C'est une magnifique oeuvre d'histoire et de mémoire que nous propose Philippe Massé, au travers de cet ouvrage de 602 pages paru dernièrement aux éditions Ampelos.
Appuyé par une documentation exceptionnelle (correspondance Niel en particulier), il retrace minutieusement l'exil de plus de 200 protestants français, partis principalement du Briançonnais en 1877, après un hiver trop rude, pour s'installer.... dans l'Oranais, où ils fondent trois villages.
Sous-titré "L'exode en Algérie des derniers Vaudois des Alpes françaises", cet ouvrage de Philippe Massé, très richement illustré, ne se contente pas d'éclairer un exode.
Il raconte aussi la difficile "terre promise" algérienne, dont il suit l'histoire jusqu'au début des années 1920. Passionnant, instructif, dépaysant. Une précieuse contribution aux circulations protestantes francophones de l'époque coloniale. Bravo et merci Philippe Massé !




Bonne nouvelle, un cahier spécial retraçant cette aventure est disponible gratuitement en téléchargement sur le site de l'éditeur DROZ, à l'adresse suivante :


Le saviez-vous?
Evangélisation? Prosélytisme? Sociologiquement, l'évangélisation, c'est le prosélytisme en cadre chrétien, tout comme l'islamisation est le prosélytisme en cadre musulman. Le terme de "prosélytisme", en soi, n'est donc pas péjoratif.




Connaissez-vous EVADOC ? Basé à Louvain (Belgique), Evadoc est un centre d’archives et de documentation centré sur l'archive des protestants évangéliques. Il reçoit de nouveaux fonds régulièrement, dont ceux de l'organisation missionnaire Opération Mobilisation (OM) International, en octobre dernier. Géré par Aaldert Prins, EVADOC "veut déployer une approche intégrée et intégrale du patrimoine et apporter une contribution significative à la construction de la biographie protestante-évangélique en Flandre".. et au-delà.
Je ne saurais terminer cette année sans un coup de chapeau à la Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses (RHPR). Fondée en 1921, la 

Cet article resitue les origines du mouvement des Écoles du dimanche et du jeudi et montre comment l’instruction religieuse et l’instruction générale s’y sont toujours entrecroisées, aussi chez les protestants français au xixe siècle jusqu’à la loi Ferry et au-delà dans ou hors de l’école. Il rappelle aussi le sens du jeudi (remplacé par le mercredi en 1972) sans cours à l’école pour encourager à réfléchir à l’usage qui pourrait encore en être fait au xxie siècle, dans l’esprit de la loi Ferry et de l’actuel code de l’éducation.




La prédication demeure un moment essentiel du culte protestant dans un but premier d’édification du croyant. Dans la France des XVIIIe et XIXe siècles, les pasteurs parlent à leurs fidèles que ce soit dans la clandestinité du Désert, durant la période mouvementée que représente la Révolution française, ou avec une liberté religieuse institutionnalisée par l’Empire napoléonien et maintenue par les Bourbons. Cependant, les orateurs protestants, du haut d’une chaire improvisée dans des lieux isolés ou, bien en vue dans un temple, s’éloignent parfois de sujets purement théologiques et, à la faveur de certains événements majeurs ou dans des circonstances nationales fortes, leurs sermons prennent une tonalité politique évidente.