Au XIXe siècle, l’identité cantonale en Suisse est confessionnelle et la régulation religieuse, une prérogative de l’Etat. C’est pourquoi Genève, Neuchâtel et Vaud peuvent être définis comme des cantons «protestants». Considérées comme «nationales», les Eglises réformées ont bénéficié durant le siècle d’un statut d’appareil idéologique d’Etat et le protestantisme a continué de façonner la culture populaire aussi bien que celle des élites, comme cela avait été le cas depuis «le temps des Réformes». La place centrale occupée par ces Eglises a défini l’ensemble des acteurs des champs religieux cantonaux, dont le déploiement correspond à un rythme historique propre à chacun. L’encadrement religieux de la «nation» qu’elles assumèrent est encore peu étudié, et encore moins de manière comparée. Plus encore, on méconnait l’approche comparée de « la fracture religieuse » qui se manifesta entre dissidents et « nationaux » au milieu du siècle (Vaud 1847, Genève 1831-1849, Neuchâtel 1874) et les effets sociaux qui en découlèrent.
Un beau colloque, coorganisé par l'Université de Genève et l'Université de Lausanne (7-8 mars 2019), vient à point nommé pour analyser cette fracture religieuse fondatrice. Lien.
Avec quel pays la France partage-t-elle sa plus longue frontière terrestre?
Le protestantisme est généralement réputé étranger à la Lorraine. Pourtant, la diversité géopolitique de l'espace lorrain à l'époque moderne, puis sa partition tragique à l'époque contemporaine, font de ce territoire un lieu de diffusion contrastée des réformes protestantes, dans leur diversité.
Protestantisme évangélique aujourd'hui: quelles évolutions démographiques et bibliographiques?
Auteure d'un doctorat qui compare une œuvre missionnaire en France et au Brésil, Denise Goulart (du GSRL) partage, dans un second entretien, son regard croisé sur les deux pays sous l'angle de la laïcité et du protestantisme.

Protestant évangélique revendiqué, Neymar témoigne à sa manière du basculement de dizaines de millions de Brésiliens vers un protestantisme de conversion, à vocation missionnaire, y compris en direction de la francophonie.







L'élection du candidat populiste d'extrême droite






La révolution numérique a rétréci la distance entre l’expression du désir et son assouvissement. Solliciter une information demandait du temps. Aujourd’hui, en quelques clics, l’info est trouvée. Il suffit de toucher l’icône de son appli et une réponse apparaît. Les chrétiens se sont adaptés à cette nouvelle donne. Passés de Gutenberg à Zuckerberg, les protestants ont multiplié les opportunités d’enseignement, d’édification, de mobilisation. Mais ce miracle numérique a son revers.
Sociologue et politiste, Fatiha Kaoues est chercheure associée au Groupe Sociétés Religions Laïcité (CNRS/EPHE/PSL). Elle travaille sur les développements évangéliques dans le monde arabe et sur les enjeux politiques des mobilisations religieuses contemporaines.


