La perspective prochaine de fêter Noël nous rappelle cette tension: d'un côté, la culture de l'instant (faire la teuf, c'est "consommer maintenant"), qui cherche à préempter l'événement. De l'autre, la discipline de la mémoire (qui articule fête et souvenir fondateur).
Pour nourrir la seconde, les protestants français, dont tous les cercles d'appartenance cumulés représentent entre 3 et 4% de la population, ont su mettre en place de nombreux lieux et associations voués à transmettre. Rappelons par exemple la très dynamique Société d'Histoire du Protestantisme de Montpellier (SHPM), qui anime depuis bientôt 4 décennies le débat historique par une programmation très riche (lien). Une de ses figures emblématiques (et président honoraire), Jacques Delteil, s'en est allée au début de l'automne dernier (30/09/2016).
Juriste de profession, homme de service et d'engagement, membre associé de la SHPF, Jacques Delteil était un familier de l'Assemblée du Désert (photo ci-contre prise en 2008). Il fait partie de ces "passeurs" fidèles qui savent, comme les robustes chênes cévenols, qu'une mémoire pleine de sève rime avec espoir. Respect.











Éduquer, éduquer, éduquer sans cesse. Parce qu’il vise à mettre en relation chaque fidèle avec la 'Parole de Dieu', le protestantisme s’est caractérisé, dans l’histoire du christianisme, par son accent sur l’éducation populaire. Ce n’est pas un hasard si c’est l’Ecosse presbytérienne, dans l’Europe moderne, qui est le premier territoire à avoir atteint le taux de 50% d’alphabétisés parmi sa population. Car le Sola Scriptura (l’Ecriture Seule) n’a de sens que si l’on sait lire!






Parmi les idées reçues sur le protestantisme, il a l’idée d’individualisme, au point où l’on a parfois accusé les protestants d’être des ferments d’atomisation de la société.







