmy Carter a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2002, il a immédiatement précisé que ce prix appartenait tout autant au Carter Center et à Rosalynn.
Grâce notamment aux remarquables travaux de Christine Heyrman, on sait que l'évangélisme du Sud des Etats-Unis, devenu patriarcal et conservateur dans la seconde moitié du XIXe siècle, était précédemment plus ouvert à la mixité, à l'ouverture des ministères aux femmes, et à la démocratisation du prophétisme.
Avant ce livre de Christy Mesaros-Winckles, on avait en revanche moins d'éléments sur la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, en particulier sur les débats sur les ministères féminins qui ont secoué les milieux "Free Methodists" (méthodistes libres) en Amérique du Nord, de 1890 à 1920.
Sur cette page d'histoire oubliée, entre bataille pour la reconnaissance (des femmes évangélistes et diaconesses) et mise au pas dans un contexte de montée du fondamentalisme protestant, il faut lire "Silenced, the Forgotten Story of Progressive Era Free Methodiste Women" (2023).
Félicitations à Jean Decorvet, Tim Grass, Kenneth Stewart, & les historiens Mark Noll et André Encrevé, pour ce magnifique ouvrage polyphonique sur le Réveil de Genève en perspective internationale.
On attendait depuis longtemps une mise à jour historiographique sur ce séisme protestant qui remodela les équilibres confessionnels en France et dans plusieurs pays voisin. C'est chose faite avec "Le Réveil de Genève, perspectives internationales".
Avec parution en anglais et en français!
"La fabrique de la démocratie ne peut se contenter d'ignorer les religions.
A la fois dans la contribution qu'elles sont susceptibles d'apporter,
mais aussi dans la menace qu'elles peuvent parfois représenter"...
Dérives sectaires, radicalisation, retour sur 50 ans de débat dans La Croix
Deux semaines après le plus épouvantable pogrom de masse dont des civils juifs ont été victimes depuis la Seconde Guerre Mondiale, Israël s'apprête à en découdre sur le terrain, à Gaza, avec l'organisation terroriste du Hamas, responsable d'atrocités sans nom.
La population palestinienne, bombardée quotidiennement, est tragiquement prise entre le marteau (Tsahal) et l'enclume (le Hamas).
Quand la cauchemar actuel s'estompera, il faudra bien repartir sur de meilleures bases, et sortir des logiques bloc contre bloc.
L'occasion de rappeler qu'au sein du peuple palestinien (Gaza, Israël, Cisjordanie, diaspora internationale), il existe une pluralité religieuse qui fait place à une petite minorité protestante évangélique.
Ces évangéliques palestiniens ont bien des appuis auprès de l'internationale évangélique (très diverse), mais entrent en tension avec une partie de ces chrétiens born again. On appelle ces derniers "chrétiens sionistes". Parmi eux, beaucoup pensent devoir défendre inconditionnellement Israël, y compris un président archi-corrompu et cruellement cynique comme Netanyahou (dont il ne fait pas de doute que le peuple israélien prendra congé aussitôt la guerre finie).
Faire connaître ces évangéliques palestiniens et leurs dilemmes, c'est le propos développé, en anglais, par Jonathan Kuttab, dans une excellente étude du Jerusalem Quarterly en accès libre, proposée sur le site de l'Institut d'Etudes Palestiniennes.
En mémoire de Samuel Paty (2020)
et Dominique Bernard (2023)

Sous la direction de Bernadette Rigal-Cellard et de Solange Lefebvre, Katia Lucas a soutenu, en 2014, une thèse de doctorat en études anglophones sur le réseau états-unien Christians United for Israël à l'Université de Bordeaux 3.
Huit ans plus tard, il est grand temps de signaler la publication de son ouvrage, intitulé Les évangéliques sionistes des États-Unis : Christians United For Israel, John Hagee et ses disciples (Paris, L'Harmattan, 2022)
En Afrique contemporaine, une des nombreuses logiques sociales à l'oeuvre aujourd'hui dans la version postcoloniale de ce qu'il est convenu d'appeler "l'Evangile de la prospérité" (combinant offre de salut évangélique et appel à la prospérité physique et matérielle), c'est de faire oublier un stigmate.
Celui du temps des missions européennes où les bons sentiments (et les nobles intentions) cohabitaient avec le stéréotype du "pauvre Africain", dont les tirelires missionnaires étudiées par la chercheuse Anne Ruolt (GSRL) fournissent un exemple saisissant. Elle a présenté le fruit de ses recherches à la journée AFHRC du 30 septembre dernier.
C'est assez rare pour être signalé : un ouvrage en anglais, signé par le théologien Nelson Kalombo Ngoy, a été publié en 2019 autour de la question du néopentecôtisme au Congo RDC au miroir de l'Evangile de prospérité (Prosperity Gospel).
On notera cependant que cet ouvrage édité chez Wipf et Stock, par son déficit de matériaux empiriques, vaut davantage par le riche regard orienté qu'il porte (confortant au passage une certaine approche états-unienne piétisante), que par les recherches de terrain (fort clairsemées) qu'il présente.
Etudier Religion et Francophonie?
Dans le cadre du laboratoire GSRL (EPHE-PSL/CNRS), voici ce que propose de faire un nouveau programme, sous l'angle des sciences sociales.
Codirigé avec Pascal Bourdeaux, ce programme ReliF tient sa première réunion ce mercredi sur le Campus Condorcet, avec un invité de marque, le politiste Paul Zawadzki, qui invitera à la réflexion sur les régimes de temporalité.
Un Carnet Hypothèses dédié permet de suivre les activités de ce programme ReliF (lien)
"Il faut du génie pour vivre. Et pour supporter cette manie de mourir qu'ont les gens qu'on aime"
(Frédérique Hébrard, Les chataîgniers du désert).
Une grande écrivaine française, nîmoise et protestante nous a quittés.
Frédérique Hebrard (1927-2023) a enchanté des millions de Françaises et Français par sa plume, mais aussi par deux adaptations télévisées qui connurent un succès phénoménal: le château des oliviers (1993) et surtout la demoiselle d'Avignon (1971).
Un autre téléfilm, intitulé Les chataîgniers du désert (2010) est mentionné à la page 45 de La nouvelle France protestante (Fath/Willaime, Labor et Fides, 2011), comme exemple de temple protestant cévenol, confronté à l'exode rural, qui ne veut pas mourir.
Fille de l'écrivain cévenol André Chamson et de l'historienne de l'art Lucie Mazauric, elle portait parfois la croix huguenote et ne cachait pas son identité protestante. Elle revendiquait fièrement, avec son mari le comédien Louis Velle, un oecuménisme viscéral, raconté dans La Protestante et le Catholique, 1999.
Figure radieuse, d'une joie de vivre communicative, elle a aussi vécu, avec Louis Velle (1926-2023), un long mariage d'amour (75 ans d'union), empreint d'une complicité jamais démentie.
Bel été à toutes et à toutes et à tous !
Et avant de se retrouver début septembre 2023, l'annonce de l'Assemblée du Désert (grand rendez-vous des protestants au Mas Soubeyran, en Cévennes):
"Voyageurs sur la terre et la mer, Huguenots au grand large".
Bon voyage !
Une grande figure chrétienne du combat des droits civiques, aux Etats-Unis, s’en est allée le 29 juin 2023, à l’âge de 95 ans.
Christine King Farris (1927-2023), grande sœur de Martin Luther King, a été de tous les chapitres du grand livre de l’émancipation des Africains-Américains depuis les années 1950.
Enseignante, engagée dans de nombreux réseaux militants, dont la Southern Leadership Conference, longtemps trésorière du King Center for Nonviolence and Social Change à Atlanta, elle était considérée comme une autorité morale.
Fervente chrétienne, protestante baptiste comme le reste de sa famille, elle puisa dans ce référentiel les ressources pour surmonter de nombreuses tragédies: elle perd brutalement son frère Martin (assassiné en 1968), son autre frère Alfred Daniel (mort noyé en 1969) et sa mère Alberta (assassinée en 1974).
Parmi les quelques écrits qu’elle nous a laissés, le plus marquant est son autobiographie, riche en réflexions et en éléments factuels. Elle y affirme que “Nul d’entre-nous ne devient la personne qu’elle est par le biais d’un raisonnement abstrait » (Through it all : reflections on my life, my family, and my faith, Atria Books, 2009, p.2), insistant sur les filiations, la force des rencontres, des choix et des épreuves rencontrées pour forger un individu. Elle rapporte notamment que Willis, son arrière-grand père maternel (qui était aussi celui de son frère Martin Luther King) était prédicateur d’une Eglise baptiste, Penfield Shiloh Baptist Church, en Georgie, qui comptait comme membres à la fois des esclaves noirs et des blancs. Son arrière-grand-père était « possédé » (owned), en tant qu’esclave, par un certain William N. Williams, qui était également membre de la même Eglise baptiste Shiloh ! (Through it all, op. cit., p.4).
Le combat pour l’abolition, la déségrégation et les droits civiques, depuis, a marqué des points. L’ histoire continue.
Grand merci à Véronique Gaymard pour cette excellente émission "Religions du monde", diffusée ce dimanche 2 juillet sur RFi, sur les protestants évangéliques de France et les diasporas francophones, avec de remarquables matériaux de reportage.
Un podcast de "Religions du monde" à réécouter ici (lien)
Ana Carla Rocha de Oliveira est docteure en anthropologie sociale (Université de Bordeaux), chercheuse associée au Laboratoire Les Afriques dans le Monde UMR 5115, postdoctorante en anthropologie au Laboratoire GERiiCO – Université de Lille et membre du collectif de recherche Arpentages.
Son livre (ed Mimesis, 2023) est le résultat d’un travail en immersion dans trois églises évangéliques pentecôtistes au Brésil. Il offrira au lecteur une description fine et détaillée de l’organisation interne de ces trois églises, de leurs actions évangélisatrices, de leur dynamique, de leur stratégie de déploiement et de l’adhésion religieuse. Il comporte un chapitre historique qui permet d’éclairer la genèse du mouvement évangélique pentecôtiste sur le territoire brésilien.
Lire la suite ici (lien)

"La sortie d’un nouveau jeu de société ayant pour thème le peuple Kabyle au moment de la colonisation donne à Sébastien Fath l’occasion de se pencher sur la religiosité kabyle, précoloniale et actuelle".
Une chronique La Croix qui propose une réflexion sur de possibles correspondances partielles entre religiosités populaires précoloniales (confréries soufies) et essor de l'évangélisme kabyle algérien contemporain, par et pour les Kabyles.
Après avoir durant plus d’un millénaire construit leurs représentations du christianisme en relation avec les velléités de conquête des puissances européennes du Nord, les populations musulmanes du Maghreb sont désormais exposées à un christianisme africain venu du Sud, dégagé de toute culture de domination et porteur de connivences culturelles et religieuse inédites.
Ce christianisme, autonome ou appuyé principalement par des églises mères du continent africain, se déploie par le bas, dans les marges de ces sociétés, en périphérie des villes, dans les quartiers où séjournent les migrants. — Bernard Coyault (EHESS - IMAF)
Il faut courir au Campus CONDORCET, découvrir la magnifique exposition "Dieu va ouvrir la mer", fruit d’un compagnonnage et de terrains partagés entre un photographe et deux chercheurs anthropologues, Malik Nejmi , Sophie Bava (Institut de recherche pour le développement) & Bernard Coyault (EHESS - Institut des mondes africains).
Il existerait un "paradoxe évangélique", avec d'un côté, un protestantisme évangélique qui s'appuie sur le cadre de la pluralisation et de la laïcisation pour consolider son essor, et, de l'autre, un évangélisme qui s'inscrit en tension avec la sécularisation, voire conteste certains aspects de la laïcisation.
David Koussens, professeur à l'Université de Sherbrooke et titulaire de la chaire de recherche Droit, Religion et Laïcité, résume très bien ces enjeux dans le développement suivant:
"Dans de nombreux contextes nationaux, les groupes évangéliques ont été grandement bénéficiaires des processus de laïcisation de l'Etat et de ses institutions. (...) Toutefois, s'ils en ont été des bénéficiaires, les évangéliques en deviennent bien souvent aujourd'hui des contestataires actifs".... en particulier aux Etats-Unis et au Brésil (Le paradoxe évangélique, introduction, p.9).
Pour éclairer ces questions, saluons le très beau livre collectif, fruit d'un colloque, publié il y a quelques mois par les presses de l'Université Laval sous la direction de David Koussens, Guy Bucumi, Brigitte Basdevant-Gaudemet.
Cet ouvrage passionnant est consacré au "paradoxe évangélique", et se présente comme une contribution à un projet de sociologie internormative et sociohistorique de la laïcité analysant la pluralité des discours sur le religieux et sur la laïcité, ainsi que leurs médiations juridiques, et plus largement sociétales.
A ne pas rater ! Un colloque international, sous la direction scientifique de David Bundy, Pierre-Yves Kirschleger et Gilles Vidal, se tiendra à Montpellier des 1 au 3 juin 2023. Il s'intitule "Les mouvements protestants de réveil dans le monde francophone (Europe, Afrique, Algérie, Madagascar)"
J'aurai le plaisir et l'honneur d'y participer via une conférence publique, le 2 juin au soir.
L'actualité récente, venue du Kenya, nous le rappelle : l'épouvantable drame de la secte de Shakahola, intitulée "Église internationale de la Bonne Nouvelle", invite à la vigilance. En attendant l'enquête, les premiers éléments de ce dossier révèlent des logiques d'emprise écrasantes, doublées d'une forme de clôture de la communauté, et de prescriptions ascétiques extrêmes (jeûne jusqu'à la mort "pour rencontrer Jésus"). Autant dire que la lutte contre les dérives sectaires est une exigence citoyenne, qui peut sauver des vies.
L'éducation populaire a toujours été, en France, un cheval de bataille des protestants. Promoteur d'un christianisme qui a remis à l'honneur la lecture pour toutes et tous de la Bible, le protestantisme français s'est notamment illustré par les travaux fondateurs de Charles Gide, et d'innombrables initiatives pédagogiques (comme le Nid de LIEFRA, de Paul Passy).
La sociologue Geneviève Poujol (1930-2023), qui nous a quittés fin mars, n'a pas fait que s'inscrire dans cet élan.
Un nouveau docteur en sciences sociales des religions a rejoint la communauté des chercheurs.
Félicitations au Docteur Etienne Tchamulubanda Wongubwa !
Auteur d'une thèse de doctorat de l'Université Libre de Bruxelles consacrée au revivalisme congolais et au Ministère Chrétien du Combat Spirituel, il a présenté ses travaux avec beaucoup de pédagogie devant son jury (dont j'avais l'honneur de faire partie) à l'ULB de Bruxelles, le vendredi 28 avril 2023.
Sous la direction scientifique de Hubert Bost (Ecole Pratique des Hautes Etudes - PSL) la Revue d'Histoire du Protestantisme est une référence académique, prenant la suite du Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français fondé dès... 1852.
"Les évangéliques à la conquête du monde".
Ce titre accrocheur renvoie à un répertoire prisé et récurrent, non seulement dans les médias, mais aussi, parfois dans l'édition scientifique. Il a été choisi par la chaîne ARTE qui a diffusé, à partir du mardi 4 avril 2023, les trois épisodes d'un excellent documentaire consacré à l'évolution des rapports entretenus entre les protestants évangéliques états-uniens et la politique, jusqu'aux événements de la prise du capitole, le 6 janvier 2021.
De quoi donner du grain à moudre aux réflexions engagées à nouveau frais sur les logiques de polarisation et de repolitisation religieuse qui marquent aujourd'hui la scène mondiale. Et l'occasion de féliciter les auteurs, avant de faire retour sur l'histoire récente de la fabrique du regard vidéo sur les évangéliques, en terminant par des questions à poursuivre.
Lire la suite ici (FOCUS, Observatoire International du Religieux)
La revue semestrielle Cahiers Interdisciplinaires des Religions est une revue spécialisée en sciences sociales des religions.
Elle s'appuie sur l'Observatoire Interdisciplinaire du Religieux en République Démocratique du Congo, qui travaille dans les domaines scientifiques suivants (liste non limitative) :
"Alors qu'auparavant le fait de ne pas avoir une religion était un non-conformisme, c'est le fait d'en avoir une qui l'est aujourd'hui" (Jean-Paul Willaime)
A lire absolument, dans le n°2021/5 du périodique Foi et Vie (p.33 à 41), un grand entretien passionnant (qui m'avait échappé lors de sa parution) du sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d'études émérite à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, intitulé « Un laboratoire permanent de réinvention du religieux ».
Des analyses qui font écho à la remarquable étude INSEE sur les religions en France divulguée le 30 mars 2023 (lien). Intitulée "La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines", elle souligne notamment qu'en 2019‑2020, 51 % de la population de 18 à 59 ans en France métropolitaine déclare ne pas avoir de religion".
Paradoxe.... Le chercheur doit savoir creuser, être long (ma thèse de doctorat fait plus de 4 millions de signes et plus de 1500 pages), mais il faut aussi, et de plus en plus, être court.
Quintessence de cet exercice, aujourd'hui, les "shorts", sur Youtube, vidéos de 15 secondes.
L'occasion de présenter, petit à petit, quelques notions en rapport avec la recherche en sciences sociales des religions (avec une référence bibliographique donnée en-dessous de la vidéo).
L'évangéliaire dit de Saint Mihiel, rédigé au milieu du XIe siècle à la demande d'une aristocrate, Irmengarde de Nellenbourg, avait été classé "trésor national" par l'Etat en 2020, pour empêcher que l'Institut Catholique de Lille, jusque là propriétaire, ne le vende, au risque que ce patrimoine inestimable soit perdu.
Faute d'acquéreur en France, et faute de la moindre initiative volontariste du Ministère de la Culture, ce trésor exceptionnel a finalement été vendu par l'Institut Catholique de Lille aux Etats-Unis (au Paul Getty Museum, très bon musée qui, lui, connaît la valeur de ce chef-d'oeuvre).