Rattaché au laboratoire GSRL dans le cadre duquel il effectue une thèse de doctorat EPHE, Hicham Benaïssa est un jeune intellectuel brillant et pertinent, qui apporte de l'air frais dans les débats, souvent viciés voire nauséabonds, qui tournent aujourd'hui autour de l'islam et de la laïcité en France. Il se spécialise sur les entrepreneurs musulmans en France, nous apprenant au passage qu'au contraire des clichés, les musulmans sont plutôt surreprésentés dans le monde de l'entreprise en France. Il a donné un interview qui vaut le détour au quotidien Le Monde.
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"Communauté musulmane": halte aux raccourcis (Hicham Benaïssa)
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Prohibition discriminatoire du 'Burkini': une République apeurée
En France, il y a quelques années, Mickael Jackson a pu louer, pour lui tout seul, Eurodisney. Un prince saoudien a fait de même plus récemment, pour 15 millions d'Euros (lien).L'an dernier, le préfet (donc l'Etat) a fait murer l'accès d'une plage publique des Alpes Maritimes pour satisfaire au bon plaisir du roi saoudien en vacances sur la côte d'Azur (lien). Pas question que la République permette qu'il croise une femme en bikini! Royalement gâtée par les gourmands acheteurs d'armes de la monarchie wahhabite, la République, dans ce cas, a le doigt sur la couture du pantalon.
Mais en France, quand une association privée veut donner la possibilité à des femmes très préoccupées par leur pudeur, habituellement confinées chez-elles, de profiter d'un espace aquatique privé en leur permettant de porter la tenue que leurs règles religieuses leur permettent ('burkini'), c'est la curée médiatique. Jusqu'à l'annulation de la journée prévue (lien).
C'est le même type de débat surréaliste que pour le Quick hallal: on mélange tout, on confond espace public et espace privé, et on piétine les principes républicains en obligeant des partenaires privés à renoncer à un événement qui permettait à des femmes ultra-religieuses de faire (parfois pour la première fois), du sport aquatique, selon un deal privé qui ne dérangeait absolument personne.
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France: un guide pour gérer et construire les lieux de culte
"L’une des expressions de la liberté de conscience est le libre exercice des cultes. La République en est garante, aux termes de l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, dans le respect de l’ordre public et de la liberté d’autrui.
Les édifices cultuels sont une des composantes les plus symboliques de la liberté de culte. Construire un lieu de culte, c’est offrir aux fidèles les moyens de pratiquer leur religion dans des conditions dignes ; c’est aussi affirmer sa présence dans l’espace public et dans la société, avec pour vocation de s’inscrire durablement dans le paysage français et dans son histoire".
Pour lire la suite, et télécharger le guide pratique "gestion et construction des lieux de culte" mis à disposition, en France, par le Ministère de l'Intérieur, cliquer ici.
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Vie juive française au XIXe siècle: un peintre à découvrir au MAHJ
Si vous êtes parisien, ou si vous prévoyez un passage à Paris prochainement, précipitez-vous pour découvrir l'expo Edouard Moyse (1827-1908), proposée pour la première fois au public par le MAHJ (Musée de'Art et d'Histoire du Judaïsme).
Ce peintre français, d'origine lorraine (Nancy, ma ville de coeur), a peint de manière tout à fait remarquable la vie quotidienne des juifs français au XIXe siècle. "Peintre de l'émancipation", doté d'un trait sûr et expressif, d'une esthétique figurative (presque) dénuée de lourdeur pompière, il enchante le regard au travers de ses tableaux didactiques, oscillant entre sensibilité au détail (via ses pastels algériens) et solennité d'ensemble (Grand Sanhédrin de 1868).
Ci-dessus, "Une famille juive insultée par des truands", huile sur toile (photo prise par votre serviteur lundi dernier)
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Somme magistrale de Philippe Portier: L’État & les religions en France
Comment faire vivre ensemble des individus égaux en droits et différents par leurs convictions?
Pour répondre à ce défi venu de l’avènement de la modernité et de la déconstruction de l’unité de foi qu’elle a impliquée, la France a instauré, à partir de 1789, un régime «laïque» d’existence politique: l’État se plaçait hier au service de la vérité religieuse ; on lui assigne désormais de simplement assurer, dans l’ordre, la liberté de conscience de ses assujettis.
Ce régime de sécularité ne s’est pas axé toutefois dans un modèle unique d’articulation de la relation entre le pouvoir politique et les communautés de croyances. Au cours des deux siècles qui viennent de s’écouler, tout en s’adossant, continûment, au double principe de neutralité de l’État et de liberté de conscience, la politique religieuse de la France a épousé des formes variées, sous la pression des conjonctures politiques, et, plus encore, des transformations de la figure même de la modernité.
Ce magistral ouvrage de Philippe Portier, directeur du GSRL, se propose de rendre compte de ces mutations, en repérant, depuis la Révolution, trois grands moments dans l’agencement de la laïcité. -
Pluralisme religieux, différence chrétienne: la cible de DAECH
L'assassinat barbare, hier, du prêtre catholique Jacques Hamel, octogénaire, à St Etienne du Rouvray, en Normandie, par des tueurs se réclamant de DAECH, surprend certains. Mais depuis plusieurs années, les chrétiens d'Orient ne cessaient de répéter à leurs interlocuteurs occidentaux: "aujourd'hui c'est nous, demain ce sera vous".
L'objectif de DAECH, mais aussi du terreau wahhabite qui imprègne une large partie de la péninsule arabique, est de remplacer le pluralisme religieux par le règne d'une seule foi, l'islam sunnite hanbalite radical tel que des religieux extrémistes le comprennent. En France, on a très longtemps sous-estimé les persécutions/discriminations subies par les chi'ites, juifs et les chrétiens (entre autres) au Proche et Moyen-Orient, voire en Afrique du Nord. Des organismes comme Portes Ouvertes, côté protestant (lien), ou Aide à l'Eglise en Détresse, côté catholique (lien), prêchaient dans le désert, face à des politiques à l'oreille pour le moins distraite.
Pour ouvrir les yeux du public et des décideurs, signalons le rôle considérable que pourrait jouer, s'il montait en puissance, l'Observatoire Pharos sur le pluralisme religieux, créé en 2011 sous un angle laïque très bienvenu. Son site internet est actuellement en travaux (lien).
Quant au CNRS, il n'a jamais "fléché", aux concours, un poste sur les enjeux du pluralisme religieux et de la liberté religieuse/de conscience. Les sciences sociales, en France, ont leur part de responsabilité dans la sous-évaluation constante, depuis trente ans, des enjeux de pluralisme/liberté religieuse.
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France: deux incendies d'églises évangéliques en moins de deux mois
Il s'est passé moins de deux mois (55 jours exactement) entre l'incendie criminel d'une église évangélique à Manosque (18 mai 2016) et l'incendie (possiblement criminel) d'une autre église évangélique à Calais (12 juillet 2016). Toutes deux sont rattachées aux Assemblées de Dieu (ADD), principale dénomination pentecôtiste française.Devant ces faits très graves, notons que le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réagi par un communiqué de soutien à la suite du second incendie. Le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) a également réagi rapidement, à chaque fois, par un communiqué.
La Fédération Protestante de France est, elle, restée silencieuse, contrairement aux usages lors des mandats précédents, où la FPF réagissait aux atteintes faites aux églises protestantes, même si celles-ci ne lui sont pas rattachées.
Rappelons qu'un fil Twitter permet de documenter ces questions (ProTestLaïque).
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Alsace-Moselle: vers l'abrogation du délit de blasphème
En France, le délit de blasphème, ou assimilé, a souvent été utilisé pour restreindre les libertés (cf. le très bon livre de Jean Boulègue, Le blasphème en procès). Dans bien des pays, il est toujours utilisé comme arme contre les minoritaires, notamment au Pakistan, où il est responsable de l'incarcération de nombreux chrétiens, notamment Asia Bibi, toujours emprisonnée (lien).C'est pourquoi, au nom de la laïcité, un amendement (833) a été déposé puis adopté, à l'Assemblée Nationale, pour supprimer le délit de blasphème toujours en vigueur dans le droit local d'Alsace-Moselle.
Mais la Navette parlementaire (AN/Sénat) doit encore faire son travail avant une adoption définitive, ouvrant vers l'étape (logique) suivante: mettre enfin un terme au financement discriminatoire par l'argent public de certains clergés, en Alsace-Moselle. Pour faire mieux coïncider principe et réalité de la laïcité.
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A lire: Minorité et communauté en religion
Quasiment chaque jour, l'actualité fait état d'une crise liée aux appartenances ou aux revendications religieuses, notamment minoritaires. On évoque alors les demandes et habitudes de différentes communautés ou minorités, mais ces deux notions sont loin d'être univoques : leur signification a varié au fil du temps, et les changements rapides de notre société les rendent encore plus difficiles à cerner.Grâce à l'ouvrage Minorité et communauté en religion (Presses Universitaires de Strasbourg, 2016), dirigé par Lionel Obadia et Anne-Laude Zwilling, on dispose d'un bel outil pour y voir plus clair sur ces enjeux au coeur du débat social.
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Antiprotestantisme: le diagnostic du fil Twitter ProTestLaïque
Après quelques mois de rôdage, il est temps d'inviter ici à s'abonner au fil Twitter @ProLaique, pour PRO TEST LAIQUE. Son objectif est résumé ainsi:"VIGILANCE et PÉDAGOGIE. Comme l'anticatholicisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, l'ANTIPROTESTANTISME affaiblit le pacte laïque. Faisons reculer les peurs!"
On l'aura compris, ce fil vise en priorité à diagnostiquer les expressions d'intolérance contre le protestantisme.
Un an avant les 500 ans de la Réforme protestante, et quelques semaines après l'incendie criminel d'une Église évangélique à Manosque, il est salubre de "mettre de l'huile dans les rouages" plutôt que de "l'huile sur le feu" par une approche informée, sourcée et pédagogique. J'ai le plaisir et le privilège de gérer ce fil, en partenariat avec le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) qui m'en a donné mandat.
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France: à quand une VRAIE séparation entre médias écrits et Etat ?
En France, la nouvelle a été peu médiatisée, alors qu'elle aurait dû faire les gros titres durant une semaine, et provoquer la mise en retrait de la vie politique de Nicolas Sarkozy. On a appris, début juin, que le document Sarkozy/Kadhafi, tendant à prouver un financement libyen de la campagne du premier, est bel et bien authentique. Le dictateur aurait donné 50 millions d'euros au candidat de l'UMP. Une bombe! Pourtant, l'écho médiatique est réduit en France. On se demande une fois de plus si l'absence de séparation financière entre Etat et médias écrits n'est pas responsable de ce bien étrange état de fait.
Si toutes les démocraties aident les médias, dans le domaine ciblé de la presse écrite, la France est de loin la plus subventionneuse. La subvention directe à la presse écrite est énorme en France (lien), quasi inexistante en Angleterre ou en Allemagne (lien). Les liens incestueux entre Etat et grands médias pousseraient-ils ces derniers à la prudence, devant un possible futur locataire de l'Elysée?
Une chose est sûre: il faudra un jour en France, après avoir séparé religions et Etat, séparer complètement grands médias écrits de l'Etat, en faisant cesser l'hypocrisie de subventionnements massifs qui compromettent un regard libre.
PS: Coup de chapeau, au passage, à Médiapart, qui s'est vaillamment engagé, à ses risques et périls, dans ce pas de liberté vis-à-vis de la perfusion d'argent public
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A lire: "Dans la République, Dieu a sa place" (Libération)
A lire, relire et faire circuler, cette tribune remarquable que les anthropologues Christophe Pons et Adriane Luisa Rodolpho (CNRS) ont publié dans Libération.Son titre, intitulé "Dans la République, Dieu a sa place", renvoie à un axe fort du propos, qui vise à rappeler que les religions n'ont jamais été, et ne seront jamais, une réalité purement privée, "car elles sont au fondement du social", ce que l'anthropologie rappelle encore et encore.
Partant de ce constat, les auteurs proposent deux pistes fécondes pour "ne pas rater le rendez-vous pluraliste de demain".
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De l'intolérance à la laïcité (Cahiers de Sciences et Vie)
Les Cahiers de Sciences et Vie effectuent en France, depuis longtemps, un excellent travail de diffusion de l'information scientifique. A retenir le numéro 162 qui vient de sortir (juillet 2016). Consacré au parcours qui mène des guerres de religion à l'instauration de la laïcité, il évoque en particulier le protestantisme, mais aussi le défi laïque, avec un interview très éclairant de Valentine Zuber (ci-contre), de l'EPHE et du GSRL, qui nous rappelle que "la République française n'a pas l'apanage de la laïcité". -
Réactions à Orlando: ne pas entrer dans le piège de Daech
L'effroyable tuerie d'Orlando hier (50 morts dans un Night Club LGBTQ+) impose, plus que jamais, un devoir de clarté. Directe et pédagogique. Parce qu'elles analysent, décortiquent et font comprendre, les sciences humaines disposent d'atouts immenses pour cela. Encore faut-il qu'elles parviennent à sortir de leur tour d'ivoire, afin de faire barrage aussi bien à ceux qui "noient le poisson" (confusion) qu'à ceux qui "jettent de l'huile sur le feu" (surenchère).
Aujourd'hui, l'impératif, pour les sociétés pluralistes qui défendent les valeurs de liberté et de responsabilité, est celui-ci: refuser à la fois l'angélisme (il faut nommer, et combattre les liberticides) et le piège mortel de la réponse par l'exclusion, qui fait le jeu des ennemis de la liberté. Se battre pour les libertés et les droits de tous ne devrait pas être négociable, ou à géométrie variable.
Longtemps, l'angélisme s'est avéré une menace aussi grande que la surenchère. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Beaucoup sont sortis de l'angélisme, et ont rejoint les rangs de la surenchère... Attention danger.
Quand Trump veut interdire aux musulmans l'accès au sol américain, et que Sarkozy exalte en France les "moeurs chrétiennes" (sic), ils entrent tous deux dans un piège, font exactement ce que Daech veut qu'ils fassent. Ils font des distinctions selon les citoyens en fonction de leur passé ou de leur religion (d'autres le font sur l'orientation sexuelle), encouragent la catégorisation et la relégation des minoritaires. Ils nourrissent, sans même s'en rendre compte (?), le jeu des ennemis de la liberté, entrent dans le "piège Daech" (Luizard) et alimentent des ferments de guerre civile.
No Pasaran.
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Médiatisation du protestantisme: Alain Duhamel a raison
Dans le récent documentaire France 5 intitulé "Protestants de France", le politologue et éditorialiste Alain Duhamel concluait par ces mots: "les médias les connaissent très mal, et les évitent le plus possible. Dès qu'il y a le moindre problème (...) immédiatement il y a un triptyque, il y a un évêque - un cardinal catholique, il y a un rabbin, et il y a un imam. Mais il n'y a jamais un protestant".Sous-médiatisation, sous-représentation du protestantisme? Histoire d'un reality-check, à l'image de ce que font les excellents décodeurs du journal Le Monde, vérifions cela à partir d'un observatoire tout simple: grâce aux onglets thématiques proposés par le quotidien Le Monde sur son site internet, prenons, dans les rubriques "Catholicisme", "Judaïsme", "Islam", "Bouddhisme" et "Protestantisme" les 7 derniers articles consacrés à chaque religion. Très éclairant!
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Idées reçues sur la manière dont la République française gère l'islam
Depuis plusieurs années, l'islam suscite, en France, des réactions de plus en plus passionnelles, dans un contexte de crise au Proche-Orient et de fièvre djihadiste. Ce contexte nourrit d'un côté crispations xénophobes et islamophobie, et, de l'autre, crispations anti-républicaines, la France se voyant accusée de discriminer ses citoyens musulmans.Pour sourcer l'évolution de ces tensions, et des efforts pour les réduire, à noter l'initiative récente du Ministère des Affaires Etrangères qui vise à répondre, en dix points, à certaines idées reçues parfois cultivées, côté musulman, à l'encontre de la République. L'objectif est de démontrer que la République française ne discrimine pas les musulmans, et ne reste pas inerte face aux manifestations d'islamophobie qui menacent le "vivre ensemble".
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La religion des Chinois de France : implantations, croyances et pratiques
Le laboratoire GSRL a la chance de comporter en son sein une formidable équipe vouée à étudier la religion des Chinois. C'est cette équipe qui a porté l'organisation d'un colloque international, coordonné par Fang Ling et Vincent Goossaert, intitulé "La religion des Chinois de France : implantations, croyances et pratiques" (18-20 mai 2016). Avec une partie consacrée aux protestantismes.
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Siné (1928-2016)
Siné s'est éteint le 5 mai, le jeudi de l'Ascension. Au-delà des polémiques, très nombreuses, et de la détestation qu'il pouvait susciter, saluons l'immense dessinateur, polémiste et caricaturiste qu'il a été. Un homme libre aussi, à l'humour ravageur, et un précurseur dans plusieurs domaines, comme Philippe Geluck l'a rappelé (lien).
Sa fibre viscéralement méfiante à l'égard des institutions et des pouvoirs, au profit d'une attention aux laissés-pour-compte, n'avait d'égale que son dégoût pour les religions cléricales, les vérités dogmatiques, et ce qu'on appelle la "violence symbolique". A ce titre, c'est un auteur qui restera important à étudier pour comprendre les relations entre sécularisme, laïcité et religions en France des années 1950 aux attentats de 2015.
Il sera enterré ce mercredi au cimetière du Montparnasse (lien).
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Place de la République, entre mémoire et espoir (album photo)
Mémorial des attentats de 2015 et pôle de mobilisation "Nuit debout" au printemps 2016, la Place de la République, à Paris (France), concentre mémoire et espoir. La "Mosaïque France" d'aujourd'hui doute, cherche, déraille parfois, construit l'avenir.
La Place de la République est un révélateur, et peut-être aussi un laboratoire, de tout cela.
Retour en images (photos prises par votre serviteur mercredi 4 mai 2016).
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Second volet de PROTESTANTS DE FRANCE ce soir sur France5
La compagnie Phares et balises, via la talentueuse réalisatrice Valérie Manns, a réalisé un magnifique documentaire France Télévision de deux volets de 52 minutes sur "Les protestants de France", principalement sous l'angle de leur relation à la construction de la France moderne et contemporaine.Ce n'est pas un cours d'histoire en vidéo, ni un panorama institutionnel du protestantisme (FPF et CNEF ne sont pas mentionnés), encore moins un exposé de doctrine, c'est une polyphonie inspirée, épurée et incarnée, qui donne à réfléchir et méditer sur la différence chrétienne protestante et l'identité plurielle de la France.
Le premier volet a été diffusé la semaine dernière sur France 5. Le second sera également diffusé ce soir sur France 5 à 22H25. Pour les impatient(e)s, il y a moyen de voir dès maintenant ce 2e opus sur les sites de Réforme (lien) et de Rue89 (lien).
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"Protestants de France" (France 5), à voir et revoir
Comme beaucoup de téléspectateurs, j'ai découvert avec grand plaisir hier soir le premier volet de "Protestants de France", le documentaire le plus ambitieux jamais réalisé sur le protestantisme français.Valérie Manns (chef d'orchestre de ce docu) faisait face à un pari très difficile. La critique est évidemment facile. Mais au vu des défis rencontrés, des contraintes imposées et du devoir de clarté rencontrés par la réalisatrice, le pari est amplement réussi. Je précise que si j'ai été très honoré de participer au documentaire (volet 2 plus que volet 1), je n'ai pas été associé à la mise en récit, au montage final. Tout le mérite revient à Valérie Manns et son équipe.
A voir et revoir. Lien.
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Saphirnews, un regard musulman avisé sur l'actualité
Cela fait longtemps que je voulais signaler tout l'intérêt de consulter Saphirnews, un portail de qualité qui propose un regard musulman francophone très diversifié sur l'actualité. Avec de l'analyse, de l'humour, du conseil psy, de la religion, du débat politique, du coup de gueule (notamment contre les faux-semblants démocratiques en France aujourd'hui, par Sofiane Meziani, lien)...On apprendra aussi, dans les nouvelles de la semaine, que le controversé CCIF accompagne plus de 400 plaintes contre Laurence Rossignol, très étrangement restée ministre du gouvernement français (même pas recadrée!!!) en dépit du révisionnisme historique, du mépris, du vocabulaire raciste et de la morgue néocoloniale (les "Franco-musulmans") qu'elle a exprimés dernièrement sur les ondes. Propos qui lui auraient valu, dans d'autres démocraties moins gangrénées par l'impunité de la parole d'autorité, une démission immédiate.
Sur ce dossier comme sur bien d'autres, on en apprend beaucoup sur Saphirnews. Des contenus riches qui méritent le coup d'oeil. Un regret? Trop peu de choses, pour l'instant, sur les protestantismes. Mais les protestants font-ils mieux sur l'islam? Ce serait à regarder de plus près.
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Colloque des doctorants GSRL sur Faits religieux et médias: CR
Organisé à l'initiative d'Anne Lancien, Anaël Levy et Lola Petit, doctorantes du Groupe sociétés, religions, laïcités (GSRL), un colloque international et interdisciplinaire "Faits religieux et médias" s'est tenu à Paris les 23 et 24 mars 2016. Il a réuni des chercheurs ainsi que quelques représentants du monde des médias et des religions, pour "questionner les mécanismes de production de l’information sur les faits religieux et les enjeux de cette médiatisation, en France et en regard d’autres pratiques médiatiques, notamment européennes". Coup de chapeau au portail Religioscope, tenu par Jean-François Mayer, qui nous en propose un excellent compte-rendu.
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Laïques et protestants: l'histoire des "libristes" vaudois (Suisse)
Dans le canton de Vaud (Suisse), après la révolution de février 1845, une fracture s'est produite au sein du protestantisme vaudois entre les tenants de la subordination de l’Eglise à l’Etat et ceux qui choisirent la séparation. Les "Nationaux" veulent maintenir une Église d'Etat, les "Libristes" défendent la séparation, proches en cela des avancées de la laïcité genevoise ou française.Les deux courants ne se réunifiront qu'en 1966, avec la création de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud.
Grâce à Jean-Pierre Bastian, on dispose désormais d'un livre très complet, aux éditions Labor et Fides, qui retrace l’origine et l’histoire de cette aventure libriste vaudoise (lien).
L'auteur a par ailleurs accordé un entretien à Protestinfo (lien).
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Libre de le dire à l'Église, cinquième opus du CNEF
Après les opus intitulés Libre de le dire... à l'université, à l'école, au travail et dans l'espace public, le CNEF (Conseil National des Évangéliques de France) a sorti le mois dernier une cinquième étude en s'adressant cette fois aux prédicateurs pour leur montrer sur quels textes de lois ils peuvent s'appuyer pour prêcher. Le livret s'intitule Libre de le dire à l'Église, avec en arrière-plan la question: "Dans une République laïque, de quelle liberté de parole dispose réellement l’Église?"Un texte qui confirme, du point de vue de l'histoire du protestantisme le plus contemporain, la crédibilisation du CNEF en matière de mutualisation d'outils juridiques vérifiables sur les libertés du chrétien dans une société laïque. Un livre qui alimente aussi la réflexion sur les enjeux de liberté d'expression aujourd'hui, dans une société très accueillante au pluralisme des options, mais où pointent des tentations de censure soft et d'aseptisation du débat, qui n'ont peut-être jamais été aussi fortes depuis le temps des décolonisations. Lien.
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Nouveau portail internet pour le laboratoire GSRL
Fondé il y a 21 ans, dans la continuité du Groupe de Sociologie des Religions (GSR), le laboratoire Groupe Sociétés Religions Laïcités (EPHE/CNRS) est aujourd'hui le plus grand laboratoire de sciences sociales des religions de France, et une des plus importantes équipes internationales travaillant sur la religion et la laïcité.Doté d'une très solide "culture de labo" fondée sur le goût du débat pluriel, des sociabilités scientifiques régulières, une habitude du travail en équipe et une convivialité forte (ah, les galettes des rois annuelles, dégustées en toute laïcité républicaine!), c'est mon labo depuis 1999 et j'y suis très heureux! C'est avec d'autant plus de plaisir que je signale la nouvelle mouture, très fortement améliorée, de notre portail GSRL, mise en ligne cette semaine grâce au travail considérable de Sabrina Pastorelli, bravo à elle!
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Haut patronage de l'Education Nationale pour un colloque franc-maçon
La Fédération Protestante de France, la Conférence des Evêques de France, le CFCM ou l'Union Bouddhiste de France ont-ils déjà organisé un colloque sur la jeunesse "sous le haut patronage du Ministère de l'Éducation Nationale"? Si c'est le cas, ce dont on peut douter, merci de poster l'information sur ce blog.Manuel Valls, pour beaucoup moins que ça, tançait récemment l'Observatoire de la laïcité pour son supposé manque de vigilance. Gageons qu'il signalera sans délai cette entorse au principe de laïcité qui veut que l'Etat conserve une position de neutralité face aux croyances.
L'affiche du colloque "La jeunesse à la rencontre de la franc-maçonnerie" organisé par la Grande Loge de France (de tradition déiste) fait déjà le buzz, notamment dans La Croix. On peut faire l'hypothèse qu'un rétropédalage discret de la "com" du colloque tentera, mais un peu tard, de sauver les apparences?
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Réguler le religieux dans les sociétés libérales
Créé en 1924, Labor et Fides est est aujourd’hui le principal éditeur protestant de langue française. Il publie des travaux à caractère confessionnel, mais aussi beaucoup de recherches de sciences humaines, dont les objets ont un rapport, proche ou lointain, avec le protestantisme. C'est dans cette seconde catégorie que rentre le bel ouvrage collectif Réguler le religieux dans les sociétés libérales, porté par treize chercheuses et chercheurs internationaux. Cet ouvrage, publié dernièrement, s'intéresse aux rapports qu'entretiennent aujourd'hui les sociétés libérales avec un Religieux décidément toujours bien présent.
Lien (Regardsprotestants.com).
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Aux sources de l'idée laïque, un livre à lire
Prenons de la hauteur! Tout le monde parle aujourd'hui de la laïcité, mais que sait-on de son histoire?Grâce au très beau livre de Rita Hermon-Belot, on peut remonter Aux sources de l'idée laïque, montrant notamment que la Révolution française ne fut nullement, par principe, antireligieuse, mais qu'elle a reconfiguré le rapport des religions au Politique et organisé la diversité de ses expressions, loin du carcan moniste d'Ancien Régime.
Historienne, directrice d'études à l'EHESS, Rita Hermon-Belot apporte ici une contribution historiographique essentielle aux études sur la laïcité. Un "must".
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Londres: un "retour du religieux"?
Passionnant exposé, avant-hier après-midi au GSRL, présenté par la sociologue britannique Grace Davie au sujet des mutations religieuses et séculières en Grande-Bretagne aujourd'hui. Parmi les nombreux résultats présentés, l'un invite à la comparaison/parallèle avec Paris:
Londres, réputé citadelle du sécularisme au début du XXe siècle (comme Paris), est aujourd'hui PLUS religieuse que beaucoup d'autres régions d'Angleterre. La grande métropole a connu une forme de "retour" du religieux, tout à fait comparable à ce que l'on observe à Paris, où lieux de culte évangéliques et musulmans, en particulier, ont décuplé en une génération.





