L'élection du candidat populiste d'extrême droite Jair Bolsonaro à la tête du Brésil fait les titres des journaux ce matin. Il y a de quoi. Le Brésil est un géant qui souffre. Quel avenir se profile avec un tel président, nostalgique de la dictature militaire, tout juste rescapé d'une tentative d'assassinat?
Du point de vue religieux, trois rappels sont nécessaires pour éclairer son profil. D'abord, Jair Bolsonaro est catholique. Il a été porté au pouvoir par une grande part du catholicisme populaire brésilien, qui reste majoritaire. Ensuite, Bolsonaro, en catholique born-again (baptisé en 2016), a profité d'un large soutien des protestants évangéliques, force montante au Brésil (cf. le livre de Lamia Oualalou).
Enfin, il a bénéficié de l'effondrement de crédibilité du messianisme socialiste animé par Lula (mis en prison pour corruption) et Rousseff (destituée).
Au-delà des effets de manche et des mantras, ce dernier élément constitue la raison principale du soutien d'une majorité d'évangéliques à Bolsonaro: sociologiquement, les Evangelicos brésiliens viennent très majoritairement des milieux populaires. Ceux-là même qui ont ressenti le plus durement un sentiment d'abandon vis-à-dis des socialistes du Parti Populaire, censés les défendre.
Quand la gauche de gouvernement trahit ses valeurs, l'électorat populaire se tourne vers d'autres recours.







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La séparation d'avec l'Etat (le "désétablissement") conduit-elle à plus de dynamisme ecclésial? Cette thèse, souvent admise, est contredite en Suisse par l'étude de terrain conduite par le sociologue Jörg Stolz dans un article très stimulant, qui s'appuie sur l'histoire des cantons de Neuchatel et Genève.

La révolution numérique a rétréci la distance entre l’expression du désir et son assouvissement. Solliciter une information demandait du temps. Aujourd’hui, en quelques clics, l’info est trouvée. Il suffit de toucher l’icône de son appli et une réponse apparaît. Les chrétiens se sont adaptés à cette nouvelle donne. Passés de Gutenberg à Zuckerberg, les protestants ont multiplié les opportunités d’enseignement, d’édification, de mobilisation. Mais ce miracle numérique a son revers.
Sociologue et politiste, Fatiha Kaoues est chercheure associée au Groupe Sociétés Religions Laïcité (CNRS/EPHE/PSL). Elle travaille sur les développements évangéliques dans le monde arabe et sur les enjeux politiques des mobilisations religieuses contemporaines.



L'historien 
A noter un très riche numéro de l'
Depuis une vingtaine d’années, le monde arabe connaît une vague de conversions au protestantisme, en particulier sous l’influence des évangéliques américains. Des dizaines de milliers de musulmans et de chrétiens orientaux, du Maghreb au Machrek, se convertissent.
Si elle avait été catholique, la Camerounaise Lydia Mengwelune serait une candidate de premier plan à la canonisation.

a prochaine Assemblée générale de l’
