Il s'appelle Théodore. Inconnu des services de police. Apprécié de tous. Mais il était là, au mauvais endroit, au mauvais moment, à Aulnay-sous-Bois. Il a été battu, violé par quatre policiers armés. Il est à l'hôpital, pour longtemps, meurtri, le moral en berne. Qu'il soit "involontaire" (sic) ou pas, un viol est un viol. Pénalement répréhensible, jusqu'à 16 ans de prison.
Le mouvement #JusticepourThéo demande la justice. Je m'y associe totalement. Avec un regard très très circonspect sur l'opération "récupération" de François Hollande, qui a cru bon se faire photographier en train de visiter Théo (ce qu'il n'a pas fait pour les CRS brûlés vifs, en octobre 2016, à Viry Châtillon).
Opération com' sympa mais hypocrite, alors même que le Parlement discute de renforcer encore les prérogatives de l'appareil répressif, et que l'état d'urgence prolongé continue à rogner les libertés des citoyens. Faut-il rappeler aussi que ni Hollande, ni Valls n'ont réprimandé Laurence Rossignol, leur ministre, pour des propos immondes tenus en mars dernier sur les "nègres africains" "pour l'esclavage"?
Pour mettre en perspective, lire François Durpaire, France blanche, colère noire (lien).




Pour sourcer, en forme de clin d'oeil, les attitudes protestantes face aux enjeux politiques de l'élection présidentielle française de 2017, il faut lire l'hebdo 
À l’occasion du vingtième anniversaire du Groupe Sociologie, Religions, Laïcités, que Jean BAUBEROT a fondé et dont le rayonnement est à l’image de celui de son œuvre, une trentaine de spécialistes des protestantismes et des laïcités, historiens, sociologues, philosophes, politistes…, français et étrangers, se sont réunis pour rendre à Jean Baubérot le seul hommage qui ait un sens: prolonger le travail et la discussion autour des thèmes qui lui sont chers et qui continuent à passionner la communauté des chercheurs mais aussi et surtout l’ensemble de la société française, et ailleurs dans le monde.

Il y a quatre ans, Patrick Cabanel nous a prodigué une somme phénoménale sur l'histoire du protestantisme français des origines à nos jours (
Éduquer, éduquer, éduquer sans cesse. Parce qu’il vise à mettre en relation chaque fidèle avec la 'Parole de Dieu', le protestantisme s’est caractérisé, dans l’histoire du christianisme, par son accent sur l’éducation populaire. Ce n’est pas un hasard si c’est l’Ecosse presbytérienne, dans l’Europe moderne, qui est le premier territoire à avoir atteint le taux de 50% d’alphabétisés parmi sa population. Car le Sola Scriptura (l’Ecriture Seule) n’a de sens que si l’on sait lire!

Parmi les idées reçues sur le protestantisme, il a l’idée d’individualisme, au point où l’on a parfois accusé les protestants d’être des ferments d’atomisation de la société.



En ces temps de montée des populismes et du rejet de l'autre, il faut lire et relire la lumineuse synthèse proposée sur la tolérance par le politologue 
Pour sourcer l'actualité 2016 des rapports entre religion et Etat en France, à noter cette initiative inédite: Myriam El Khomri, ministre du travail, a présenté aujourd'hui un guide de 32 pages (qui sera mis en ligne dans les 10 jours) supposé aider les entreprises à gérer le fait religieux.





Il est important de documenter les évolutions de la société réelle, en France, loin des caricatures médiatiques qui nourrissent souvent ce que les sociologues appellent "l'assignation identitaire" (du type, "les Arabes sont ceci", etc.).